Esport - Trackmania Cup : un grand Bercy pour finir

Près de 15 000 personnes étaient rassemblées à l'AccorHotels Arena pour la finale de la Trackmania Cup. (Trackmania Cup)

Après trois ans d'attente à cause du coronavirus, la dixième édition de la Trackmania Cup a enfin pu se tenir à l'AccorHotels Arena, devant 15 000 spectateurs, samedi. Un aboutissement pour la compétition et un jour important pour l'esport français.

Quand les lumières de l'AccorHotels Arena se sont finalement éteintes ce samedi soir, à quelques secondes à peine du début de la compétition, et qu'une dizaine de milliers de bracelets verts se sont subitement illuminés dans le noir, un frisson de plaisir a traversé la foule. Après trois ans d'attente, deux reports à cause du coronavirus, la Trackmania Cup a enfin pu investir Bercy pour sa dixième édition, samedi soir. Un accomplissement pour l'esport français, aussi bien que la fin d'un cycle.

Un pic à 180 000 spectateurs

Malgré les aléas des deux dernières années, le public a bien répondu présent pour l'événement, garnissant intégralement les 15 000 places mises à disposition dans l'emblématique salle parisienne. Un chiffre auquel il faut ajouter les 180 000 personnes rassemblées en pic devant le live Twitch de la compétition et qui laisse entrevoir le chemin parcouru, en parallèle de l'esport français, depuis la première édition, organisée en 2013 uniquement en ligne.

Entre-temps, Adrien « ZeratoR » Nougaret, streameur et organisateur de l'évènement, avait réussi à remplir le Grand Rex à Paris (2 500 personnes, en 2016), puis les Zénith de Toulouse (5 000 personnes, en 2018) et de Strasbourg (7 700 personnes, en 2019). Mais le défi que représentait Bercy était sans commune mesure avec ces précédents. Pas tétanisé par l'ampleur de la soirée, le Montpelliérain a pourtant réussi à tenir en haleine la foule pendant près de cinq heures, à mesure que le spectacle prenait du retard, seul avec les joueurs sur scène.

Bercy, changement d'échelle

« Le résultat était à la hauteur de nos attentes, d'autant que Bercy c'est deux fois plus grand que ce qu'on a fait avant, souffle Alexandre « Dach » Dachary, bras droit de ZeratoR et co-organisateur de la compétition. La salle ne nous paraissait pas si grande que ça quand elle était vide, mais une fois que tu vois les gens, c'est immense. Quand ça s'éteint, que tous les bracelets lumineux s'allument, tu réalises le nombre de personnes qui habitent la pièce, l'énergie que ça prend, la chaleur qui t'envahit... Ce sont des gens qui sont venus nous soutenir alors que l'événement a été reporté deux fois, c'est vraiment un sentiment particulier. »

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Dans les gradins aussi, cette différence d'échelle et de ferveur était perceptible. « J'avais pris ma place en sortant du Zénith de Strasbourg, s'enflamme Théo, 22 ans. Mais là, c'était autre chose, rien qu'en rentrant, c'était la claque. La scène était incroyable, le fait que ce soit à 360°... » « Bercy, c'est mythique, complète Rémy, même âge, qui s'est aussi accroché à sa place pendant trois ans. C'est incroyable de voir un jeu comme Trackmania, qui n'est pas forcément le plus conventionnel, remplir une salle comme ça. »

Carl Jr. et Bren, chouchous du public

Sur place, l'ambiance a quand même longtemps été un peu sage, loin des chants du sport traditionnel, mais s'est réchauffée au début de la deuxième demi-finale, avec l'entrée en piste de Carl-Antoni « CarlJr » Cloutier et Brendan « Bren » Seve, représentant de deux clubs très populaires, Solary et la Karmine Corp, larges vainqueurs à l'applaudimètre. « On les entendait à travers les casques anti bruit, comme si on n'en avait pas, raconte ce dernier. Par rapport aux précédentes éditions, c'était vraiment autre chose, c'était plus gros, plus impressionnant. La foule tout autour, ça rajoute vraiment quelque chose. »

L'euphorie n'a toutefois pas duré. Les deux compères ont été éliminés à la porte de la finale par les futurs vainqueurs, Gwendal « Gwen » Duparc et Sébastien « Affi » Affolter, à l'issue d'un scénario cruel, conclu par un râle de déception collectif. Temple maudit de l'esport français, Bercy n'en est pas à son premier crève-coeur du type : portés par la foule parisienne, Misfits en 2017 et G2 en 2019 (tous deux sur League of Legends) y avaient connu le même sort par le passé.

« Un super au revoir »

Forcément déçu, Bren a pris le temps d'applaudir les fans pendant la pause, avant de quitter la scène. « J'ai rallongé de dix secondes mon plaisir... C'est peut-être égoïste, mais je voulais profiter une dernière fois, vu que je ne ferai surement jamais plus grand. Même avec la défaite, c'est que du bonheur, a tenu à souligner le joueur de la Karmine Corp. Toutes les bonnes choses ont une fin mais j'aimerais que ça continue encore, des années et des années, si on pouvait refaire du Bercy tous les ans... »

Cette dixième édition devrait en effet être la dernière, comme l'a sous-entendu ZeratoR dans son discours final. « Il me semble que c'est une superbe conclusion, a expliqué le streamer. La Trackmania Cup est arrivée à son apogée. C'était un super au revoir. » Quel que soit l'avenir de la compétition, l'accomplissement de ce samedi restera : l'espot a de nouveau rempli Bercy, trois ans après. Et certainement pas pour la dernière fois...

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