Estelle Nze Minko, après la qualification des Bleues en demi-finales de l'Euro : « On accumule de la confiance »

Estelle Nze Minko et les Bleues défieront les Norvégiennes vendredi en demi-finales. (B. Paquot/L'Équipe)

Après un sixième succès contre l'Espagne, ce mercredi à Skopje (36-23), la capitaine des Bleues se projette sur la demi-finale de l'Euro, contre la Norvège, vendredi à Ljubljana (20h30).

« Comment avez-vous vécu ce moment à la fin du match sans enjeu contre l'Espagne (36-23) quand vous avez découvert l'identité de votre adversaire en demi-finale, vendredi (20h30) à Ljubljana, la Norvège ?
Rien de fou. On savait qu'on saurait après le match. Je n'y ai pas trop pensé non plus. J'étais concentrée sur notre match, je n'avais pas mon téléphone sur le banc. J'avais un peu zappé même sur la fin du match, du coup on l'a vu en direct.

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Ça fait quoi de reprendre la Norvège pour la millième fois ?
Que ce soit en demies ou en finale, ça fait un bail qu'on joue les mêmes équipes. Norvège, Danemark, Suède. Et encore là sur cet Euro, il n'y a pas trop de surprise mis à part le Monténégro (qualifié en demi-finales). Au début, je pensais peut-être plus que les Pays-Bas feraient une performance. C'est un match qu'on a déjà joué mille fois, plutôt en finale d'habitude.

Le scenario de la finale du Mondial 2021 (défaite 29-22 alors que la France menait 16-12 à la pause) est-il encore dans les esprits ?
Non. Pas pour moi. C'est une leçon, pas forcément liée à elles, ça aurait pu être contre n'importe quelle équipe. On s'est fait rattraper après la mi-temps alors qu'on menait. C'est la leçon qu'on retiendra à vie. Mais ce n'est pas forcément lié à la Norvège.

Ça n'a pas traumatisé l'équipe ?
Non, je ne crois pas.

Ce mercredi, Danoises comme Norvégiennes (victoire 31-29 du Danemark) se sont battues pour éviter la France en demi-finales alors que les deux étaient déjà qualifiées...
J'en étais sûre qu'elles se battraient pour ne pas nous jouer. Je les connais, je joue avec la moitié d'entre elles en club (à Györ en Hongrie). Ce sont deux équipes qui nous respectent énormément, elles n'ont pas envie de jouer la France.

On sent une harmonie dans ce groupe France. Comment l'expliquez-vous ?
(Malicieuse) Je pense que c'est le capitanat (dont elle a hérité avant l'Euro). Je ne vois pas d'autre chose, après bon je ne peux pas le dire devant les médias (hilare). L'ambiance est bonne, de copinage, de travail aussi. Quand on joue comme ça, c'est facile de créer une dynamique. À chaque match on accumule de la confiance, des connexions. Le temps de jeu est partagé, chacune a sa place, son petit moment de gloire.

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Comment avez-vous vécu de ne pas jouer une minute contre l'Espagne, match il est vrai sans enjeu ?
Trop contente et émue que les filles qui n'ont pas eu une minute (Camille Depuiset, Léna Grandveau) aient pu jouer. Tu ne peux jamais faire ça dans une compétition. Olivier (Krumbholz, le sélectionneur) ne fait pas de cadeau aux gens. Ce n'est pas du tout son genre. S'il l'a fait c'est qu'il a confiance dans les filles. Dans ce groupe. Il a bien raison, regardez le résultat. En plus Olivier nous a proposées si on voulait de jouer un peu mais pourquoi j'irais prendre dix minutes à Audrey (Dembele) ou une autre.

Vendredi ce sera le 500e match d'Olivier Krumbholz à la tête des Bleues (1998-2013 et depuis 2016)...
500 sélections quoi ! Ce mec est là depuis toujours. Incroyable. J'espère qu'on gagnera sinon la soirée ne sera pas forcément la même. »

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