Et si Messi avait remporté son duel face à Neuer en 2014 ?

MATCH AMICAL - L’Argentine affronte l’Allemagne ce mercredi en amical à Dortmund (20h45). Cinq ans plus tôt, cette même affiche aurait pu changer le destin de Lionel Messi. Football Fiction.

Lionel Messi face à Manuel Neuer lors de la finale du Mondial 2014 (Photo by ODD ANDERSEN / AFP)
Lionel Messi face à Manuel Neuer lors de la finale du Mondial 2014 (Photo by ODD ANDERSEN / AFP)

13 juillet 2014. Le stade Maracaña de Rio retient son souffle. Parfaitement lancé dans la profondeur à la limite du hors-jeu, Lionel Messi entre dans la surface légèrement décalé sur le côté gauche. La Pulga n’a plus qu’à ajuster sa frappe pour tromper Neuer et donner l’avantage à l’Argentine. Dans cette finale de Coupe du monde étouffante, l’Albiceleste défie l’Allemagne et Lionel Messi sait qu’il a rendez-vous avec l’Histoire. De son pied gauche, il décoche une mine que Manuel Neuer ne peut qu’effleurer. L’Argentine décroche sa troisième étoile. Lionel Messi est champion du monde comme Pelé, Maradona, Beckenbauer, Zidane, Ronaldo et tant d’autres avant lui.

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Messi sur CR7 : "Aujourd’hui, je suis champion du monde, pas lui"

Emu comme un gamin au coup de sifflet final, Messi pleure, exulte, enlace ses coéquipiers un par un dans les bras. Conscient d’avoir définitivement remporté son duel à distance avec Cristiano Ronaldo, le numéro 10 argentin se lâche. “Cette fois, je crois qu’il n’y a plus de débat avec Cristiano. Ça fait dix ans que je souris sur les photos et fais semblant de l’apprécier. Aujourd’hui, je suis champion du monde, pas lui. Le Portugal n’a même pas passé les poules cette année”, lâche-t-il devant les journalistes du monde entier interloqués. Et d’ajouter sur un ton ironique : “Dites aussi à Cristiano de ne pas aller à l’Euro en France dans deux ans. Quand tu as Eder dans ton équipe, tu n’as aucune chance de gagner un titre international.”

Accueilli avec ses coéquipiers comme une rock star dans les rues de Buenos Aires dès le lendemain, Messi présente fièrement le trophée de la Coupe du monde aux Argentins dans le bus à impériale qui défile sur l’avenue du 9-Juillet. Vêtu d’un tee-shirt bleu ciel et blanc avec trois étoiles sous sa veste de costume beige, Maradona, sourire aux lèvres, assiste à la scène les yeux embués par l’émotion. “Messi a désormais mon respect éternel. Son but en finale du Mondial efface toutes les déceptions d’avant. Quel joueur, quel putain de joueur nous avons. Je crois même qu’il est meilleur que moi même s’il aurait pu bouger son c** en 2010 lorsque j’étais sélectionneur de l’équipe”, lance Diego Maradona, son illustre prédécesseur, en direct à la télévision argentine.

Un supporter argentin avec une réplique de la Coupe du monde et une photo de Maradona (Photo by NELSON ALMEIDA / AFP)
Un supporter argentin avec une réplique de la Coupe du monde et une photo de Maradona (Photo by NELSON ALMEIDA / AFP)

Transfert surprise et rupture des ligaments croisés

Après la fête, place aux vacances. Puis vient la reprise de la saison avec le FC Barcelone. Messi sèche la première semaine d’entraînement. Nommé quelques semaines plus tôt sur le banc du Barça, Luis Enrique fulmine mais prend son mal en patience. “Je comprends que Messi veuille en profiter mais il faut aussi qu’il comprenne que nous avons besoin de lui. Son comportement n’est pas digne d’un champion du monde”, explique le coach espagnol en conférence de presse. Cette dernière phrase de Luis Enrique ne passe pas. Toujours sur son nuage, Messi annonce qu’il souhaite quitter le FC Barcelone. La planète foot n’en revient pas.

Pep Guardiola, alors entraîneur du Bayern Munich, s’engouffre dans la brèche. Le 31 août 2014 et au terme d’un interminable feuilleton, Messi pose avec le maillot du Bayern Munich sous l’oeil des photographes. “L’Allemagne est mon deuxième pays préféré depuis le 13 juillet dernier. Je suis très content de rejoindre le Bayern Munich et surtout mon mentor Pep Guardiola. Je suis impatient de joueur aux côtés de Ribéry et Robben. J’ai beaucoup entendu parler d’eux”, précise Messi le jour de sa présentation en Bavière.

"Son titre de champion du monde lui est monté à la tête"

Sauf que destin va s’en mêler. Le 22 novembre, l’Argentin retombe mal sur la pelouse gelée de Wolfsburg après un méchant tacle du Portugais Vieirinha. Le verdict tombe : rupture des ligaments croisés. Sur une jambe, Messi remporte son cinquième Ballon d’Or un mois et demi plus tard. Ce sera son dernier comme l’avait prédit Cristiano Ronaldo juste après sa blessure : “Messi ne reviendra jamais au haut niveau. Il a eu tort de quitter le Barça et rejoindre un championnat de plus faible niveau. Son titre de champion du monde lui est monté à la tête.”

L’Argentin ne récupérera jamais de sa blessure. Malgré un retour sur les terrains en octobre 2015, il ne marquera que six petits buts avec le Bayern lors de la saison 2015-2016. Usé, il quitte l’Europe l’été suivant pour rejoindre son club de coeur : les Newell's Old Boys. “Ma place n’est plus en Europe. Mon rêve a toujours été de jouer au Coloso (stade de Newell’s Old Boys, nldr) quand j’étais enfant. J’allais au stade avec mon père, mes frères, mes amis. Les circonstances de la vie m’ont envoyé ailleurs quand j’étais enfant mais j’ai toujours eu ce regret. Aujourd’hui, je suis heureux.”

Depuis sa maison dans le quartier huppé de Rosario, il regardera Cristiano Ronaldo accumuler les Ballons d’Or et les Ligues des champions. Avec à chaque fois le même sourire de satisfaction en admirant sa vitrine en verre sur laquelle est exposée le trophée de la Coupe du monde.

Le trophée de la Coupe du monde (Photo by Jewel SAMAD / AFP)
Le trophée de la Coupe du monde (Photo by Jewel SAMAD / AFP)

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