Euro : comment l'Allemagne s'est relevée avant de défier les Bleues

Ce mardi soir, Alina Grijseels constituera un danger pour la France. La demi-centre allemande est la meilleur buteuse du tournoi. (B.Paquot/L'Equipe)

Ébranlées par un scandale de harcèlement moral, malmenées au premier tour, les Allemandes ont relevé la tête avant de défier les Bleues.

C'est l'un des coups de chance méconnus de l'équipe de France dans cet Euro : n'avoir pas eu à affronter l'Allemagne en entame du tour préliminaire ou du tour principal. Depuis quelques années, la Nationalmannschaft remporte systématiquement son premier match, à chaque phase de groupes d'une grande compétition. Bis repetita cette année, face à la Pologne (25-23) puis aux Pays-Bas (36-28).

lire aussi : Euro (F) : calendrier et résultats

Cette curiosité statistique n'a cependant pas mené les Allemandes bien loin. Leur dernière demi-finale, elles l'ont jouée dans cette même arena Boris-Trajkovski lors de l'Euro macédonien de 2008, terminé à la quatrième place. Une éternité pour cette nation phare du handball.

Ce mardi soir, l'opposition s'annonce cependant solide pour des Bleues euphoriques. L'Allemagne leur a posé de gros problèmes en amical, il y a six semaines à Metz et à Nancy (victoires 34-31 et 30-29). Après avoir traversé de rudes épreuves, elle est toujours dans la course au dernier carré.

Elles ont surmonté le scandaleCet automne, tout le handball féminin allemand a été secoué par le scandale de harcèlement moral lié à André Fuhr, l'ex-entraîneur du grand club de Dortmund. Plusieurs joueuses dont les internationales Amelie Berger (absente à l'Euro sur blessure) et Mia Zschocke ont témoigné dans le magazine de référence Der Spiegel de la « terreur psychologique » qu'elles auraient vécue à cause de ce technicien.

« C'était difficile, mais l'équipe a bien surmonté cela, observe le sélectionneur Markus Gaugisch, nommé il y a sept mois à peine. On a laissé de l'espace pour les discussions et on s'est dit qu'on voulait maintenant avoir des gros titres positifs sur nous dans la presse. J'ai été impressionné de voir comment les joueuses ont su rester concentrées pour que, à l'entraînement, on ne soit tournés que vers l'Euro. C'était fort. »

Elles ont surmonté leur irrégularitéAvant l'Euro, le sélectionneur français, Olivier Krumbholz, imaginait bien l'Allemagne capable de créer la surprise. Il y a du gabarit et du talent, à l'image de la demi-centre Alina Grijseels, meilleure buteuse du tournoi (7,3 buts de moyenne), ou de la puissante arrière gauche Emily Bölk. Mais, un peu comme dans la boîte de chocolats de Forrest Gump, on ne sait jamais sur quelle version on va tomber. « C'est un secret... Moi non plus, je ne sais pas où on se situe vraiment », avoue Gaugisch.

lire aussi : L'actu de l'Euro (F)

Après avoir dominé la Pologne (25-23), les Allemandes ont cédé face au Monténégro (25-29) et surtout à une Espagne souffreteuse (21-23). Mais elles ont admirablement réagi contre les Pays-Bas. « On a réussi à laisser à Podgorica (où elles ont joué le tour préliminaire) ce qui s'est passé à Podgorica », lance l'ancienne Messine Xenia Smits. Aux Bleues de jouer pour faire ressortir le visage allemand des mauvais jours.