Euro : l'heure de vérité pour les Bleus avec deux matchs en deux jours contre la Bosnie et la Slovénie

En appel d'une prestation insuffisante contre la Hongrie, les Bleus, déjà qualifiés, jouent deux matches en vingt-quatre heures - Bosnie ce mardi, Slovénie mercredi - qui décideront de leur avenir dans le tableau final.

Des arrêts et retours sur images, quelques gestes de la main et des voix qui s'élèvent. Derrière le voile de persiennes entrouvertes, dans les entrailles de l'hôtel Marriott, QG du clan français, on peut deviner les silhouettes du staff des Bleus, décortiquant les images de la poussive victoire sur la Hongrie, dimanche (78-74). Il y a beaucoup à dire alors que se profile ce mardi une Bosnie euphorique après son succès dimanche sur la Slovénie (97-93), avant de retrouver mercredi Luka Doncic et son armée slovène, qui rêvent de revanche après la défaite en demi-finale olympique (89-90).

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Face aux Hongrois, les Bleus ont bégayé leur basket. Rechute aussi spectaculaire que le succès de la veille contre la Lituanie (78-75). Balles perdues (21), attitude et implication fluctuantes, banc à l'impact insuffisant, incident lors d'un temps mort entre Rudy Gobert et Thomas Heurtel... « On a fait preuve de suffisance, disait Moustapha Fall lundi. Il n'y a pas encore la même cohésion que par le passé, mais ça se construit. Il y a des nouveaux, des ego, et le fait qu'on n'ait pas joué comme on veut peut créer des tensions. Je ne me prends pas la tête avec ça. C'est mieux que les choses soient dites, même si c'est de manière virulente, plutôt que tout le monde garde des frustrations à l'intérieur. Après le match, Evan (Fournier, le capitaine) et Vincent (Collet) ont parlé et remobilisé tout le monde. »

Une hypothèse contre nature
Les chantiers principaux tournent autour de la rigueur (14 balles perdues par match, 20e sur 24 à l'Euro) et la précision d'un jeu d'attaque trop cyclothymique. Avant ses deux derniers matches de groupe, la France affiche ainsi, de loin, la meilleure défense de son groupe (74,3 points concédés, devant l'Allemagne, 84), mais elle est le cancre de l'autre côté. Elle qui tournait aux JO à 85,8 points plafonne à 72,7 à Cologne. Seuls les Pays-Bas, l'Estonie et la Grande-Bretagne affichent des moyennes inférieures.

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« On fait énormément d'erreurs, ça ne nous aide pas à être un bon groupe et être ensemble, admet l'ailier Timothé Luwawu-Cabarrot, lui-même à la recherche de la bonne carburation. S'il y a une balle qui traîne sur le parquet, qui va se jeter dessus ? Pour l'instant, on ne sent pas l'envie, le désir, la fierté de porter le maillot bleu. C'est là qu'on doit progresser, car si on fait ce qu'on sait faire, notre potentiel est sans limite. »

« Offensivement, on a des passages satisfaisants suivis de rechutes, explique Vincent Collet. Or, il faut marquer régulièrement plus de 80 points pour exister, surtout au moment des matches couperets. Cela passe par mieux trouver les spots, exploiter les situations simples, et une attention accrue aux détails. »

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Pour les Bleus, déjà qualifiés, l'équation est simple. Deux victoires assureraient la seconde place, celle-ci les jetant, en cas de succès en huitième, sauf surprise, dans les griffes de la Grèce. Pour éviter Giannis Antetokounmpo ainsi que la Serbie dans un hypothétique top 8, et s'offrir du même coup un tableau final moins ardu, un scénario existe, contre nature et contre-intuitif. Perdre les deux derniers matches, finir à coup sûr quatrième et, cerise, éliminer au passage la Lituanie.

Sourire de Vincent Collet à cette évocation. « Je l'ai remarqué, mais je n'en ai pas parlé à mes joueurs... Donc, je lance pour débuter Ruddy Nelhomme, Laurent Foirest, Pascal Donnadieu (ses assistants) et Fabrice Canet (l'attaché de presse des Bleus) (il rit) ? Au regard du niveau de notre équipe, envisager cette hypothèse serait dangereux. On doit être plus ambitieux et conquérants. Jouer les Grecs en quarts serait difficile mais pas mission impossible. »