Evan Furness, un Breton dans le grand bain en Moselle

Evan Furness à l'entraînement, l'hiver dernier. (B. Le Bars/L'Équipe)

À 24 ans, le Breton Evan Furness, 208e joueur mondial, va découvrir mercredi, à Metz, le circuit principal. Ce sera contre le Kazakh Alexander Bublik, tête de série n°7 du Moselle Open.

Cet ace au T, à 206 km/h, qui a validé sa victoire nette contre Quentin Halys, lundi, au deuxième et dernier tour des qualifications du Moselle Open (6-3, 6-4), Evan Furness (208e ATP) l'a accueilli avec un beau cri de joie mais pas non plus une ivresse folle : « J'étais surtout trop content d'avoir fini le match, et d'avoir rendu un peu une copie parfaite », sourit-il.

Ce succès est pourtant hautement symbolique, doublement même. Au-delà de constituer la meilleure victoire de sa carrière (Quentin Halys est 86e à l'ATP cette semaine), il va permettre à ce Breton de 24 ans au format de poche (1,73 m, officiellement) d'enfin goûter au circuit principal.

Entraîné très tôt par son papa Mark, un Anglais de Sheffield qui avait posé ses valises à Pontivy à l'âge de 20 ans, il a décroché assez jeune son premier succès (le seul, jusqu'à lundi) contre un membre du top 100. À 19 ans, en 2017, contre Marcos Baghdatis au tournoi Challenger allemand d'Eckental. « Je n'ai pas pu oublier ce moment. D'autant que mon père était fan de ce joueur ; alors de lui téléphoner pour lui dire que je l'avais battu, ça avait été un super moment. J'étais parti seul là-bas, j'avais l'impression d'être un peu héroïque. »

À un quart d'heure près...

Premier titre en Futures (la D3 professionnelle) en 2018 mais le temps a ensuite paru s'allonger pour Furness. Il n'est entré dans le top 400 qu'en février 2021 puis dans le top 300 quatre mois plus tard. Le top 200 ? Ça pourrait être pour lundi prochain, et le résultat d'une jolie aventure, puisqu'il a bien failli manquer l'heure limite pour s'inscrire au tournoi de Metz : « On voyait que la liste des engagés se dégageait petit à petit alors on a décidé de prendre la route samedi, avec mon coach (Glenn Le Floch-Moën) et mon pote. On roulait depuis près de six heures quand je me suis rendu compte que j'avais oublié de signer (la liste des inscrits en qualifs à Metz). La deadline était 18 heures, j'ai encore le message de 17h44 sur mon téléphone... » A un quart d'heure près, ils auraient roulé pour rien. Encore fallait-il intégrer le tableau des qualifications, ce qui s'est fait in extremis, grâce au forfait de dernière minute du Russe Roman Safiulin, qui lui offrait le statut d'alternate.

« L'adrénaline, c'est ça qu'on adore »

La suite, Furness s'en est occupé tout seul, en réussissant deux « perfs » face à Geoffrey Blancaneaux, 144e (6-7, 7-5, 6-2) puis, donc, Quentin Halys. Vainqueur de son premier titre en Challenger le 1er mai dernier, à Ostrava, il disputera mercredi son premier match dans un ATP 250 contre Alexander Bublik. Ce sera la première fois qu'il se mesurera à un top 50 (le Kazakh est 44e) mais il n'en fait pas un monde : « Je ne me sens pas tout nouveau, non ; au contraire j'essaye d'utiliser l'expérience que j'ai eue, depuis mes 18 ans en pro. J'ai confiance en les gens qui m'entourent et en ce que je fais. Je me focalise sur le plaisir, je pense d'ailleurs que je ne serai jamais lassé de la compétition. En arrivant sur le court, pour ce premier tour, je vais être stressé, c'est sûr, mais c'est super, c'est l'adrénaline, c'est ça qu'on adore. »

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