Extra auto - Quel avenir pour le marché automobile en 2021 ?

L'Equipe.fr
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Le marché automobile français a été fortement touché par la crise sanitaire, l'an passé : 25 % de ventes en moins. Pour les modèles lancés en pleine pandémie, le succès attendra 2021... si le coronavirus rentre dans le rang.

La deuxième période de confinement a définitivement fait plonger le marché automobile français en 2020 (les livraisons furent quasiment à l'arrêt en mars et avril). Après une reprise des ventes encourageante et plus rapide qu'espérée à partir du mois de juin, la situation s'est évidemment dégradée à nouveau à l'automne et l'année s'est conclue sur une baisse des immatriculations de 25,5 % par rapport à 2019. 1,65 million de voitures particulières ont tout de même été vendues (contre 2,2 millions en 2019) mais c'est au niveau de l'année... 1975 ! Jamais, depuis, les ventes n'avaient été aussi basses.

La Zoe dans l'histoire
Les groupes nationaux PSA (Peugeot, Citroën, DS et Opel) - qui vient de finaliser sa fusion avec Fiat-Chrysler - et Renault (Renault, Dacia et Alpine) ont légèrement mieux résisté que les marques importées : 530 606 unités pour PSA, 412 544 pour Renault (*). Les modèles français occupent toujours le top 10 des ventes avec la Peugeot 208 II en tête devant la Renault Clio V, la Toyota Yaris (11e) arrivant première voiture étrangère même si elle est entièrement fabriquée en France, à Onnaing (Nord). Et pour la première fois dans l'histoire, une voiture électrique - la Renault Zoe, star de sa catégorie - figure parmi les dix voitures les plus vendues sur une année (9e) en France (elle était... 30e fin 2019). Un symbole du succès des véhicules 100 % électriques l'an passé, notamment porté par les aides fiscales à l'achat...

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Plusieurs nouveaux modèles commercialisés en 2020 n'ont pas toujours connu la publicité qu'ils pouvaient espérer : pas de salons automobiles, des concessions soumises à un strict protocole sanitaire et des opérations Portes Ouvertes minimisées... C'est le cas de voitures importantes comme la Citroën C4 totalement repensée ou le Peugeot 3008 profondément restylé, la nouvelle Dacia Sandero, l'Opel Corsa ou des modèles essentiels chez un constructeur comme la Fiat 500, désormais 100 % électrique. Il leur faudra maintenant se faire une place en 2021, au milieu de renouvellements de gammes prévus qui, pour l'instant, ne connaissent pas de freins : les futures berlines 308 ou Renault Mégane électrifiées, la DS9, le Hyundai Tucson et - aucune raison que cela ne change ! - un bataillon de voitures allemandes.

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(*) Des chiffres auxquels il faut ajouter 32 964 Nissan et environ 7 000 Mitsubishi en ce qui concerne l'Alliance Renault - Nissan.

Il y a des autos comme cela, qui n'ont pas forcément payé de mine mais dont les qualités routières ont rempli leur office avec suffisamment de brio. Voitures de papy trop vite classées... La première Citroën C4 de 2004 était de celles-là. Curviligne, rondouillarde, presque déjà vieille avant d'avoir roulé. On parlait de bio design pour faire plus moderne.

Et puis, il a suffi d'une version Coupé et d'un as du volant, Sébastien Loeb, pour lui donner un coup de jeune et en faire une vedette des rallyes de Championnat du monde ! Gagnante dès son premier Monte-Carlo en 2007 avec le pilote alsacien et Daniel Elena à ses côtés. Plus que la Xsara avant elle ou la DS3 WRC par la suite ! Trente-sept victoires au total, quatre titres mondiaux des pilotes et aussi trois titres des constructeurs jusqu'en 2010... La C4 s'est alors un peu perdue en route, de « restylages » en nouveaux noms de baptême (Cactus), de berline en excellents monospaces (Picasso, SpaceTourer).

Un modèle qui cultive sa différence
Pour son dernier modèle de la catégorie « compactes familiales » (celle de la Renault Mégane ou de la Peugeot 308), Citroën a donc ressorti une appellation plus ou moins laissée de côté depuis 2018. Continuant à cultiver sa différence parmi les modèles français : à la fois une berline surélevée sur de grandes roues de 18 pouces et une garde au sol plus haute de trois centimètres que la moyenne, un SUV pour l'habitabilité et un profil de Coupé. D'ailleurs, ses concepteurs n'hésitent pas à la comparer à l'ancienne C4 Coupé, « la plus originale de toutes » avec ce large aileron qui coupe à nouveau en deux la lunette arrière. Ils acceptent aussi volontiers la comparaison avec un dessin arrière très travaillé et dynamique que l'on pourrait confondre avec celui d'une Honda Civic sur la route.

La nouvelle C4 a passé plus d'heures en soufflerie que la moyenne, paraît-il : le dessous de caisse, les bat-flanc de portières, les déflecteurs de jantes, le spoiler arrière... Les échancrures sur le bouclier arrière ne sont là que pour faire joli, en revanche.

La C4 de 2020 (4,36 m de long) utilise la nouvelle plateforme modulaire PSA ; elle permet aussi bien d'y installer des moteurs thermiques essence de 100, 130 et 155 chevaux ou diesel de 110 et 130 chevaux (boîte auto EAT8) qu'un bloc 100 % électrique de 100 kWatts et une batterie de 50 kw/h pour une autonomie réelle de 350 kilomètres sur un parcours semi-urbain. Le silence de roulage de l'ë-C4 (à partir de 28 600 € bonus déduit) est d'ailleurs le meilleur moyen de jouir du confort Citroën avec les sièges advanced comfort (à double densité de mousse et effet matelassé) et les amortisseurs à butées hydrauliques progressives qui ne vous feront (presque) plus pester au franchissement des inévitables ralentisseurs en ville.

Même intérieur pour les thermiques que l'électrique
Sur route sinueuse, cette sensation de confort ouaté ne fait pas de la C4 la plus dynamique des familiales (renforcée par sa hauteur de caisse) mais l'objectif n'est pas non plus celui-là et la passagère ou le passager appréciera, en revanche, de pouvoir pianoter sans à-coups ou visionner un film sur sa tablette informatique astucieusement rangée ou positionnée dans un tiroir coulissant au-dessus d'une profonde boîte à gants. Inédit et original.

De manière générale, la C4 dont l'agencement intérieur ne se différencie plus entre une version thermique ou électrique, offre des rangements pratiques (une quinzaine), y compris un support de recharge de smartphone par induction qui, sous la console centrale, offre un dernier petit coffre dissimulant de menus objets (clés) aux regards extérieurs. Ce qui fait aussi de cette Citroën une auto parfaitement moderne, c'est la vingtaine d'aides électroniques à la conduite, catalogue d'équipements qui participent à des parcours urbains ou de plus longs trajets reposants.

Finalement, cette C4 nouvelle et différente, se révèle une parfaite voiture de père de famille. Ce qui ne veut plus dire « voiture de papy »