Extra - Auto - Bilan automobile 2020 : une année plombée par le Covid-19

L'Equipe.fr
·8 min de lecture

Les périodes de confinement ont mis à mal le marché automobile français, qui finit l'année sur une chute de près de 27% des ventes de voitures neuves. Seul le secteur des hybrides rechargeables et des électriques fait illusion.

Une année en auto. Une année en enfer provoquée par une pandémie et des mesures de confinement propres à chaque pays. Une France à l'arrêt du 17 mars au 11 mai. Des concessions fermées. Impossibilité quasi totale de vendre sur la période, avec à titre d'exemple un vertigineux moins 88,8% en avril 2020, par rapport à 2019.

Les aides gouvernementales, malgré leur complexité, pour soutenir le marché automobile à la sortie du premier confinement, auront au moins permis d'amortir le choc (+1,2% en juin). Momentanément. Une embellie artificielle. Et que dire des boosts pour vendre des voitures électriques avec une prime de 7 000 euros ? Et tant pis si les infrastructures de charge ne suivent pas, et si France Stratégie, institution autonome de conseils économiques, placée auprès du Premier ministre, avertit : «La Chine risque d'envoyer l'industrie européenne au tapis avec ses exportations de véhicules électriques.»

Et pas uniquement via des marques devenues chinoises comme MG, mais aussi et surtout avec des produits européens ou américains assemblés en Chine (BMW iX3, Tesla Model 3, Smart, Dacia Spring...) Sans évoquer ici le fait que les batteries, tous modèles confondus, proviennent à 80% d'Asie et plus particulièrement de Chine... Autre soutien gouvernemental, les 2 000 euros offerts aux acheteurs d'hybrides rechargeables (PHEV) auxquels s'ajoute une exonération de la TVS (taxe sur les véhicules de société) pour les flottes d'entreprise. Bonne idée, mais combien d'utilisateurs «pro» chargent régulièrement leurs autos ?

lire aussi
2020, année de plus en plus électrique

Quelques belles surprises dévoilées
Et puis est arrivé le deuxième confinement, qui a tué le mois de novembre. Nouvelles fermetures de concessions. Nouvelles statistiques à pleurer (moins 27 % sur les ventes en novembre). Un bug économique qui ne pourra être masqué par la hausse spectaculaire des ventes de voitures électrifiées (PHEV + 300 %, électriques + 200 %).

Malgré ce triste constat, les constructeurs ont tenté de respecter leur tableau de marche, lançant tant bien que mal leurs nouveautés, insistant sur leurs modèles à faibles émissions, afin de respecter les diminutions de CO2 exigées par la Commission européenne. D'où une orgie à l'essai de PHEV et de 100 % électriques... Avec, au milieu de cet océan d'autos clones, quelques belles surprises dévoilées ici. Retour sur une année automobile décidément pas comme les autres.

lire aussi
2020, année électrique : les voitures à suivre

Pour sa 33e édition, le Festival international automobile aura récompensé la BMW Série 2 Gran Coupé. Plus de 120 000 votants ont désigné l'Allemande comme étant la plus belle auto de l'année 2020, avec près 54% des voix, devant la 208 (26%) et la Mazda 3 (20%). La «Béhème» succède à la Peugeot 508 (2019), l'Alpine A110 (2018), l'Alfa Romeo Giulia (2017)... Un palmarès où les berlineset les coupés s'imposent à la régulière, face aux SUV. Comme quoi la belle automobile fait encore rêver.

Une électrique n'a véritablement de sens que vécue pour un usage urbain ou péri urbain. On zappera donc ici les autos « image » à prix affolés, proposés par les constructeurs premium. Vivons dans le réel, à l'image de Renault qui cartonne avec sa Zoe ou du groupe Volkswagen qui a dégainé en début d'année, une e-up à l'autonomie renforcée. La mini VW n'est désormais disponible qu'en électrique. Et à un prix accessible (23 740 euros hors bonus). Disponible aussi chez Seat (Mii) et Skoda (Citigo). Bonne surprise. En usage urbain, en jouant avec les cinq modes de récupération d'énergie, il devient aisé de faire mieux que les 260 km d'autonomie annoncés. Jouissif. On se prend au jeu du chasse gaspi avec une auto agile, joueuse et plutôt confortable.

Cette auto, arrivée sur le marché français en 1988, vaut prétexte pour évoquer l'univers Suzuki. La version micro hybridée de Vitara, présentée juste avant le confinement mi-mars, devait lancer l'année 2020 d'un constructeur proposant sur chacun de ses modèles un produit électrifié. Essentiellement de la micro hybridation (48 volts) comme sur Vitara (à partir de 22 640 euros), Swift, et S-Cross. L'année devait se conclure par le lancement de deux PHEV : l'Across, clone du Toyota RAV4, et le Swace, sur plate forme Corolla. Deux hybrides rechargeables, les premiers de l'univers Suzuki, nés d'un partenariat avec Toyota. Le confinement de novembre, aura eu raison de la présentation de ces deux autos, remise en janvier 2021.

Des chiffres. Bruts. Brutaux. Ventes en France, voitures particulières sur les mois de mars, avril et mai, en plein confinement. Données en rapport avec les résultats 2019 : moins 72,2% en mars. Moins 88,8 % en avril. Moins 50,3 % en mai. Le krach.

lire aussi
La folie des hybrides rechargeables

Pas de mondial de l'auto en 2020. Restait à inventer un autre rendez-vous. Un mini salon interactif sur deux jours par exemple. À l'initiative de l'AM-AM (association médias auto moto), vingt et une marques allaient répondre présent. Soixante-huit autos proposées à l'essai sur les routes de l'Oise, des nouveautés essentiellement. L'occasion de découvrir la Honda Jazz hybride, alternative à la Toyota Yaris, en plus cher. Le tout nouveau Land Rover Defender, toujours aussi franchisseur, mais qui s'est éloigné du style épuré du bon vieux Land de Daktari. La McLaren GT avec ses portes papillon. Et une flopée de SUV en version hybride rechargeable. Du pionnier Mitsubishi Outlander, au plus vendu des modèles en France, le Peugeot 3008. Il y a donc une vie post confinement.

lire aussi
Le nouveau Land 2020, un monstre des sous-bois

Emprunter enfin au parc presse Renault, une Clio hybride. Trop de louanges lues, pour passer à côté. Vite zapper ce qui interpelle sur cette cinquième génération de Clio, avec un style trop copié sur Clio IV et qui n'accroche pas l'oeil. Mais une fois à bord on apprécie la qualité des matériaux, l'ergonomie, l'interface multimédia. Découvrir ensuite le plaisir de rouler en hydride avec une boite robotisée à crabots, qui va presque aussi bien qu'une vraie boîte automatique et bien mieux qu'une CVT adulée par les Japonais. Apprécier aussi le prix contenu de cette e-tech 140 (à partir de 22 600 euros). Se réjouir devoir sa consommation en ville flirter avec les 4,2 litres /100. Les spécialistes auront noté quelques à-coups avec la boîte totalement nouvelle. De notre côté, on a plutôt remarqué qu'il fallait avoir le pied doux en marche arrière. A l'arrivée, on a rendu cette Clio hybride à regret. L'un des coups de coeur de l'année 2020.

lire aussi
Renault Clio E-Tech : l'hybride qui s'inspire de la F1

Vous cherchez une berline spacieuse - voire sa version Combi (break) - bien finie, moderne, astucieuse sérieusement équipéeet vendue à un juste prix ? La voici. La Skoda Octavia, quatrième génération a tout bon. À partir de 26 430 euros. La Tchèquen'a rien à envier à sa grande soeur VW et s'avère aussi bien assemblée qu'une Audi. Cette Octavia est juste à nos yeux un peutrop grande (4,70 m) pour faire l'unanimité. En revanche, côté motorisation, vous avez le choix entre essence (micro hybridée),diesel, PHEV et gaz naturel. « Simply clever » comme dit la pub.

lire aussi
Malgré le Covid-19, le marché automobile ne connaît pas la crise

Orni : Objet roulant non identifié. Tendance voiturette des villes. La Citroën Ami, à prix contenu (6 000 euros, bonus déduit),n'a guère de concurrent sur le marché. Reste à savoir si l'effet buzz et sympathique du départ, va se muer en succès commercial. Chez Citroën, on estime ne pas pouvoir gagner de l'argent avec Ami. On mise avant tout sur le capital sympathie pour déclencher l'émotion. Aimer Ami, être interpellé par Ami, ne pas comprendre Ami, c'est déjà s'intéresser à Citroën, à son univers décalé, impertinent, novateur. Et qui sait un jour entrer en concession pour s'offrir une C5 Aircross, ce SUV tout confort désormais disponible en version PHEV (à partir de 39 950 euros)

Confinement épisode 2. Fermetures des concessions automobiles en France du 30 octobre au 27 novembre, commerce jugé non essentiel. Bilan, ventes de voitures particulières entre novembre 2019 et 2020 : moins 27%. Au moins aura-t-on pu essayer Formentor, premier modèle 100% Cupra. Un SUV survitaminé, pas vraiment dans l'air du temps, avec sa version 310 ch TSI, sacrément dynamique, bien épaulé qui plus est grâce à un comportement typé berline. Ce SUV surbaissé ne prend quasiment pas de roulis et s'offre à un prix cohérent dans sa version sportive : 44 670 euros. Mais avec un malus qui va grimper, en 2021, à 13 109 euros. Aïe.

Le bon plan de l'année 2020. La troisième génération de Dacia Sandero est non seulement séduisante avec un look retravaillé, en particulier sur la version Stepway, mais bien au-delà, elle n'a plus rien de commun avec l'idée qu'on se fait d'une auto "low cost". Sauf le prix : à partir de 8 690 euros et à maxima 15 290 euros pour la version TCe 90 ch avec boîte auto (CVT). On craque, pour ses équipements dignes d'une Clio sérieusement « optionnée », pour son tableau de bord capitonné de tissu tressé, ses aides à la conduite intuitives, son interface multimedia bien pensée, ses comodos issus de Clio V et son comportement routier qui, sans être pointu, conviendra à un usage normalisé sans jamais vous faire regretter votre achat. Avec un espace à bord - même à l'arrière - exemplaire. Et pour les as de l'optimisation budgétaire, Sandero est disponible en version bi carburation couplée à un moteur 100 ch (essence et GPL) dès 12 590 euros. Vous hésitez encore ?