Extra - Auto - Depuis Goldfinger, Sean Connery est éternellement associé à l'Aston Martin DB5

L'Equipe.fr
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Le personnage de James Bond incarné par l'acteur écossais, disparu samedi à 90 ans, restera à jamais associé à une voiture, l'Aston Martin DB5. Sean Connery est mort samedi, à Nassau, à l'âge de 90 ans. C'est précisément dans la capitale des Bahamas que l'action - rétrospective - a situé la première rencontre au cinéma entre l'agent 007 James Bond et l'Aston Martin DB5 grise, gagnée aux cartes contre le terroriste grec Dimitrios (Casino Royale, Daniel Craig). Un héros au destin planétaire, une voiture devenue légendaire. Connery et l'Aston ont mis un peu de temps à se trouver. Au troisième film, exactement (Goldfinger, en 1964). lire aussi Mort de Sean Connery : Manchester United, Murray, le golf et le ski, le premier James Bond aimait passionnément le sport Bond s'est souvent fait conduire, taxis ou voitures avec chauffeur : Austin A55 Cambridge, Chevrolet Bel Air, Bentley 4,5 litres de 1933... (Dr No, Bons baisers de Russie). Si dès sa première apparition à l'écran, l'agent secret britannique loue pourtant une modeste - mais sexy ! - Sunbeam Alpine qui ne coûta que quinze malheureux vieux shillings anglais par jour à la production, ce n'est par souci ni d'économies, ni d'indépendance. Bond au volant devenait une nécessité, un passage obligé pour les poursuites et cascades. Des routes forcément sinueuses dans les Caraïbes, les Alpes suisses ou la moyenne corniche niçoise : qui dit montagne, dit ravins et précipices pour mieux y précipiter les voitures des poursuivants dans un fracas de carrosserie et d'explosions. Et quand elles n'y vont plus toutes seules, Bond les y aide ! L'Aston Martin DB5 gadgétisée et surarmée - une propulsion, forcément ! - fut l'indispensable meilleur second rôle en soutien à Sean Connery, à égalité avec la James Bond Girl. Connery et la DB5, c'est Bud Spencer et Terence Hill, C-3P0 et R2-D2, Batman et Robin, Simon Templar et la Volvo P180... Indissociables à jamais même s'ils n'ont que peu tourné ensemble (Goldfinger, Opération tonnerre). D'autres s'y sont essayés (Brosnan, Craig) mais ne furent que les heureux héritiers de la voiture de papa. Roger Moore ne s'est jamais installé dans l'Aston et semblait le regretter lorsqu'on lui demandait qui était le meilleur Bond ? « À part moi ? s'amusait-il ! Sean, incontestablement. Il a créé Bond, l'a façonné et rendu mondialement célèbre ; rugueux, dur, agressif et spirituel. » Une récompense pour retrouver la DB5 de Goldfinger Quant à la DB5, préférée à la DB4 car plus puissante et retravaillée par rapport au roman pour la rendre moins discrète, elle survivra à son premier espion bien-aimé. Le modèle original de Goldfinger sera pourtant dépouillé de tous ses équipements spéciaux en 1968, selon le souhait d'un dirigeant d'Aston Martin, avant d'être vendu. Son nouveau propriétaire s'empressa de rééquiper la voiture ! Elle lui a été volée en 1997 et reste introuvable - une piste récente la localiserait au Moyen-Orient et une forte récompense est promise pour la retrouver.

Seules subsistent la version de route (elle aussi rééquipée en gadgets et aux mains d'un collectionneur privé, vendue 5,75 millions d'euros) et aussi deux répliques d'exposition dont une au musée Louwman à La Haye (Pays-Bas). Mais réduire le « garage » de Sean Connery (Bond ou pas) à la seule Aston Martin serait un manquement à sa filmographie. Il eut même un équivalent deux-roues à sa DB5 lors de sa dernière apparition en 007 (Jamais plus jamais) : une Yam XJ650, un instant piégée par une R5 Turbo 2 entre Nice et Monaco. À revoir. Un garage spectaculaire Depuis son premier Bond (contre le Dr No) jusqu'à ses derniers films, Sean Connery a conduit toutes sortes de véhicules à l'écran. DANS LES JAMES BOND Sunbeam Apine Series II (1962) La première voiture que conduit Bond à l'écran : un roadster sport deux places Sunbeam Alpine qui courra aussi aux 24 Heures du Mans, dans les années 1960. Pour James Bond 007 contre Dr No, tourné pour partie en décors naturels en Jamaïque, la grosse Bentley des romans de Ian Fleming ne convenait pas... La production loue sur place cette petite décapotable de 80 chevaux, de série (sans équipements spéciaux) mais dont la faible hauteur lui permet de passer sous le bras métallique d'un engin de chantier barrant la route, tandis que le lourd corbillard LaSalle Hearse qui la pourchasse n'a pour issue que le ravin. Ford Mustang Mach I (1971) Cette fois, il faut échapper aux voitures de police dans la plus longue poursuite du cinéma, à l'époque (Les diamants sont éternels). Au cul d'une impasse, Bond n'a d'autre choix que de lancer la Ford Mustang Mach I de sa passagère Tiffany Case dans un passage piétonnier entre deux immeubles. Sur deux roues, donc ! Trois Mustang (à moteur V8 429 Cobra), des Muscle car très populaires, furent utilisées durant cinq nuits de tournage, dans la lumière naturelle des néons du Strip de Las Vegas, sauf la scène finale, reproduite en studio. Honda ATC (1971) Dans Les diamants sont éternels, Sean Connery conduit les engins les plus bizarres de sa carrière de James Bond : il fuit une base secrète à bord d'un engin lunaire (moonbuggy) puis échappe à ses poursuivants en leur chipant un Honda ATC 90 cm3 trois-roues, le premier tricycle tout-terrain, récemment introduit sur le marché. La séquence ne dure que quelques secondes mais elle est suffisante, avec Sean Connery lui-même en selle, pour traduire les difficultés de pilotage de cet engin monté sur des pneus ballons et qui avait une forte tendance à se renverser en virant jusqu'à 35 degrés. DANS LES AUTRES FILMS La Nautilus Car - 6 roues (2003) Dans ce navet de Stephen Norrington, la Ligue des gentlemen extraordinaires, dirigée par Sean Connery, utilise la voiture du capitaine Nemo pour combattre Le Fantôme sur les canaux de Venise. Dessinée par le directeur artistique du film, conçue sur un châssis de camionnette de pompiers, elle compte six roues de 72 cm. Sa carrosserie en fibre de verre est décorée de façon ultra-kitsch sous l'inspiration du patrimoine hindou et cache sous son interminable capot (l'auto fait 6,7 m de long !) un V8 Rover capable d'atteindre 130 km/h. L'un des deux exemplaires fabriqués fut mis aux enchères pour 35 000 €. Renault Type NN Tourer (1989) Dans le troisième volet des aventures d'Indiana Jones (la Dernière Croisade), Harrison Ford et Sean Connery s'offrent une course-poursuite d'une dizaine de minutes derrière un char MK II à bord d'un Renault Type NN Tourer de 1928, à conduite à droite et équipé d'un moteur quatre cylindres de 951 cm3 et 17 chevaux, capable de rouler à 60 km/h. Cent cinquante mille exemplaires de cette propulsion avaient été conçus par Renault. Restauré et repeint en jaune après le tournage, ce modèle a été estimé entre 11 000 et 17 000 € en 2014. Citroën C5 (2006) En 2006, Citroën lance une campagne publicitaire pour sa C5 restylée et équipée d'un nouveau moteur HDi biturbo de 173 chevaux. Son slogan : « Retrouvez vos sensations. » Pour promouvoir la modernisation de sa gamme, la marque s'offre les services de Sean Connery qui apparaît au volant de la berline. Son visage rajeunit au fil des kilomètres, comme pour souligner le changement d'image opéré par Citroën. Au bout du périple et de la publicité, Sean Connery est accueilli à sa descente de voiture d'un : « Monsieur Sean Connery, vous avez changé ! » Auquel l'acteur répond : « C'est la voiture ! »