Extra - Auto - Le nouveau Land 2020, un monstre des sous-bois

L'Equipe.fr
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Il vit toujours. Différent, plus imposant, moins rustique car plus technologique, le nouveau Land 2020 reprend tout de même l'appellation « Defender » et prolonge, à sa manière, la survivance d'une icône du tout-terrain depuis 1947.

Sir Land Defender. S'il existait, pour les automobiles, une distinction pour services rendus à l'Empire britannique, le Defender serait assurément déjà anobli par sa royale Majesté la Reine d'Angleterre. Cet incroyable 4x4 est sans doute le véhicule qu'elle préfère après ses Rolls-Royce Phantom d'apparat.

Probablement vient-il même en premier quand il l'accompagne dans ses séjours écossais sur la lande de Balmoral et ses parties de chasse... C'est bien la seule chose qu'elle partage avec les pires méchants de James Bond puisque les producteurs en ont fait, depuis quelque temps, l'engin privilégié des spectaculaires poursuites derrière les Aston Martin de Daniel Craig.

On l'avait pourtant cru perdu pour la cause
Ils sont préparés, transformés et bodybuildés pour les besoins des séquences filmées par le service SVO (Special Vehicule Operations) de Jaguar Land Rover qui, le reste du temps, adapte les modèles sportifs SVR les plus performants du groupe - du Coupé Type-R jusqu'au grand Range Rover.

On a pourtant cru le Defender bel et bien perdu pour la cause quand, en 2016, le dernier des Land 90 et 110, héritier des Séries 1 depuis 1947 (sur la base d'une Jeep Willys), est sorti des chaînes de l'usine historique de Solihull, près de Birmingham - un 90 bâché court, carrosserie vert amande et toile kaki. Dans le plus pur style farmer anglais du Devonshire.

Le groupe indien Tata, propriétaire de la marque anglaise, avait toutefois promis un nouveau Defender pour 2020. Nous y sommes et les craintes d'un modèle qui n'aurait plus rien à voir avec les versions précédentes n'étaient pas entièrement justifiées.

Bien sûr, la ligne a fortement évolué et les puristes n'y trouveront pas leur compte mécanique mais l'esprit demeure : un véhicule qui passe partout, aux qualités de franchissement encore renforcées par le savoir-faire électronique développé pour les Discovery ou les Range. Lorsque l'on pilote une Ferrari récente sur le circuit maison de Fiorano, on se prendrait vite pour un pilote assez capable... La magie trompeuse des imperceptibles mais très efficaces corrections de trajectoires ou d'accélérations grâce aux aides électroniques à la conduite.

Au volant du nouveau Defender, on se sent pareillement capable de déplacer des montagnes. Mieux ! De les gravir. Un champion du 4x4.

Il faut le voir de l'extérieur pour le croire
Les chemins tracés dans les sous-bois du domaine de Forest Hill dans les Yvelines (*), la carrière de terrain sablonneux et sa profonde mare de boue, les montées trialisantes et les plongées abruptes capot en avant : la bête ne recule devant aucune difficulté qui aurait poussé le Dakariste amateur à chercher une autre voie.

On serre tout de même un peu les fesses. Le « Def », lui, serre les diff' (différentiels). Et ça passe tout seul. C'est le cas de le dire. Les amoureux de l'ancien Defender pourront encore sélectionner sur le grand écran tactile central - incongru pour les amoureux du rustique et du dos en compote après quelques kilomètres - les blocages de ponts avant et arrière et les rapports de boîte qui désactivent, jusqu'à un certain point, l'antidérapage.

Les plus novices s'empresseront de les laisser faire automatiquement, se contentant de sélectionner sur le système Terrain Response configurable, la « texture » du sol devant soi : sable, boue, cailloux, ornières... il y en a pour tous les goûts.

Le maillon faible ne peut se trouver que derrière le volant
Pour l'heure, ce n'est pas parce qu'on dit le Defender capable de « monter aux arbres » qu'il faut les frôler de trop près dans ce chemin forestier aux couleurs automnales. Pas si simple : avec ses dimensions plus que respectables (5,10 m de long pour la plus grande version, 1,92 m de haut, 2,11 m de large, 2,2 tonnes) et sa calandre parfaitement verticale, l'engin ressemble à un monstre des sous-bois.

Heureusement, le double système de caméra à 360° (vue du dessus) permet de visualiser au tableau de bord le positionnement des roues et des ailes pour éviter d'accrocher une souche au sol ou de frotter un tronc. Utile. De là où l'on est perché (jusqu'à 291 mm de garde au sol réglable), on ne voit pas toujours le bon positionnement des jantes.

Avant chaque difficulté, un moniteur se veut rassurant : « En boîte courte avec le Def, son système d'antipatinage et les pneus que vous avez (des Goodyear Wrangler All Terrain), ça doit passer partout ! » Le maillon faible ne peut se trouver que derrière le volant. Les roues dans la mare (franchissement de gué jusqu'à 90 cm), on s'amuse à surveiller la montée des eaux reproduite sur l'écran avec la fonction Wade Sensing.

Attention à la marche!
Face à la grimpette boisée, on active à l'allure d'un escargot... le régulateur de vitesse tout-terrain (!) qui va porter la voiture et rechercher la meilleure adhérence roue par roue. Avant de se jeter dans le toboggan de feuilles mortes, on active l'assistant de descente qui gérera tout seul le freinage pour éviter de partir dans une luge incontrôlée.

Partout où la voiture passe, il faudra regarder les photos extérieures pour se rendre compte, là de la profondeur du marigot ; ici, de la roue qui ne touchait plus le sol ; là encore de l'angle d'attaque de terrain du sabot avant - le Defender a le compas dans l'oeil. Depuis l'intérieur, impossible de se rendre compte de quoi que ce soit (sauf quand on ne voit plus que le ciel au moment de basculer au sommet du monticule...) dans un confort comparable à un Range Rover.

Ah ! un dernier conseil avec ce nouveau Defender : attention à la marche quand vous en descendrez.

(*) Centre fermé de pratique et d'apprentissage tout-terrain à Montalet-le-Bois (78).