F1 - Ferrari - Sebastian Vettel chez Ferrari : cinq saisons sur courant alternatif

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S'il a remporté 14 victoires et fini deux fois vice-champion du monde avec Ferrari, Sebastian Vettel a également commis plusieurs erreurs durant ses cinq saisons au sein de la Scuderia. Que retiendra-t-on du passage de Sebastian Vettel chez Ferrari ? Cinq années durant, et peut-être six, si jamais la saison 2020 démarre enfin, l'Allemand aura défendu les couleurs de la Scuderia. Arrivé en 2015, fort de ses quatre titres mondiaux chez Red Bull, mais suite à une saison 2014 décevante, Vettel a alterné le bon et le moins bon durant ses 101 courses avec l'écurie italienne. Vettel-Ferrari, un divorce surprise Capable de coups d'éclat mais aussi d'erreurs indignes de son talent et son statut, il a fait passer les tifosi par tous les états. Petit florilège non exhaustif de l'ère Vettel chez Ferrari, avec trois temps forts et trois temps faibles. Grand Prix de Malaisie 2015 Deuxième course avec Ferrari, et déjà, une première victoire. Sebastian Vettel fait mieux que Michael Schumacher, qui avait dû attendre son septième Grand Prix avec la Scuderia en 1996 pour s'imposer, mais moins bien que Kimi Räikkönen et Fernando Alonso, vainqueur dès leur première course en 2007 et 2010. Parti en deuxième position derrière Lewis Hamilton, Vettel s'impose pour la 40e fois en F1, devant les Mercedes, grâce à une stratégie audacieuse et une excellente exploitation des pneus Pirelli sous une forte chaleur. La Scuderia, qui n'avait plus gagné depuis le GP d'Espagne 2013, se met à espérer pouvoir rivaliser avec les Flèches d'Argent durant toute la saison. Mais Vettel termine le Championnat à la 3e place, derrière Hamilton et Nico Rosberg. Grand Prix de Grande-Bretagne 2018 Au coeur d'une saison où Vettel parvient à faire jeu égal avec Hamilton, l'Allemand réussit à s'imposer sur les terres de son grand rival. À Silverstone, son excellent départ lui permet de dépasser le poleman Hamilton, qui se fait même toucher par Kimi Räikkönen et part en tête-à-queue. Avec une Mercedes en moins, l'horizon de Vettel se dégage. Au 34e tour, Valtteri Bottas prend la tête après l'accident de Marcus Ericsson. Vettel profite de la voiture de sécurité pour rentrer aux stands, alors que le Finlandais reste en piste. Une stratégie perdante pour Mercedes puisque, au tour 47, la Ferrari reprend la première place pour ne plus la lâcher. Vettel s'impose une seconde fois à Silverstone, neuf ans après son premier succès, et empoche sa 51e victoire, comme Alain Prost. « Être au niveau des Ferrari ici montre que la voiture est compétitive. Nos évolutions fonctionnent, nous avions un bon rythme et nous sommes très heureux du résultat », commente-t-il à l'arrivée. Grand Prix de Singapour 2019 Ce n'est sans doute pas la plus belle victoire de la carrière de Vettel, mais c'est une des plus importantes. Avec l'arrivée de Charles Leclerc chez Ferrari, l'Allemand est mis sous pression, et n'y répond pas toujours de la meilleure des manières. Mais son long calvaire prend fin, enfin, à Singapour. Troisième sur la grille, Vettel prend les commandes de la course à son coéquipier au 19e tour, grâce à un undercut qui fonctionne à la perfection, et même mieux que prévu, selon la version officielle de la Scuderia. L'Allemand signe néanmoins une course solide sur un circuit piégeux, et surtout, gère très bien les trois relances en deuxième partie de course après trois interventions de la voiture de sécurité. Ferrari se félicite de ce troisième succès de rang, une première depuis 2008, et de son premier doublé depuis la Hongrie en 2017. Pour Vettel, si ce succès ne change rien au Championnat (il reste 5e), il met fin à une disette d'un peu plus d'un an (Belgique 2018), et le rassure sur ses capacités de pilote. Champions contrariés chez Ferrari Grand Prix d'Azerbaïdjan 2017 Le premier Grand Prix d'Azerbaïdjan fut complètement dingue, avec une liste de rebondissements hallucinante, et une victoire finale de Daniel Ricciardo (Red Bull). Et le mouvement d'humeur de Sebastian Vettel contre Lewis Hamilton ne fut finalement qu'une péripétie parmi tant d'autres, mais elle révèle quelque chose de l'état d'esprit du moment de l'Allemand, et de la pression qui pèse sur ses épaules. En juin 2017, cela fait un peu plus de deux ans que Vettel pilote pour Ferrari, et il sent bien que cette saison peut être la bonne pour le titre mondial. Il arrive d'ailleurs à Bakou avec 12 points d'avance sur le Britannique. Alors, quand ce dernier décélère brutalement derrière la voiture de sécurité avant la deuxième relance, le sang de l'Allemand, qui a été surpris par cette manoeuvre, ne fait qu'un tour. Il se porte à la hauteur de la Mercedes, brandit son poing et lui donne un coup de roue. Hamilton ne réplique pas, et Vettel est pénalisé de dix secondes. Il est même quelques jours plus tard convoqué par la FIA pour s'expliquer, et reconnaît sa responsabilité dans une lettre d'excuses. Grand Prix d'Allemagne 2018 C'est peut-être le tournant de la carrière de Vettel, et sans doute celui de son passage chez Ferrari. Lorsqu'il arrive à Hockenheim, l'Allemand compte huit points d'avance sur Hamilton, et vient de s'imposer à Silverstone, sur les terres de son grand rival. Avec déjà quatre victoires, il montre clairement qu'il est capable de décrocher le titre et dominer les Mercedes. Mais le scénario de ce 63e GP d'Allemagne tourne totalement en faveur de Hamilton, pourtant seulement 14e sur la grille. Vettel, parti en pole, mène les 25 premiers tours, et repasse en tête au 39e tour, lorsque son coéquipier Kimi Räikkönen le laisse passer. La victoire ne peut lui échapper, mais la pluie se met à tomber sur le circuit, enfin sur certaines parties. Ce qui provoque tension et incertitudes dans les stands. Vettel se fait piéger, au 51e tour, à l'entrée du Stadium et part tout droit dans l'épingle Sachs. Sa voiture s'écrase lentement mais sûrement dans le mur. Hamilton s'impose et reprend les commandes du Championnat. « C'est franchement une triste façon de terminer un Grand Prix, déclare l'Allemand, penaud après l'arrivée. Tout s'était bien passé jusqu'alors. Nous étions rapides, nous avions la course bien en main, et puis... C'est de ma faute. Ce n'est pas la pire erreur de ma carrière, mais certainement l'une des plus cruelles, des plus coûteuses. Je tiens à présenter mes excuses à toute l'équipe. » Grand Prix d'Italie 2019 C'est à Monza que la bascule entre Charles Leclerc et Sebastian Vettel s'est sans doute faite chez Ferrari, et peut-être aussi dans le coeur des tifosi. Alors que le Monégasque enchaîne en Lombardie un second succès, une semaine après celui à Spa, l'Allemand termine lui la course à une anonyme 13e place, dans l'indifférence générale. Il a, il faut bien l'avouer, tendu le bâton pour se faire battre, avec ce tête-à-queue, au 6e tour, dans la Variante Ascari, alors qu'il occupe la 4e place. Vettel reprend la piste imprudemment et touche la Racing Point de Lance Stroll, qui part à son tour en tête-à-queue. Relégué à la 19e place, pénalisé de dix secondes pour son retour en piste imprudent, l'Allemand assiste de loin au triomphe de son jeune coéquipier, qui en profite même pour le dépasser au Championnat. « Quand on fait mal son travail, on ne peut pas être un homme heureux », lâche-t-il, dépité. Comme un symbole, l'écurie italienne « oublie » de le convier à la photo souvenir pour célébrer la victoire de Leclerc.

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