GP de Bahreïn - Le médecin qui a aidé Grosjean à sortir des flammes témoigne

L'Equipe.fr
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Délégué médical adjoint de la Fédération internationale de l'Automobile, le Docteur Ian Roberts a été le premier à intervenir sur les lieux de l'énorme accident de Romain Grosjean, dimanche, lors du Grand Prix de Bahreïn. Il raconte.

Délégué médical adjoint de la Fédération internationale de l'Automobile, installé dans le siège passager de la voiture médicale qui suivait le peloton des F1 au moment du départ du Grand Prix de Bahreïn ce dimanche, le docteur Ian Roberts a été le premier à intervenir sur la scène de l'effroyable accident dont a été victime Romain Grosjean.

Arrivé sur la zone du crash neuf secondes seulement après l'impact de la Haas contre le rail de sécurité et son embrasement, le Britannique s'est approché au plus près de la carcasse en flammes, accompagné d'un pompier, et a aidé le pilote à enjamber le rail de sécurité pour se mettre à l'abri des flammes, vingt-huit secondes après l'impact.

Un scénario très rare

« La puissance de l'extincteur apporté par le pompier a pu repousser les flammes et ce n'est que quand Romain était au-dessus de la barrière qu'on a réussi à l'extraire, a raconté le docteur Roberts. On ne disposait pas de beaucoup de temps parce que les flammes revenaient rapidement. C'est un équilibre de risques, si les flammes étaient venues sur la piste, je n'aurais rien pu rien faire. Dans ma carrière précédente, quand je travaillais à Silverstone, nous avons fait face à des incidents horribles. Mais je pense qu'en Formule 1, c'est l'accident le plus grave auquel j'ai été confronté. »

Avant chaque course, les équipes du circuit et de la FIA sont formées pour intervenir sur les scènes d'accident. Mais c'est un scénario très rare auxquelles elles ont été confrontées ce dimanche. « Le feu, ce n'est pas si commun en Formule 1, rappelle le délégué médical adjoint de la FIA. Tous les matins de Grand Prix, nous faisons une check-list des scénarios possibles : voitures dans la barrière, sur le toit, etc. Nous avions déjà parlé de ce scénario avec du feu, même si nous ne sommes pas entrainés spécifiquement pour faire face au phénomène. »

Le calme et la lucidité du médecin face au brasier ont impressionné. « Je n'ai pas été blessé pendant le sauvetage, ma combinaison a seulement un peu fondu, dit-il. Il fallait jauger le risque. Nous faisons toujours une vérification de la scène d'accident avant de nous lancer. Il y a toujours le danger que quelqu'un que nous n'ayons pas vu se trouve de l'autre côté de la barrière. Il y aurait pu avoir un commissaire touché par des débris que nous n'aurions remarqué qu'après coup. Donc c'est toujours important de faire un check-up. C'est un travail d'équipe, nous travaillons de façon rapprochée avec le contrôle de course. Dans la voiture, nous avions un docteur national avec nous, mais il y avait aussi sur le circuit une équipe médicale, des commissaires, des secouristes. Ils ont tous fait un énorme travail, en équipe, il n'y avait pas que moi. »

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