F1 - GP d'Espagne - F1 : le carnet de notes du Grand Prix d'Espagne

L'Equipe.fr
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Qui a brillé à Barcelone ? Qui s'est loupé ? Retrouvez notre carnet de notes du Grand Prix d'Espagne, remporté dimanche par Lewis Hamilton, avec plus ou moins de mauvaise foi. Un long fleuve tranquille. La course de Lewis Hamilton aura été une nouvelle promenade de santé pour le Britannique qui n'a jamais quitté la première place tout au long des 66 tours. Une fois le piège du départ parfaitement géré, contrairement à Valtteri Bottas, il a contrôlé sa course en se permettant de rouler « doucement » lors des premiers tours pour ne pas faire surchauffer ses pneus. Incapable de les faire durer la semaine dernière lors du Grand Prix du 70e anniversaire, le Britannique a rectifié le tir en Catalogne pour s'offrir une quatrième victoire cette saison, la 88e victoire en carrière. En obtenant son 156e podium, il dépasse le record de Michael Schumacher. Seul point négatif pour le champion du monde en titre, il s'est fait subtiliser le point du meilleur tour en course par son coéquipier. Le Finlandais s'est même permis d'établir un nouveau record de la piste.

Il n'a peut-être fini « que » septième mais, au vu de ses difficultés depuis le début de la saison, cela sonne presque comme une victoire pour l'Allemand. Sebastian Vettel a d'ailleurs été élu pilote du jour sur le site de Formula 1. Il se rapproche ainsi de son meilleur résultat de 2020, une sixième place au Grand Prix de Hongrie. Hormis ça ? Deux 10e places aux Grand Prix d'Autriche et de Grande-Bretagne. Un bilan bien maigre pour un quadruple champion du monde. lire aussi Vettel : «Nous n'avions rien à perdre» Après s'être élancé de la onzième place, il a profité de la stratégie à un arrêt mis en place par Ferrari - malgré trois tours d'incertitude - pour devancer Alexander Albon, Pierre Gasly et Lando Norris. En inscrivant six unités sur ce Grand Prix d'Espagne, Vettel devient le deuxième pilote de l'histoire à dépasser la barre des 3 000 points en carrière derrière... Lewis Hamilton.

Si les Mercedes n'ont réussi qu'un doublé depuis le début de la saison, c'est en grande partie à cause de Max Verstappen. Avec une victoire et trois deuxièmes places, il a régulièrement contrecarré la suprématie de l'écurie de Toto Wolff. Et il l'a encore prouvé ce dimanche. Troisième sur la grille de départ derrière les deux Flèches d'Argent, le Néerlandais a surpris Valtteri Bottas dès le départ pour s'emparer de la deuxième place. Verstappen a également pu compter sur l'aide inattendue de Lance Stroll qui a également doublé Bottas au départ puis contenu le Finlandais pendant plusieurs tours. Des arrêts aux stands parfaitement réussis, malgré une colère à la radio contre son équipe qui voulait le garder en piste à la fin du premier relais, et le pilote Red Bull a tranquillement conservé le rang qu'il s'était approprié à l'extinction des feux.

Le Français est aussi mordant en interview que sa Haas est lente sur la piste. Alors qu'il avait entamé la manche espagnole du Championnat du monde rempli d'espoir grâce à sa cinquième place lors de la deuxième séance d'essais libres, il a rapidement déchanté le lendemain en qualifications (17e). Les changements effectués sur sa monoplace par les mécaniciens à la suite de problèmes touchant son moteur ont modifié en profondeur les sensations de Romain Grosjean. À tel point qu'à l'issue de la course, il a considéré que « c'était peut-être la pire voiture (qu'il ait) conduite de (s)a vie. » Avant cela, il s'est frotté aux Alfa Romeo et a provoqué la colère de Kimi Räikkönen pour un mouvement dangereux en plein dépassement du Finlandais. Il a perdu une pièce de son fond plat en voulant doubler Antonio Giovinazzi puis a fini dernier après un tête-à-queue. En matière d'animation, au moins, le Français a fait le boulot... lire aussi La course des Français : Pierre Gasly sauve les apparences au GP d'Espagne Les semaines se suivent et ne se ressemblent pas pour Renault. L'écurie française peine à faire preuve de constance sur ces six premières courses. Si Daniel Ricciardo et Esteban Ocon sont rentrés dans les points trois fois chacun, ils ne l'ont fait qu'une fois conjointement. C'était lors du Grand Prix de Grande-Bretagne avec la quatrième place de l'Australien et la sixième du Français. En Espagne, Cyril Abiteboul a vu les siens réaliser le premier zéro pointé de la saison. Déjà en manque de vitesse en qualifications, ils n'ont pu compenser le manque de rythme par leur stratégie à un seul arrêt qui avait fait le bonheur d'Ocon le week-end dernier. Le Tricolore s'attend à vivre une meilleure course à Spa dans deux semaines. On l'espère pour lui. lire aussi Esteban Ocon : «La course était très longue» Il y a eu autant d'animation sur le circuit de Catalogne qu'un long dimanche de pluie en plein coeur de l'hiver. Romain Grosjean avait prévenu, le Grand Prix d'Espagne est l'une des courses de la saison où il y a le moins de dépassements. Et cela s'est vérifié aujourd'hui. Les rares dépassements, souvent dus à des pneus usés et qui précédaient généralement un arrêt aux stands, n'ont jamais accouché de batailles féroces pour conserver sa position. Lorsque la course aurait pu gagner en intérêt, il n'en a rien été. lire aussi Le compte-rendu de la course Le tête-à-queue de Charles Lecerc en plein virage avec un écran éteint sur le volant n'a finalement pas contraint le Monégasque à abandonner puisque celui-ci a pu repartir... après avoir détaché ses ceintures de sécurité. La Safety Car, qui aurait (peut-être) pu rebattre les cartes, ne rentra donc pas en piste. Malgré un ciel barcelonais menaçant, la pluie n'a jamais fait son apparition non plus. Et nous, on s'est franchement ennuyé.