F1 - GP d'Espagne - F1 : les Grands Prix d'Espagne les plus mémorables

L'Equipe.fr
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Ce dimanche aurait dû avoir lieu le Grand Prix d'Espagne, reporté à cause de la pandémie de coronavirus. Replongeons-nous dans les éditions les plus spectaculaires de l'épreuve catalane, au calendrier depuis 1991.1991 : le duel Mansell - SennaCinquième tour du premier Grand Prix d'Espagne organisé sur le circuit de Barcelone, le 29 septembre 1991 : Nigel Mansell et Ayrton Senna se retrouvent côte à côte sur la longue ligne droite des stands, qui fait un peu plus d'1 km. Sur la piste humide de Montmelo, c'est le Britannique, au volant d'une Williams, qui est à l'attaque sur la McLaren du Brésilien. Mansell, deuxième sur la grille, a loupé son départ et s'est retrouvé quatrième dès le premier tour. Mais, devancé de 24 points au Championnat par... Senna, à trois courses de la fin de saison, il n'a plus rien à perdre, et attaque fort.À cette époque, il n'y a pas de chicane avant le dernier virage du circuit, et la Williams peut donc profiter à plein de l'aspiration pour revenir sur la McLaren. Au milieu des étincelles, à 280 km/h, aucun des deux pilotes ne veut céder, mais c'est bien Mansell qui prend l'avantage, grâce à un freinage très tardif. Il sort donc vainqueur, face au futur champion du monde, du duel en ligne droite probablement le plus célèbre de l'histoire de la F1. Senna repasse devant le Britannique quelques tours plus tard, lors d'un arrêt aux stands, mais un tête-à-queue condamne le Brésilien, et c'est bien Mansell, après avoir pris l'avantage sur l'autre McLaren, celle de Gerhard Berger, qui s'impose.1994 : Schumacher bloqué en 5e« Je creusais le trou facilement quand la boîte a commencé à faire des siennes, jusqu'à ce qu'elle se bloque en 5e », déclare Michael Schumacher, deuxième, à l'arrivée du GP d'Espagne 1994. Ses rivaux sur le podium, Damon Hill, qui vient de redonner grâce à sa victoire un léger sourire à son équipe Williams quelques semaines après la mort d'Ayrton Senna, et Mark Blundell, sont dubitatifs. Et pourtant, les données télémétriques le confirment : à partir du 21e tour, la boîte de vitesses de la Benetton de l'Allemand est bien restée bloquée sur le 5e rapport. Au moment de ce souci mécanique, Schumacher se balade alors en tête de la course, comme il domine le début du Championnat (quatre victoires consécutives).Toute l'actu de la F1Malgré cet écueil, qui le contraint à passer des virages lents en 5e, l'Allemand parvient à faire mieux que résister à ses adversaires, et son moteur Ford démontre toute sa souplesse pour résister jusqu'à l'arrivée. « Au début, ce problème me faisait tourner en 1'32", mais j'ai réussi à trouver un moyen de mieux utiliser ce 5e rapport et j'ai pu retourner en 1'26", raconte encore l'Allemand. Je pense que mon expérience du Groupe C, où il fallait piloter très différemment qu'en F1 pour ménager l'essence et les pneus, m'a pas mal aidé. Oui, c'est en modifiant mon pilotage que j'ai évité le pire aujourd'hui. »1996 : Schumacher sur les traces de SennaEncore une performance historique pour Michael Schumacher en Catalogne, mais cette fois pour des raisons bien différentes. Ayrton Senna, en 1993, était entré dans la légende de la F1 sur le circuit de Donington en s'imposant de manière magistrale sous la pluie, dépassant notamment quatre pilotes lors d'un premier tour d'anthologie. Schumacher a lui aussi connu un moment où il a marché sur l'eau, le 2 juin 1996, pour signer sa première victoire avec Ferrari.Contrairement à son illustre aîné, l'Allemand n'a pas réussi un premier tour exceptionnel en Catalogne. Troisième sur la grille, il se retrouve même sixième au moment d'aborder la deuxième boucle, à cause d'un problème d'embrayage au départ. Mais la suite de sa course est limpide. En quelques tours seulement, il dépasse consécutivement Gerhard Berger (Benetton), Jean Alesi (Benetton) et Jacques Villeneuve (Williams). Et se retrouve leader au 12e tour. Une place qu'il ne va pas lâcher, pour s'imposer avec 45" d'avance sur Alesi.2001 : Häkkinen le mauditUne course n'est jamais terminée tant que la ligne d'arrivée n'est pas franchie. Une évidence qui résonne douloureusement pour Mika Häkkinen ce 29 avril 2001. Le Finlandais avait pourtant tout bien fait pour s'imposer en Catalogne. Parti deuxième, il s'accroche à la Ferrari de l'Allemand en début de course. Et entre ses deux arrêts aux stands, il passe à l'attaque, ce qui lui permet de ressortir en tête après son deuxième passage.Sa McLaren file alors vers la victoire, qui ne peut plus lui échapper, sauf coup du sort. Mais, à l'abord du dernier tour, alors que Häkkinen a réussi à creuser un écart de 40 secondes sur Schumacher, de la fumée s'échappe de la monoplace anglaise. Le moteur Mercedes est en train de lâcher, et le Finlandais doit abandonner au virage 7. De nombreux pilotes le dépassent et il termine la course classé, mais à la 9e place, en dehors des points. « Je suis désolé pour lui, c'est lui qui devrait être assis à la place du vainqueur, déclare l'Allemand en conférence de presse. Il n'a pas commis une seule erreur et parfois la course est dure. C'est vraiment dommage pour lui que ce soit arrivé si près de la fin de la course, ça a dû être un vrai choc pour lui. »2012 : Maldonado réveille WilliamsSi Pastor Maldonado, auteur de 96 départs entre 2011 et 2015, est surtout connu pour ses accrochages et sorties de piste à répétition, il est aussi devenu le premier Vénézuélien à s'imposer en F1, le 13 mai 2012 à Barcelone. Le samedi, deuxième des qualifications, il hérite pourtant de la pole après la disqualification de Lewis Hamilton (McLaren), accusé d'avoir délibérément stoppé sa monoplace en piste pour qu'il reste assez d'essence à bord.Maldonado, 27 ans à l'époque et une petite vingtaine de Grands Prix au compteur, s'élance donc de la première place. Il se fait déborder au départ par la Ferrari de Fernando Alonso, mais le Vénézuélien, plein de calme et de maîtrise pour économiser ses pneus, parvient à tenir le rythme de l'Espagnol. Et grâce à une stratégie plus réactive, son équipe lui permet de récupérer la première place, définitivement, au 47e tour. Frank Williams fête donc ses 70 ans avec une victoire, la première depuis le Brésil en 2004. La célébration est cependant gâchée par un incendie dans le stand de l'écurie anglaise.2016 : Verstappen entre dans l'histoireEn F1 comme ailleurs, le malheur des uns fait parfois le bonheur des autres. Et difficile en effet d'imaginer Max Verstappen remporter le GP d'Espagne 2016 sans l'accrochage du premier tour entre les Mercedes. Le Néerlandais, à peine arrivé chez Red Bull quelques jours auparavant, pour remplacer Daniil Kvyat rétrogradé chez Toro Rosso, a parfaitement profité de cette opportunité offerte avec l'élimination précoce des deux Flèches d'Argent. Cette saison-là, après avoir été battu pour le titre deux années de suite par Lewis Hamilton, Nico Rosberg domine son coéquipier, avec quatre victoires lors des quatre premières courses.Les grandes étapes de la carrière de VerstappenLa tension commence à devenir palpable dans le clan Mercedes, et le départ de la course catalane en est une illustration : Rosberg prend un meilleur départ que Hamilton et le dépasse au premier virage, mais une mauvaise manipulation sur son volant permet au Britannique de revenir, et ce dernier attaque son rival dans la ligne droite avant le virage 4. Rosberg tasse Hamilton dans l'herbe et les deux monoplaces s'accrochent. Double abandon.Les Red Bull, Daniel Ricciardo devant Verstappen, profitent de cet incident pour mener la course. Mais les deux coéquipiers sont sur une stratégie différente (trois arrêts pour l'Australien, deux pour le Néerlandais) qui va profiter à Verstappen. Et c'est plutôt Kimi Räikkönen (Ferrari) qui va embêter le fils de Jos pendant plus de 20 tours. Mais Verstappen ne cède pas face à la pression, et à 18 ans, 7 mois et 15 jours, il devient le plus jeune pilote à mener une course, à monter sur un podium et à gagner un Grand Prix. Il est également le premier Néerlandais à s'imposer en F1.