F1 - GP de Grande-Bretagne - Les qualifications, près de 25 ans d'évolution du format

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À Silverstone ce week-end, un nouveau format de qualifications va être inauguré. Ce n'est pas la première fois - ni la dernière - que la manière dont la Formule 1 désigne son poleman est modifiée. Retour sur les précédents exercices, pas toujours brillants.

1996-2002 : la douzaine pour s'élancer
L'image des pilotes, portée par le souvenir de Senna lancé dans ses chronos infernaux à Monaco en 1988, laissés à leur plaisir de tourner pour claquer des temps, a disparu cette année-là. Pour la première fois, des contraintes sont imposées aux équipes : une heure de séance qualif pour douze tours autorisés par voiture. Malgré de grands moments sans personne en piste, le spectacle est au rendez-vous et le sportif préservé, avec la qualif de 1997 en point culminant de l'époque : le samedi du titre à Jerez, trois pilotes (dont les deux prétendants à la couronne Villeneuve et Schumacher) signent le même chrono au millième près.

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2003-2005 : la beauté du tour solitaire
Vient ensuite l'idée de muscler le premier jour d'essais. Alors, après une séance d'essais libres, les pilotes se lancent, à tour de rôle et dans l'ordre du classement du Championnat, dans un tour chrono. Le résultat donnera l'ordre de départ inversé de la qualif du samedi. Cette nouvelle formule avait ses avantages : permettre une meilleure visibilité de chaque voiture et offrir un enjeu sportif dès le vendredi (Webber ou Trulli ont démontré au volant de voitures « normales » que sur un tour, c'étaient de très rapides).

Elle avait également ses inconvénients : de l'ennui lorsque les petits s'élançaient, le manque de dramatisation et la possibilité de contourner le règlement pour les meilleurs. En 2004, à Silverstone justement, les deux Ferrari sabotent leur préqualif pour partir tôt le samedi, avant l'averse programmée en fin de session. Mal leur en prit, la pluie ne tomba qu'après la séance et le local Button sur sa BAR priva Schumi de la pole qui lui était promise.

2005, le grotesque du temps cumulé
Comme souvent quand tout fonctionne, une idée aussi sotte que grenue voulut que le législateur décide de prendre le temps du samedi auquel serait ajouté un chrono réalisé le dimanche matin pour dessiner la grille. En plus de l'impossibilité pour les médias de communiquer la grille du GP dans leur édition du dimanche, le résultat de cet exercice de pilotage rapide avec des temps qui dépassaient les trois minutes rendait la F1 clairement peu lisible et surtout lente. Abandonné au bout de six GP.

2016, le ridicule de l'élimination
Là, on touche au sublime. Contre l'avis général des écuries, des pilotes et de l'opinion, la FIA et la F1 lancent un système d'élimination au chrono. Toutes les 90 secondes, le moins bon temps est éliminé. Le côté Ford Boyard mâtiné de Koh Lanta a dû séduire, sur le papier, même si les ingénieurs préviennent dès les tests hivernaux du grotesque du système. Dès l'ouverture de la saison en Australie, le ridicule saute aux yeux : des pilotes sont éliminés alors qu'ils sont encore au garage et le poleman signe son chrono quatre minutes avant la fin de séance. Seconde tentative tout aussi ubuesque à Bahreïn avant de, enfin, revenir, aux vieilles - et bonnes - habitudes qui durent encore.

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