F1 - Les tops et les flops du Grand Prix du Brésil

Deuxième à Interlagos, Pierre Gasly est le plus jeune Français à grimper sur un podium
Deuxième à Interlagos, Pierre Gasly est le plus jeune Français à grimper sur un podium

FORMULE 1 - Pleine de rebondissements et finalement haletante, la course disputée ce dimanche sur le circuit d’Interlagos a illustré le caractère parfois facétieux des dieux de la F1. Yahoo Sport reprend son souffle et distribue les bons et les mauvais points.

Les tops

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Verstappen/Gasly, duo recomposé : 28 ans après la dernière victoire d’un moteur Honda au Brésil, obtenue par l’icône locale Ayrton Senna au volant d’une McLaren, la marque japonaise a renoué avec le succès et même signé un superbe et inattendu doublé. Aussi impérial en course qu’il l’avait été en qualifications, Max Verstappen a pris une superbe revanche, un an après son accrochage avec la Force India d’Etseban Ocon alors que le succès était en vue. Pour la première fois de sa carrière, le prodige de Red Bull double pole et victoire. Par la même occasion, il s’empare fermement, et avec le concours involontaire des Ferrari (voir plus bas), de la 3e place du Championnat du monde des pilotes. Après quelques moments d’errance ces dernières semaines, le Néerlandais a rappelé à tout le monde que lorsqu’il sent l’odeur du sang, personne n’est vraiment en mesure de lui résister. Derrière lui, ce n’est donc pas l’autre Red Bull d’Albon, encore 2e à deux tours de l’arrivée, mais bien la modeste Toro Rosso de Pierre Gasly qui a tiré les marrons du feu d’une fin de course complètement folle. Au-delà du pied de nez à la maison mère, qui l’avait rétrogradé en catimini cet été, ce résultat inespéré est forcément savoureux pour le Français, qui confirme son retour en forme depuis qu’il a retrouvé l’écurie italienne, devenant au passage le plus jeune Français à signer un podoum. Il fait également une excellente opération au classement pilotes, où il a repris la 6e place à un GP de la fin !

Sainz, un héros très discret : La perf” la plus phénoménale de ce Grand Prix dément aura eu lieu dans l’ombre. 20e et dernier sur la grille après une séance de qualifications qui avait tourné au désastre (un problème sur son moteur l’avait empêché de signer le moindre chrono en Q1), Carlos Sainz a même réalisé l’un des plus improbables exploits de ces dernières années en F1 en amenant sa McLaren jusqu’à la 3e place ! Décevantes en qualifications (Norris éliminé en Q2), les monoplaces anglaises ont certes su trouver un bon rythme en course, mais les 15 points décrochés par l’Espagnol doivent énormément à son talent. Le fils de l’ancien champion du monde des rallyes a ainsi de nouveau réalisé des prouesses dans la gestion de ses pneus, avec notamment un incroyable premier relais de 29 tours en gommes tendres, qui lui a permis de réussir une stratégie à un arrêt. Seul pilote dans ce cas, Sainz a aussi montré tout son sang froid sur les restarts pour conserver sa position. Si ce premier podium en carrière lui permet de garder ses chances intactes dans la course à la 6e place du classement pilotes (il est actuellement 7e, à égalité de points avec Gasly), l’Espagnol regrettera cependant sans doute de ne pas avoir pu le célébrer en bonne et due forme, puisque c’est bien Lewis Hamilton qui est monté sur la boîte avant d’être déclassé par les commissaires.

Les flops

Leclerc et Vettel sabordent Ferrari : Comme l’euphorie de la rentrée (avec trois victoires de suite en Belgique, en Italie et à Singapour) semble loin pour la Scuderia... Clairement retombés dans leurs travers du début de saison sur les deux dernières courses, les Rouges ont encore plus désespéré leurs tifosi ce dimanche qu’il y a deux semaines à Austin. Cette fois, cependant, ce ne sont ni les stratèges, ni les mécaniciens de Ferrari qui sont en cause. Les troupes de Mattia Binotto avaient même plutôt bien manœuvré pour mettre leurs deux pilotes en position de jouer leurs chances à fond dans une fin de course rendue ouverte par l’abandon de Bottas et par la safety car afférente. Et ce sont précisément Sebastian Vettel et Charles Leclerc qui ont tout gâché en négociant affreusement mal leur passe d’armes du 65e tour. A chaud, les deux coéquipiers, également furieux, reprochaient chacun à l’autre d’être responsable de l’accrochage. Binotto tranchera. En attendant, l’addition est lourde au classement pilotes, où Max Verstappen a mis la main sur la 3e place. Relégué à 30 points du Néerlandais, Vettel a perdu toute chance de le rattraper, tandis que Leclerc, qui comptait 14 unités d’avance sur Verstappen avant le Brésil, en a désormais 11 de retard, avant l’ultime explication dans deux semaines à Abu Dhabi.

Sans Toto, Mercedes rigole moins : Pour la première fois depuis le début de la domination de Mercedes sur la F1 en 2014, le team manager de l’écurie allemande, le charismatique Toto Wolff, était ce week-end absent d’un Grand Prix. Sans son boss, retenu au siège de Brackley pour travailler sur divers sujets, la marque à l’étoile a curieusement trébuché ce dimanche en course, où certains choix stratégiques ont surpris. Hasard ou coïncidence, les Flèches d’Argent, d’ordinaire si fiables, ont aussi connu leur premier abandon sur panne mécanique cette saison (casse moteur pour Valtteri Bottas). En fin de course, même l’inoxydable Lewis Hamilton a cédé à la fébrilité ambiante en tamponnant Albon, récoltant au final une pénalité qui le fait glisser en 7e place, son deuxième plus mauvais résultat de la saison (après sa 9e place en Allemagne). Déjà assurée du grand chelem aux classements généraux (titre constructeurs, titre et 2e place chez les pilotes), Mercedes n’a certes pas perdu grand chose dans l’affaire, mais on peut raisonnablement penser que de l’autre côté de l’Atlantique, Toto Wolff n’a pas dû apprécier...

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