Fabien Galthié avant Irlande-France : « Qui va nous empêcher de rêver fort samedi ? »

Fabien Galthié et l'équipe de France se préparent pour le choc face à l'Irlande samedi. (A. Mounic/L'Équipe)

Le sélectionneur Fabien Galthié est revenu ce jeudi midi sur les enjeux du choc face à l'Irlande, samedi (15h15), en marge de l'annonce d'une composition d'équipe qui ne comporte aucun changement dans le quinze de départ par rapport au match face à l'Italie.

Un quinze de départ inchangé« C'est la performance, d'abord, qui a motivé ce choix. Avec une victoire en Italie (29-24) et un bonus offensif, on a atteint les objectifs du premier match. La cohérence, aussi, puisque ça fait trois semaines qu'on travaille avec ce quinze de départ. La cohérence, c'est l'expérience collective à l'entraînement, la recherche de l'homogénéité. À notre niveau, on n'a pas trop de temps, donc c'est important de créer une structure stratégique et tactique cohérente.

Nous avons aussi confiance en ce groupe de joueurs qui depuis trois ans avance ensemble. Il n'y a pas de surprises dans ce quinze de départ, pas de surprises non plus dans ce groupe de finisseurs. Il nous semble que c'est notre meilleure équipe de France aujourd'hui pour le 32e match de notre aventure. »

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Le retour de Cros et Couilloud sur le banc« Ils vont nous amener l'expérience collective, le vécu commun. François Cros, je ne pense pas que ce soit nécessaire de le présenter. Même s'il revient de blessure, il était du Tournoi des Six Nations 2022, de la tournée précédente, c'est un joueur qui a une grande connaissance de l'équipe, une grande connaissance du niveau international. C'est un joueur très important dans notre groupe, il rentre sur ce banc de finisseurs à six avants qui nous donne différentes options pour être dans le match jusqu'à la fin. Baptiste Couilloud a aussi un vécu important avec nous depuis les premiers rassemblements. »

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L'indiscipline face à l'Italie« Avant l'Italie, on était la deuxième meilleure équipe au monde en termes de discipline, justement derrière la Nazionale. L'Italie tournait à 9,2 pénalités concédées en moyenne par match et la France à 9,4. Et vous avez vu ce qui s'est passé ? On a multiplié par deux notre moyenne de pénalités concédées par match. Ce qui est intéressant, c'est de comprendre ce qui s'est passé et comment on a été mis en difficulté dans ce domaine-là.

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C'est un domaine qu'on avait déjà travaillé de manière prioritaire à Capbreton pendant les trois premiers jours du rassemblement, parce qu'on a toujours besoin de préparer les joueurs à une autre forme d'arbitrage. Mais par expérience, si vous prenez nos premiers matches de chaque rassemblement, on est toujours autour de 15, 16 ou 17 pénalités contre nous. Après, au deuxième match, on divise par deux et on reste dans cette moyenne-là, autour de 9 jusqu'au bout.

Sans s'affoler, de manière lucide, on a donc travaillé sur les points d'amélioration, sans considérer ça comme un point faible, car la discipline est un point fort chez nous. Si on avait gagné avec moins de fautes à Rome, on aurait quand même continué à travailler la connaissance de la règle car c'est notre point fort. »

L'évolution de l'Irlande« Déjà, c'est l'équipe n°1 au monde, ça veut dire que c'est la meilleure, parce qu'il n'y a qu'une meilleure équipe au monde. Et ce depuis cet été. Ils tiennent ce rang depuis le mois de juin. Et pour y parvenir, il faut enchaîner les performances, parce qu'on voit bien que même 14 victoires d'affilée ne te donnent pas la première place mondiale. Quand on dit ça, on a tout dit. Le sélectionneur Andy Farrell a pris la suite de Joe Schmidt, qui avait déjà fait de l'Irlande une grande nation du rugby mondial. Il a su s'appuyer sur les forces du rugby irlandais, c'est-à-dire un jeu offensif qui est millimétré et qui est signé Leinster, qui est signé Jonathan Sexton. Quand vous voyez jouer le Leinster, vous voyez jouer l'équipe nationale d'Irlande. Sur le quinze de départ il y aura 9 joueurs du Leinster.

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Il y a cette patte offensive reconnue par le monde du rugby comme quelque chose de remarquable. Et ils ont aussi des joueurs merveilleux et surtout un réservoir qu'ils arrivent à alimenter de manière régulière. On a parfois l'impression que des joueurs qui sortent seront durs à remplacer, et d'autres prennent la place et s'installent. C'est ce qui fait que cette équipe arrive à rester performante depuis le début du mandat de Joe Schmidt. C'est magnifique, on ne peut qu'être admiratif de ça. Chaque match du Tournoi est une finale, mais celle-là sera contre un des plus beaux adversaires qu'on a affrontés depuis maintenant 32 matches. »

L'Aviva Stadium« On n'a pas encore joué à l'Aviva dans ces conditions-là, dans un stade plein. Souvent je dis aux joueurs "bienvenue dans le magnifique, dans le sublime". Qui veut échanger sa place au coup d'envoi dans un tel contexte, qui veut sortir ? Il y a peu de joueurs qui lèvent le doigt. C'est ce genre de match qui donne le sens à une partie de notre engagement. C'est être là, ensemble, à faire corps, à porter le projet, à défendre et attaquer, à être ambitieux. Qui va nous empêcher d'être ambitieux samedi ? Qui va nous empêcher de rêver fort samedi ? Personne. Le public irlandais va nous accompagner là-dedans. C'est une chance de jouer dans cette ambiance-là. Le public va être le 16e homme, mais il ne sera pas sur le terrain, il ne va pas plaquer, ne va pas pousser en mêlée. Ça sera quinze hommes contre quinze hommes. »

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