Fabien Lemoine (ex-Lorient) : « Si, au 30 septembre, je n'ai rien... »

Après cinq saisons à Lorient, Fabien Lemoine est libre de tout contrat. (P. Lahalle/L'Équipe)

À 35 ans, Fabien Lemoine, qui n'a pas été conservé par Lorient, espère encore trouver un projet qui le motive. Sinon, il mettra un terme à sa carrière.

Il attendait, il espérait, il n'a rien vu venir. Fabien Lemoine, arrivé en fin de contrat au FC Lorient le 30 juin dernier, n'a reçu aucune proposition de prolongation, après cinq saisons dans le Morbihan, alors qu'il le souhaitait ardemment. Mais le milieu de terrain aux près de 500 matches en professionnel, passé également par Rennes (2007-2011) et Saint-Étienne (2011-2017), ne peut se résoudre à mettre un terme ainsi à sa carrière, motivé pour un ultime défi. Même à 35 ans.

« À trois jours du terme du mercato, dans quel état d'esprit êtes-vous ?
Je sais que plus les jours passent, moins ça sent bon. Il ne faut pas se le cacher, même si je suis libre et que je pourrai toujours signer quelque part après. S'il ne se passe rien à la fin du mercato, les espoirs se réduiront encore un peu plus. Mais j'ai envie de kiffer encore au moins un an. Je m'entraîne sur le plan athlétique depuis deux mois, et tout va bien physiquement. Je n'ai pas fait le deuil de ma carrière, je ne me suis pas préparé à ça.

« C'était dans les tuyaux que je puisse repartir pour un an, avec un statut différent, plus dans un rôle de « complémentarité » d'effectif. J'y étais prêt, mentalement et contractuellement »

Comment s'est terminée l'histoire à Lorient ?
Même s'il n'y a jamais eu de négociations, j'avais l'espoir de prolonger. Ça a été évoqué en fin de saison. C'était dans les tuyaux que je puisse repartir pour un an, avec un statut différent, plus dans un rôle de « complémentarité » d'effectif. J'y étais prêt, mentalement et contractuellement. Je suis donc parti en vacances avec un état d'esprit positif. Puis j'ai compris que certaines choses pourraient être différentes avec la nomination d'un nouveau coach et la volonté de réduire l'effectif.

Sans nouvelle concrète du club, n'avez-vous pas essayé de regarder ailleurs ?
Je n'ai pas voulu jouer sur plusieurs tableaux, car ma priorité était Lorient. Les choses ont traîné et je suis passé à côté de certaines opportunités, comme Amiens (L2) et Versailles (N), mais il n'y avait rien de concret, non plus. Mon regret est que, le mercato commençant le 9 juin, je ne l'ai vraiment démarré que le 14 juillet. J'ai perdu plus d'un mois.

Vous avez rencontré le nouvel entraîneur de Lorient, Régis Le Bris. Quelle a été la teneur de vos échanges ?
Il voulait d'abord voir tous les joueurs sous contrat et il m'a ensuite reçu, le 6 juillet. Il n'a pas voulu continuer avec moi en raison de mon âge et de mon temps de jeu de la saison dernière, ayant été blessé à un mollet (21 matches de L1, 13 titularisations). Il m'a dit qu'il aurait bien aimé me connaître cinq ou dix ans plus tôt. Sa vision du foot correspondait à mon profil, mais il avait des craintes et comme il voulait recruter... Je lui ai dit : '' Je respecte ta décision, mais je ne la valide pas, car je ne suis pas d'accord. Je peux encore apporter, même différemment. Mais, au moins, tu as eu l'honnêteté de me recevoir et de trancher. ''

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Par la suite, avez-vous eu des offres concrètes ?
J'ai eu une vraie offre de Guingamp (L2), le 15 juillet. On a discuté quelques jours, mais ils ont finalement pris (Warren) Tchimbembé (prêté par Metz, L2). Si j'avais été sur le marché plus tôt...

Malgré ce timing serré, n'êtes-vous pas étonné de ne pas avoir eu davantage d'offres, eu égard à votre CV ?
Non, car je sais dans quel milieu on vit. Je peux comprendre certains clubs. Il y a le contexte de la saison passée, où j'ai moins joué. Et pour beaucoup de clubs, le budget était déjà ficelé, la masse salariale à son maximum. Je sais par où je suis passé la saison dernière, j'ai aussi eu quelques soucis personnels. Sans pour autant partir dans la peau d'un titulaire, je me suis battu et j'ai démarré. Puis je suis revenu en fin de saison et ça s'est très bien passé. Je voulais prouver qu'on pourrait repartir avec moi, que j'avais le niveau dans ce Championnat.

« Le vestiaire me manque, comme les entraînements, les relations avec les gens... »

Qu'êtes-vous prêt à accepter, aujourd'hui ?
Je suis prêt à relever un dernier challenge, car je veux encore vivre de belles émotions. J'aimerais un club avec certaines infrastructures, un stade avec une ambiance et un projet assez ambitieux, pour jouer les premiers rôles en Ligue 2, voire en National. Le vestiaire me manque, comme les entraînements, les relations avec les gens...

Vous êtes-vous fixé une deadline ?
Tout le monde me dit d'attendre jusqu'à la fin du mercato hivernal. Mais si on ne me prend pas là, alors que je suis libre, et qu'il y a déjà eu un certain nombre de journées disputées... À un moment donné, il faut savoir dire stop. Si, au 30 septembre, après la trêve, je n'ai rien, je me regarderai dans la glace, j'irai ranger mes crampons et je penserai à la suite.

La suite, justement, devrait passer par un retour au FC Lorient, qui songe à vous proposer une reconversion...
On discute et on a pas mal avancé. Dans un premier temps, durant 12, 18 mois, il s'agirait d'une découverte des différents services pour apprendre comment un club fonctionne de l'intérieur. J'ai créé beaucoup de liens à Lorient. On verra les besoins, ce que je peux apporter en fonction de mes compétences, de mon expérience. Rien n'est encore défini. Ça pourrait être autour du développement du club, les relations avec les partenaires... »