Pour Fahid Ben Khalfallah, l'Australie, adversaire des Bleus, est « moins forte que la Tunisie »

Fahid Ben Khalfallah, ici en 2015. (P. Lahalle/L'Equipe)

Fahid Ben Khalfallah, Franco-tunisien parti terminer sa carrière en Australie, où il vit depuis, estime que les Socceroos, opposés à l'équipe de France ce mardi (20 heures), alignent l'équipe la plus faible du groupe D.

Né à Péronne (Somme), Fahid Ben Khalfallah (40 ans), ancien ailier droit de la Tunisie (17 sélections et 2 buts, 2008-2011) est venu terminer sa carrière en Australie, de 2014 à 2018. Il ne l'a plus quittée depuis. Reconverti agent de joueurs, il porte dès lors un regard aiguisé sur les forces et faiblesses de la sélection de son pays d'adoption.

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« À quel type de confrontation les Bleus doivent-ils s'attendre, ce mardi soir ?
Les Australiens possèdent moins de qualité et d'expérience qu'en 2018. Mais ce sont des bosseurs, ils ont des jambes et ils vont courir. Physiquement, ils seront prêts. Tactiquement, ils restent bien en place. Sur un match, ils sont capables d'embêter la France, qui avait d'ailleurs galéré pour les battre, il y a quatre ans (2-1).

Quels sont les principaux joueurs dont il faudra se méfier ?
Mathew Ryan, le capitaine, est fort dans sa cage. Derrière, Graham Arnold (le sélectionneur) a appelé Kye Rowles, depuis un an. C'est un défenseur central gaucher, parti en début d'année à Hearts (Écosse). Il va vite et techniquement, il est propre. Mais il se remet à peine d'une fracture du métatarse. Pareil pour Harry Suttar, l'axial droit. C'est un géant (1,98 m) et un buteur, surtout sur coups de pied arrêtés (6 buts en 10 sélections). C'est aussi également l'un des rares à jouer en Angleterre. Mais à Stoke City, en Championship (D2). Lui aussi, a été blessé (rupture des ligaments croisés, le 15 novembre 2021) et donc, peu joué cette saison (3 matches). Au milieu, Aaron Mooy, qui évolue au Celtic Glasgow (Écosse) sous la direction d'Ange Postecoglou, son compatriote et ancien sélectionneur (2013-2017), est la plaque tournante. Il ne va pas très vite mais il voit bien le jeu et il bosse. Pour moi, c'est leur meilleur joueur. Meilleur qu'Ajdin Hrustic, le numéro 10 du Hellas Verone (Italie).

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Si tu enlèves Mooy, ce n'est plus la même équipe. Surtout que Tom Rogic ne figure pas dans la liste. Il a quitté la sélection pour raisons personnelles en mars, puis le Celtic pour West Bromwich (Angleterre) cet été, où il ne joue guère. C'est dommage, car il a un super pied, avec lequel il est capable de débloquer un match. Les autres peuvent être bons sur un match. Mais sans garantie. Car on ne va pas se mentir : l'Australie est plus que moyenne, moins forte même que la Tunisie. Jamie Maclaren, par exemple, est le meilleur buteur de la A-League depuis trois ans. Mais il reste un buteur local. Il ne pèse pas au niveau international. L'ailier gauche et vice-capitaine Mathew Leckie a engrangé beaucoup d'expérience en Allemagne. Mais il est revenu à Melbourne City l'an passé, et il se trouve plus sur la fin.

Le vrai point fort des Socceroos, c'est leur mental ?
Oui. Après s'être qualifiés "à l'arrache", ils n'ont plus rien à perdre et ils fourniront les efforts les uns pour les autres. Comme il n'y a pas de stars, il n'y a pas de problèmes d'ego.

La nouveauté, c'est la présence de trois réfugiés du Soudan du Sud ?
Oui, et cela montre l'ouverture du pays, alors que c'était hyper compliqué avant avec les aborigènes. Tu ne sens plus de racisme. J'habite dans un quartier juif à Melbourne, où il y a aussi une forte communauté grecque et italienne. Tu peux t'habiller à l'africaine, porter le voile ou la kippa, sans que cela pose de problème.

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Le défenseur Thomas Deng et les attaquants Awer Mabil et Garang Kuol peuvent-ils en poser un aux Bleus ?
Je ne suis pas sûr que Deng jouera beaucoup. Awer, j'ai joué contre lui. C'est un joueur différent. Il va vite, percute et il a de la folie dans les pieds. Il n'est pas fini comme joueur techniquement mais il arrive dans le bon âge. Quant à Garang, il fait le buzz depuis avril et ses débuts en A-League, à 17 ans. En douze entrées, il a marqué six buts et délivré trois passes. Le président de la Fédération avait le droit de choisir deux joueurs pour le A-Leagues All Stars Game. Il a pris Kuol, il est entré à l'heure de jeu et il a mis le turbin au Barça (2-3, le 25 mai) ! Comme quoi, tout est possible, avec les Australiens. Mais je serais vraiment surpris qu'ils arrivent à battre la France. Si elle marque dans le premier quart d'heure, ça peut partir en sucette. »