Ferrari dévoile la livrée de la 499P, son Hypercar pour les 24 Heures du Mans

La Ferrari 499P fera sa première apparition en course à Sebring en mars prochain. (philipprupprecht)

Ferrari a officiellement dévoilé samedi depuis Imola la livrée de son Hypercar, nommée 499P, qui rejoindra le WEC l'an prochain et participera aux 24 Heures du Mans.

Que les fans de Ferrari se rassurent, elle est rouge ! Enfin pas totalement, car des bandes jaunes parsèment la carrosserie de la 499P. C'est ainsi que le constructeur italien a choisi de nommer son Hypercar, officiellement dévoilée samedi lors des Finali Mondiali à Imola, qui participera dès la saison prochaine au WEC et donc aux 24 Heures du Mans, en face de Toyota, Peugeot et Porsche notamment.

Pourquoi ce nom de code ? P signifie prototype. Et c'est bien la nature de cette voiture, puisqu'elle ne sera pas produite en série. 499 fait référence à la cylindrée unitaire (499 cm3 x 6 cylindres), une nomenclature déjà utilisée pour les voitures de sport du cheval cabré (par exemple la 250 des années 60 avec un V12 de 3 litres).

Cette Hypercar est une LMH, c'est-à-dire que Ferrari, comme Peugeot avec sa 9X8 ou Toyota avec sa GR010, a tout conçu et construit de A à Z à Maranello. C'était une condition sine qua non pour le constructeur italien, a encore rappelé samedi le directeur des activités sportives GT, Antonello Coletta. Il était hors de question d'acheter des pièces à des fournisseurs, comme le permet la catégorie LMDh, qu'ont choisie Porsche, Cadillac ou BMW. Cela implique des coûts supplémentaires, un processus de développement plus long et complexe, mais cette 499P est le bébé de Ferrari.

Concernant les spécifications techniques, l'Hypercar italienne, hybride, sera propulsée par un V6 biturbo Ferrari de 680 ch aidé par un moteur électrique sur les roues avant d'une puissance de 200 kW (272 ch), pour une puissance maximale délivrée, limitée par la réglementation, de 500 kW (680 ch), avec un poids minimal de 1 030 kg, là aussi défini par le règlement.


Entre humilité et ambition

Maintenant que la livrée a été dévoilée, reste à savoir désormais quels seront les pilotes qui auront la charge, et la chance, d'aller défier ces prestigieux rivaux à Sebring en mars prochain pour la première manche de la saison 2023. Aucune annonce n'a été faite lors des Finali Mondiali, mais Ferrari promet que les six élus seront annoncés avant la fin de l'année. Et a répété qu'ils seraient choisis en interne, parmi les huit pilotes du programme GT (Alessandro Pier Guidi, James Calado, Antonio Fuoco, Alessio Rovera, Nicklas Nielsen, Miguel Molina, Davide Rigon et Daniel Serra) et les pilotes sous contrat avec le constructeur, comme Antonio Giovinazzi par exemple.

En attendant de se rendre en Floride, la 499P, dont les deux modèles porteront les n°50 (pour célébrer les 50 ans depuis la dernière apparition d'une Ferrari dans la catégorie reine de l'endurance avec la 312P) et n°51 (un des numéros qui a obtenu le plus de victoires), va poursuivre son programme d'essais débuté en juillet dernier. Grâce à deux voitures engagées conjointement, afin de pouvoir continuer le roulage en cas de problème mécanique, Ferrari a déjà pu effectuer plus de 12 000 km, mais souhaite encore approfondir sa connaissance de son nouveau bolide.

« Notre objectif est de parvenir à réaliser de vraies simulations d'endurance, de plusieurs heures, a expliqué Coletta. Nous avons besoin de faire le plus d'essais possible. Nous avons conscience que nous allons affronter des rivaux qui ont plus d'expérience que nous, nous arriverons donc avec humilité. Mais nous sommes Ferrari, nous nous devons aussi d'être ambitieux. Quoi qu'il en soit, le maître-mot de cette première saison sera la fiabilité. »