Ferveur populaire autour des Black Ferns au Mondial avant la demie face à la France

Les supporters néo-zélandais ont assisté samedi à une démonstration des Black Ferns face au pays de Galles en quarts de finale. (D. Rowland/Reuters)

Impitoyables depuis le début de la Coupe du monde, les Black Ferns, adversaires des Bleues en demi-finales, sont portées par un formidable élan populaire en Nouvelle-Zélande.

Tout n'avait pas idéalement commencé dans cette Coupe du monde pour la nation hôte. Menée 17-0 après trente minutes par l'Australie lors de son premier match, la Nouvelle-Zélande a depuis tout balayé sur son passage, à commencer par sa voisine océanique (41-17), avant d'humilier le pays de Galles (56-12) et l'Écosse (57-0), puis de repasser une couche sur les joueuses du Poireau hier (55-3), dans un quart de finale qui n'en avait que le nom et l'ambiance, mais pas vraiment la tension.


lire aussi

La Nouvelle-Zélande rejoint la France en demi-finales


L'effet Smith

Voir jouer cette équipe des Black Ferns ( « Fougères noires » en français), c'est un peu comme regarder la démo d'un jeu PlayStation : tout est tranchant, rapide, efficace. On en oublierait presque qu'il y a un an, la sélection était écrabouillée quatre fois de suite, par l'Angleterre (43-12, 56-15) puis la France (38-13, 29-7) au cours d'une tournée qui a mis en lumière les méthodes d'entraînement pour le moins contestables du sélectionneur Glenn Moore.

Accusé par plusieurs joueuses d'origine maorie ou des îles du Pacifique d'avoir eu des propos discriminatoires à leur encontre, le technicien a démissionné en avril et son remplaçant, le prestigieux Wayne Smith, membre du staff des All Blacks ces deux dernières décennies, a remis les choses à plat avec succès. Les stars comme Ruby Tui, légende du circuit mondial à 7, ou Portia Woodman, toute nouvelle recordwoman du nombre d'essais inscrits en Coupe du monde (homme et femme confondus), évoluent sur une autre planète et entraînent avec elles tout le groupe.


lire aussi

Calendrier/résultats de la Coupe du monde


Les joueuses, vedettes du pays

Au pays du rugby, les supporters portent de nouveau un regard énamouré sur leur sélection, quintuple championne du monde (1998, 2002, 2006, 2010, 2017), et le visage des joueuses s'affichent sur de larges panneaux publicitaires. Légende vivante en Nouvelle-Zélande, la troisième-ligne Sarah Hirini, revenue à quinze après un long passage à 7, se délecte de l'atmosphère qui règne autour des Black Ferns. « C'est tellement incroyable ce qu'il se passe en ce moment, a-t-elle confié, émue, après le quart de finale. La Coupe du monde est en train de changer le sport en Nouvelle-Zélande. On attendait cette compétition depuis très longtemps. Le soutien est incroyable. Quoi qu'il arrive dans le dernier carré, cette compétition a un impact dans le pays, auprès des petites filles et des petits garçons qui s'identifient à notre équipe. C'est tout ce que je veux, que ce sport grandisse encore. »


lire aussi

L'actu de la Coupe du monde

« C'est très positif pour le rugby féminin, a quant à lui salué l'entraîneur adjoint des Black Ferns, Wesley Clarke. Il y a vingt ans, on ne pouvait pas imaginer un tel engouement. Les enfants, filles comme garçons, connaissent toutes les joueuses et veulent devenir comme elles. C'est fantastique. » Les Bleues ne se dresseront donc pas face à une équipe samedi prochain à l'Eden Park. Il s'agira de gâcher la fête de tout un pays.