Une feuille de route pour faciliter l'emploi et l'insertion pour et par le sport

Amélie Oudéa-Castéra, ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques. (S. Mantey/L'Équipe)

Amélie Oudéa-Castéra (ministre des Sports et des Jeux Olympiques et Paralympiques) et ses homologues du travail et de l'Enseignement et de la formation professionnels présenteront aujourd'hui des mesures pour améliorer l'accès à l'emploi et l'insertion par le sport.

La ministre des Sports des Jeux Olympiques et Paralympiques, Amélie Oudéa-Castéra, se rendra ce lundi matin en Seine-Saint-Denis au Rugby Club de Drancy (club de Merwoine Majidi, lauréat des trophées de l'inclusion par le sport) pour une matinée consacrée à l'insertion professionnelle par le sport.

Elle présidera d'abord une table ronde autour des initiatives en la matière (actions qui touchent plus de 20 000 bénéficiaires par an), puis avec ses homologues du Travail, Olivier Dussopt, et de l'Enseignement et de la Formation professionnels, Carole Grandjean, elle paraphera une « feuille de route » commune sur le développement de l'emploi et de l'insertion par et dans le sport. Un document dont L'Équipe a pu prendre connaissance.

Ce texte présente cinq axes majeurs. Il s'agit pour l'essentiel de coordonner tout un ensemble d'actions qui visent à améliorer l'insertion par le sport. La coordination entre les différents ministères signataires devrait permettre de simplifier et de clarifier nombre de points. « Ces actions vont solutionner beaucoup de choses sur les aspects pratiques que se posent les acteurs au quotidien », estime-t-on au ministère des Sports.


Créer des passerelles entre les diplômes qui mènent aux métiers du sport

Quand il est question d'insertion ou d'emploi, les dirigeants des associations ne savent souvent pas à qui s'adresser pour lancer telle action ou résoudre tel problème. La finalité de certaines des mesures synthétisées dans la feuille de route est de simplifier, de clarifier, de développer les dispositifs en la matière.

Ainsi, le premier axe sur l'amélioration de la lisibilité de l'offre de formation et de certification dans le champ du sport. « Dans le sport, indique-t-on avenue de France, il existe une multitude de diplômes (900 !) qui mènent aux métiers du sport ». Des diplômes qui « ne se parlent pas ». L'objectif est donc de créer des passerelles entre eux ou de développer la formation continue pour diminuer le turn-over important dans le milieu des emplois sportifs.

Le gouvernement entend faciliter l'accès aux dispositifs d'emploi que ce soit par un effort de communication ou, par exemple, via un soutien à la promotion de groupements d'employeurs sportifs, outil important de mutualisation des emplois sportifs. Un « Grenelle » sur l'emploi et les métiers du sport devrait se tenir début 2023.


Un réseau de « clubs qui s'engagent » pourrait être lancé

La feuille de route entend également lancer un réseau de « clubs qui s'engagent » construit sur le modèle existant « des entreprises qui s'engagent ». L'idée, c'est que les clubs qui agissent sur les sujets d'insertion puissent être désormais identifiés comme tels par les collectivités ou les entreprises et être ainsi accompagnés dans leur action. L'objectif est d'atteindre 10 000 clubs labellisés en 2024.

Développement également du dispositif du stade vers l'emploi, initié en 2019 dans le Nord par Philippe Lamblin, l'ancien président de la Fédération française d'athlétisme (1997-2001). Il s'agit de mettre en contact des entreprises et des demandeurs d'emploi autour de rencontres sportives : un peu de sport pour tous le matin, entretiens l'après-midi entre les recruteurs et les chômeurs qui auront fait connaissance sur la piste ou la pelouse. « On a un objectif ambitieux, souligne-t-on au ministère : 500 opérations en 2024, ce qui veut dire 50 000 personnes touchées ».


La valorisation du statut des bénévoles

Autre point qui tient à coeur Amélie Oudéa-Castéra depuis son entrée en fonction, la valorisation du statut des bénévoles. Le texte souligne l'intégration du volet sport dans le cadre du service public de la validation des acquis de l'expérience (VAE) prévu par un projet de loi. La reconnaissance des compétences que les bénévoles développent dans le domaine du sport pourrait ainsi leur ouvrir des droits à formation.

Le texte comprend enfin un chapitre consacré à la reconversion des sportifs de haut niveau avec un objectif chiffré : que le dispositif Pacte de performance hébergé par la Fondation du sport, présidée par l'ancien secrétaire d'État Thierry Braillard, puisse bénéficier à 1 000 athlètes d'ici cinq ans, soit cinq fois plus qu'aujourd'hui.