Le feuilleton du CNOSF se poursuit

Brigitte Henriques, présidente du CNOSF. (P. Lahalle/L'Équipe)

Le divorce annoncé entre Brigitte Henriques, présidente du CNOSF, et son secrétaire général Didier Séminet, n'en finit pas de faire des vagues. Dans une lettre adressée jeudi aux administrateurs, la présidente tente de calmer le jeu.

Nouvel épisode dans le feuilleton de la séparation programmée de Brigitte Henriques, présidente du CNOSF, et de son secrétaire général Didier Séminet. Dans un courrier envoyé, jeudi, à l'ensemble des administrateurs et dirigeants des comités olympiques régionaux et départementaux, la présidente du mouvement sportif tente de calmer les esprits qui se sont échauffés depuis la révélation du divorce à la tête du comité lors d'une réunion de rentrée du CNOSF, le 1er septembre, et l'organisation d'une réunion exceptionnelle du conseil d'administration le 12 septembre pour le valider ou non.

« Cette proposition (de révocation), qui m'apparaît nécessaire pour la bonne marche de notre institution, est le fruit d'une longue et difficile réflexion », écrit Brigitte Henriques. « Surtout, elle s'inscrit dans la continuité du projet que je porte depuis le début de mon mandat de présidente : servir au mieux, à vos côtés, la réussite du sport français », poursuit-elle. L'ancienne footballeuse internationale souligne qu'elle ne peut « pour l'instant » préciser « les motifs qui nous ont convaincus, le bureau exécutif élargi et moi-même, de mettre en oeuvre cette procédure statutaire ».

Une réunion du bureau le 30 août a en effet validé le principe de soumettre la révocation du secrétaire général aux votes lors d'une réunion extraordinaire du conseil d'administration. Brigitte Henrique assure que lors de cette réunion du 12 septembre, le secrétaire général « pourra bien sûr s'exprimer librement devant les administratrices et administrateurs du CNOSF. Didier Séminet, quelle que soit la décision adoptée, poursuivra le mandat que l'Assemblée générale lui a confié, en continuant de siéger au Conseil d'administration ».

« Un fait grave et complètement inédit »

La présidente, en revanche, ne précise pas si les membres du conseil d'administration pourront assister à la réunion à distance, par visio, comme Guy Drut l'a demandé, au nom de tous les membres français du CIO, dans un courrier adressé mercredi à Brigitte Henriques avec copie à l'instance internationale. Le champion olympique du 110 m haies 1976 y dénonce « un fait grave et complètement inédit ».

Joint ce jeudi matin, Guy Drut insiste sur son « incompréhension » face à cette situation et la mauvaise image donnée du comité à moins de deux ans de l'ouverture des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024. « Quelle est l'urgence alors qu'il y a un conseil d'administration prévu dix jours après ? Il n'y a pas péril en la demeure », explique le membre français du CIO.

« La préservation de la réputation du mouvement sportif, à laquelle vous êtes attachés, est également au coeur de mes préoccupations. Nous aurions pu nous passer de l'attention médiatique actuelle _ qui n'est pas de mon fait _ et circonscrire le débat au sein de notre association », écrit Brigitte Henriques, invitée de l'émission de l'émission « Les décideurs du Sport » sur Europe 1, jeudi à 20 heures.

« Je croyais que l'on était dans la bienveillance. Je peux comprendre qu'ils ne s'entendent plus mais la famille doit rester unifiée », confie un président de fédération, dépité de l'image renvoyée par cette affaire. Qui pourrait laisser des traces au sein du mouvement olympique.