La FIA n'a pas de preuve impliquant Mercedes dans le cas Racing Point

Fabien Gaillard
motorsport.com

La réclamation de Renault contre Racing Point porte sur des soupçons de similarité entre les écopes de freins de la RP20 et celles de la Mercedes W10 de 2019. Or les écopes de freins faisaient partie l'an passé des pièces qui pouvaient être achetées par une écurie à une autre, et donc l'échange de données entre les deux entités n'était évidemment pas illicite à ce moment-là.

L'affaire repose donc plutôt sur la question de savoir si Racing Point a pu utiliser ces informations pour fabriquer ses pièces en 2020. "Dans ce cas précis, je ne pense pas qu'il y ait un immense débat sur ce qui s'est passé", a expliqué le directeur technique monoplaces de la FIA, Nikolas Tombazis.

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"Je pense que le débat portera sur le point de savoir si ce qui s'est passé est une infraction à la réglementation ou pas. Je ne crois pas qu'il faille que l'on soit des détectives. Je pense qu'il faut que l'on soit plus des philosophes ou des avocats, mais pas des détectives."

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Concernant la potentielle culpabilité de Mercedes, Tombazis a clairement fait savoir que cette question se poserait seulement si la marque allemande avait transmis des informations pour la construction de pièces listées, si tant est que ces pièces étaient bien listées au moment où les données ont pu être transférées. 

"Je pense qu'il faut que ce soit un peu différencié. Parce que si le transfert de propriété intellectuelle a eu lieu pour une pièce listée qui l'était également l'an passé – disons si Mercedes a donné le dessin de l'aileron avant, qui était listé, à Racing Point –, il n'y a aucun moyen d'argumenter sur le fait que c'est acceptable par rapport à la réglementation."

"Je crois que, dans ce cas, Mercedes serait très forcement impliqué, en tant que complice dans cet exemple particulier. Pour être clair, nous n'avons pas d'indication en ce sens. Je pense que les informations qui ont été transmises l'ont été, si tant est qu'elles l'aient été, pour des éléments non listés en 2019."

"Je crois que Mercedes n'est pas impliqué. Pour le moment, le débat n'est pas de savoir si Racing Point a en fait eu de telles pièces en 2019, c'est ce qui s'est passé ensuite, quand ces composantes ont changé de statut [en passant de non listées à listées]. Si, pendant l'enquête, il était découvert que Mercedes a transmis des informations sur les écopes durant 2020 alors, oui, Mercedes serait impliqué, mais nous n'avons pas d'indications en ce sens."

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Par ailleurs, Tombazis a confirmé que la FIA a conservé un exemplaire des écopes de freins avant et arrière de la RP20, après avoir saisi l'ensemble de ces pièces pour vérifier qu'elles étaient toutes similaires. "Nous avons confisqué huit pièces de Racing Point [...]. Nous les avons inspectées et nous avons confirmé qu'elles étaient toutes identiques [en fonction de l'avant ou de l'arrière]."

"C'est pourquoi, avec l'accord des commissaires et de Renault, nous en avons remis six à Racing Point et nous en avons gardé une à l'avant et une à l'arrière. Nous avons demandé à Mercedes de nous donner les mêmes composants. Quand je dis les mêmes, je veux dire les pièces qu'ils ont utilisées l'année dernière et qui, selon Renault, sont similaires à celles qu'utilise Racing Point."

"Nous avons également demandé à Racing Point et à Mercedes de nous fournir les données de CAO [conception assistée par ordinateur] de ces composants, afin que nous puissions faire une comparaison détaillée et voir en quoi ils sont similaires et en quoi ils ne le sont pas. Et c'est un processus que nous sommes en train de faire, et c'est un travail en cours."

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