Fierté des supporters, pudeur des dirigeants... comment l'OM entretient le lien avec la victoire du 26 mai 1993

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C’était l’une des craintes des dirigeants de l’OM. Célébrer les 30 ans de la victoire en Ligue des champions, le samedi 27 mai lors de Marseille-Brest, un soir où l’OM ne serait plus dans la course pour une qualification en C1. L’histoire prestigieuse du club olympien est une fierté pour beaucoup, mais elle est aussi un poids à assumer pour ceux qui tentent de remettre l’OM sur la voie du succès. La troisième place actuelle en Ligue 1 n’est pas idéale, mais elle a déjà un tout petit parfum de C1. La fête autour du 26 mai 93 se fera donc dans une ambiance festive. Le stade sera plein, ce samedi soir, pour le dernier match de la saison au Vélodrome, et les vainqueurs de ce fameux OM-Milan de Munich seront quasiment tous en tribune autour du président Pablo Longoria.

Ils sont invités à déjeuner le samedi midi au centre Robert Louis-Dreyfus, avec au programme une visite de cette Commanderie que certains n’ont pas vu depuis si longtemps, et sûrement un petit échange cordial avec le staff d’Igor Tudor et l’effectif actuel. Un moment important pour Valentin Rongier, le capitaine: "C’est forcément une fierté de jouer pour le seul club en France à avoir gagné cette Ligue des champions, ça montre à quel point c’est dur, j’espère que la fête sera belle.' Rongier n’était pas né le 26 mai 1993. Jonathan Clauss avait lui… à peine 4 mois! "J’ai vu la finale sur Youtube", sourit l’ancien Lensois. "Jouer sous un maillot floqué de l’étoile, c’est exceptionnel. Et c’est forcément un rêve pour tous de gagner cette compétition, on a hâte de voir le spectacle préparé par les supporters."

La fête du peuple marseillais et des supporters, avant tout

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Au sein du Vélodrome, les joueurs pourront surtout admirer un tifo géant, en l’honneur de cette victoire du 26 mai 93. Des centaines de supporters se sont mobilisés depuis plusieurs jours, Parc Chanot, un grand hall d’expo proche du Vélodrome, pour préparer l’animation. Que la fête appartienne d’abord aux supporters, c’était d’ailleurs le souhait des dirigeants actuels. L’OM veut avant tout laisser les supporters célébrer cet anniversaire, exprimer leur fierté d’avoir remporté la coupe aux grandes oreilles et se remémorer quelques grands souvenirs de la finale OM-Milan.

Et le club marseillais a logiquement laissé à la Ville de Marseille et aux associations de supporters le soin d’organiser les festivités du vendredi 26 mai. Rassemblement devant l’Hôtel de Ville à 17h, présentation des anciens joueurs sur le balcon de la Mairie autour de Benoit Payan, discours de certains membres de la famille de Bernard Tapie, rediffusion du match sur écran géant, chants, émotions et… craquage de fumigènes sur tout le littoral marseillais à 23h: 8.000 fumigènes sont prévus, sur plus de 20 km… le long de la mer, du Sud au Nord de Marseille, un record.

Di Meco: "Trop souvent, les anniversaires ont été compliqués à organiser. Là, je remercie Pablo Longoria"

De son côté, Pablo Longoria souhaitait faire les choses avec classe et pudeur. Il estime qu’il est important d’honorer les anciens joueurs, et les grands succès, mais avec une certaine intimité, sans en rajouter et sans rien s’approprier. Éric Di Meco, qui avait échangé avec le président de l’OM autour de ces festivités, apprécie: "Trop souvent, les anniversaires ont été compliqués à organiser. Je remercie Pablo Longoria. J’ai souvenir d’un président qui ne voulait pas organiser les 20 ans ou qui l’a fait dans la précipitation, d’ailleurs je n’étais pas venu. Pablo Longoria sait ce que ce titre représente, mais on ne va pas non plus faire une méga fiesta dans le stade ou défiler sur un char à fleurs alors que la deuxième place sera très difficile à aller chercher, il faut comprendre cette situation."

Supporters, anciens joueurs, et dirigeants ont d’ailleurs tous le même discours. Fêter la Ligue des champions de 93, c’est beau. Mais 30 ans, c’est long. Les jeunes supporters demandent des titres et veulent vivre des émotions de leurs propres yeux. Éric Di Meco pense même que cette fête autour du 26 mai pourrait être… l’une des dernières! "C’est peut-être la dernière fois qu’il faut la fêter, oui. Ça a marqué les gens. On se souhaite 'bon anniversaire' chaque 26 mai, alors que je suis né en septembre. Alors oui, on a plaisir à se retrouver. Mais là on commence à être périmé, dans 10 ans on ne sera peut-être plus présentable, j’espère qu’il n’en manquera pas certains. Et surtout, vivre trop dans le passé ce n’est pas bon, il faut espérer que l’OM gagne un grand titre et que les jeunes s’en emparent pour écrire leur propre histoire."

Article original publié sur RMC Sport