Pas de finale du Grand Prix ISU en France en 2023

Gwenaëlle Noury est consciente que la perte de cet événement vient s'ajouter aux autres déconvenues qui s'accumulent depuis le début de son mandat. (E.Garnier/L'Equipe)

Si la Fédération internationale (ISU) avait désigné Orléans pour accueillir la finale du Grand Prix en 2023, la France a dû renoncer à organiser l'épreuve. Une nouvelle déconvenue.

« Le Conseil prend note que la Fédération française des sports de glace n'est plus capable d'accueillir la finale du Grand Prix 2023 à Orléans. » Cette phrase, glissée dans une communication en date du 16 janvier de la Fédération internationale (ISU), a de quoi interpeller. Pourquoi la FFSG ne pourrait-elle plus tenir cet engagement ? La réponse à la fois simple et complexe : « Il n'a jamais été question que ce soit à Orléans, affirme-t-on du côté de la municipalité concernée. L'ancienne gouvernance de la FFSG a pris la liberté de poser la candidature sans que rien ne soit acté ou signé, sans même se soucier de ce qui était réalisable ou pas. »

En succédant à Nathalie Péchalat au poste de présidente, Gwenaëlle Noury a hérité de ce dossier. Et compris qu'une double contrainte technique et financière empêcherait la faisabilité de l'événement cette année. « En se déplaçant, on a eu la surprise de constater qu'il n'y a d'équipement froid au CO'Met (Centre Orléans Métropole) et qu'il faudrait donc mettre notre patinoire mobile dedans, explique la nouvelle élue. C'est possible, c'est d'ailleurs ce qui a été fait pour les Mondiaux à Montpellier (2022). J'ai interrogé les services techniques, et Charles Gueydan m'a répondu qu'il fallait une semaine pour la mise en place. »

Seulement, le week-end précédant la date envisagée pour cette finale 2023, le complexe orléanais abrite le Cadre Noir. « Eux aussi ont besoin d'un sol particulier, et le temps de le dégager, le CO'Met n'aurait été disponible, au mieux, qu'à partir du mercredi précédant la compétition. Comme je n'ai pas de baguette magique, on était coincé par le calendrier et les éléments techniques appris très tardivement », soutient Gwenaëlle Noury.

Les déconvenues s'accumulentLa publication de l'ISU l'a prise de court. Parce que la FFSG n'a pas eu le temps d'avertir ses clubs et licenciés, qu'elle espère obtenir le droit d'organiser l'épreuve en 2024. « J'ai proposé (à l'ISU) de décaler, annonce Gwenaëlle Noury. Orléans est super motivé pour nous recevoir, c'est très bien engagé. » Un enthousiasme que la municipalité préfère tempérer : « On étudiera la proposition si la Fédération internationale donne son accord, mais aucune promesse n'a été faite. » Parce qu'il conviendra, au-delà des aspects techniques, de réviser sérieusement la question financière.

Selon le service des sports d'Orléans, le projet initial présenté par l'ancienne gouvernance impliquait un investissement de 100 000 euros de la part de la FFSG mais une subvention d'un million d'euros de la ville. Une somme astronomique et inacceptable. « Mais nous cherchons d'autres financements », promet Gwenaelle Noury, consciente que la perte de cet événement vient s'ajouter aux autres déconvenues qui s'accumulent depuis le début de son mandat.

En 2023, il n'y aura pas non plus d'étape du Grand Prix juniors sur le sol français. Depuis la création de ce circuit en 1997, Courchevel en avait abrité onze, dont quatre sur les quatre dernières saisons (2019, deux en 2021 et 2022, la série ayant été annulée en 2020 pour cause de Covid). Mais la cité savoyarde privilégie cette année le Tour de France.

« On avait un plan B avec Vaujany, intervient Gwenaëlle Noury. Mais l'ISU nous a répondu très vite qu'il fallait que ça tourne et qu'on avait déjà eu un Grand Prix juniors deux années de suite. » L'instance internationale regrette surtout qu'avant Orléans, il y avait aussi eu le couac de Grenoble, un Grand Prix juniors de remplacement que Nathalie Péchalat avait récupéré, mais qui a finalement été annulé en 2022.

Et ce n'est pas tout : si dans le programme de la candidate Noury promettait l'organisation de Championnats d'Europe en France avant les Jeux Olympiques de 2026, ses équipes n'ont déposé aucun dossier auprès de l'ISU qui les a d'ores et déjà tous attribués : les prochains débuteront mercredi à Espoo (Finlande), les suivants auront lieu à Budapest (2024), Zagreb (2025) et Sheffield (2026). À moins d'un renoncement.