Le flocage du nom des joueurs sur les maillots revient sur le tapis dans le rugby

L'Écossais Ollie Smith - ici face à l'Australie - lors de la tournée d'automne, le 29 octobre dernier. (Patrick Anthonisz/Alamy Stock Photo)

Quinze ans après les Gallois au Tournoi des Six Nations se repose la question du flocage des noms des joueurs en sélection nationale.

Les Écossais ont ouvert le bal, face à l'Australie (15-16), samedi 29 octobre. Les joueurs du quinze du chardon ont porté des maillots portant leur nom dans le dos, au-dessus du numéro. Une première pour un match international de rugby (le pays de Galles avait, à échelle continentale et à l'occasion du tournoi des Six Nations, déjà floqué le nom des joueurs au dos des maillots en 2008).

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Les Anglais leur ont emboîté le pas face à l'Argentine (29-30), dimanche dernier. L'objectif étant de « promouvoir davantage nos joueurs internationaux de classe mondiale (...) et de rapprocher les fans des stars de notre jeu », a déclaré Bill Sweeney, président de la Fédération anglaise de rugby à quinze dans un récent communiqué. Il réfléchirait également à la possibilité d'en faire de-même avec la sélection féminine.

La FFR observe avant de se positionnerUn coup marketing sur cette tournée d'automne qui pourrait bien booster les ventes de maillots de ces deux nations, mais aussi la notoriété de joueurs encore méconnus du grand public. En France, pendant la crise de Covid-19, qui empêchait les amoureux de rugby de se rendre au stade, la Fédération française de rugby (FFR) - aidée des joueurs et du staff des Bleus - avait eu l'idée d'intégrer les noms de 1 900 clubs amateurs français à l'intérieur des numéros des joueurs.

Un succès puisque les ventes de maillots avaient été multipliées par 16 entre octobre 2020 et octobre 2021 sur la boutique de la Fédération, avait annoncé Laurent Latour, directeur de la communication et du numérique à la FFR. C'est d'ailleurs le maillot des Bleus qui s'est le plus vendu dans l'histoire.

Pour ce qui est du nom des joueurs au-dessus des numéros, la FFR observe attentivement ce que va donner l'initiative menée outre-Manche avant de se positionner. Les avis diffèrent, souvent autour des valeurs collectives chères au monde de l'ovalie.

Interrogé après la victoire du Racing face à l'USAP (44-20), le week-end dernier, l'international français Wenceslas Lauret ne serait pas contre « un petit peu de changement. C'est bien d'apporter des choses nouvelles ». Son coéquipier Maxime Baudonne, international français U20, était moins enthousiaste : « Je préfère le coté impersonnel des numéros, que les individualités ne soient pas trop mises en avant par rapport à l'équipe. »

Il est d'ailleurs difficile d'attribuer un nom à un numéro durablement : un joueur peut changer de numéro d'un match à l'autre, en fonction du poste auquel il est aligné et de son statut de titulaire ou de remplaçant. On imagine assez facilement les jeunes fans de rugby demander un jour une tunique au nom de Dupont ou de Penaud au Père Noël, mais ça ne sera pas pour cet hiver.