Florian Gomet a traversé l'Europe pieds nus et sans argent

Ancien professeur de maths devenu aventurier hygiéniste, Florian Gomet a traversé l'Europe en courant, pieds nus et sans argent, pendant l'été 2020. À l'occasion de la sortie de « L'Empreinte » - documentaire qui retrace cette expédition - ce vendredi au Grand Rex, il revient sur son aventure, son mode de vie et ses projets.

Cinq ans de préparation

« L'idée m'est venue en 2015 pendant ma traversée de l'Amérique du Nord : j'ai eu l'intuition très forte que je pourrais partir en courant, sans chaussures ni équipement ou argent, et trouver tout ce dont j'ai besoin sur le chemin. Il m'a ensuite fallu cinq ans de préparation avec beaucoup de visualisation et, essentiellement, une bonne alimentation et hygiène de vie. Avant, je partais dans des endroits isolés car j'avais besoin de me reconnecter à la nature, de me déconditionner, mais maintenant j'ai envie de partager, d'aller à la rencontre des gens. J'ai donc choisi l'Europe, surtout que, quand on voyage sans rien, on a besoin des autres. Je ne voulais pas que cette aventure-là reste juste dans ma mémoire car je l'ai aussi faite pour prouver que ma vision de la santé avait certainement un fond de vérité, sans quoi je ne serais pas capable de faire tout ça. L'équipe de tournage venait deux jours par mois ; le reste du temps, j'avais une petite caméra avec moi. »

Le mépris et le rejet

« Le plus difficile était d'oser frapper à la porte d'inconnus tous les soirs pour trouver de quoi me nourrir et où dormir. Ce n'est pas anodin, surtout que je suis plutôt solitaire et introverti. Parfois, je devais essayer une trentaine de fois avant que quelqu'un ne m'accueille. Ce n'est pas le "non" en lui-même qui me dérangeait, mais le fait que certaines personnes ne me considéraient pas comme un véritable être humain et me regardaient avec mépris. Il y en a même qui étaient effrayées, se cachaient derrière leur porte et appelaient la police. Tous les jours, j'étais confronté à ce rejet, douloureux et épuisant à encaisser moralement, surtout après une longue journée. J'avais aussi peur de me faire arrêter, notamment en dehors de l'espace Schengen. En Serbie, j'ai dû me cacher à plusieurs reprises car les gens étaient très méfiants et n'importe qui me demandait mes papiers : ce qui m'inquiétait n'était pas d'aller en prison, mais que l'expédition prenne fin. »

Florian Gomet

« Tous mes problèmes de santé - myopie, allergie aux poils de chat, sciatique - ont disparu très rapidement »

Des rencontres improbables

« J'ai appris à accepter ce rejet et à accepter l'autre dans sa différence, surtout que mon projet allait à l'encontre de ce qui est proposé dans la société, donc ces réactions étaient normales. C'était difficile, mais j'ai aussi fait de belles rencontres, notamment en Suisse quand j'ai dormi chez un Maghrébin éméché qui vivait dans un logement social et n'avait pas le droit de m'héberger. Son frigo était rempli de fruits et légumes crus et, le lendemain, il m'a emmené un matelas et des couvertures pour la nuit suivante et m'a fait un massage. J'étais touché par son humanité. Au final, les Européens m'ont laissé traverser le Vieux Continent comme je l'entendais donc c'est vraiment positif. J'espère qu'après avoir regardé le film, les gens se diront qu'en changeant leur hygiène de vie et leurs croyances sur l'alimentation et le fonctionnement du corps humain, ils trouveront peut-être en eux les ressources nécessaires pour faire ce qu'ils ont envie de faire sur Terre. »

Bains froids, yoga, méditation, jeûne...

« C'est arrivé vraiment par hasard il y a sept ans, au cours d'un voyage où je descendais la Loire en kayak. À la suite d'une insolation, je n'ai pas réussi à manger pendant une semaine et pourtant, j'étais encore plus en forme que d'habitude. En rentrant, je me suis documenté sur le jeûne pour essayer de comprendre ce qui m'était arrivé. J'ai alors découvert l'alimentation vivante, exclusivement végétale et crue, comme les fruits, les légumes, les graines ou encore les algues. Au cours de cette transition alimentaire, tous mes problèmes de santé - myopie, allergie aux poils de chat, sciatique - ont disparu très rapidement. Ça a complètement changé ma vie. Par la suite, j'ai découvert les pratiques hygiénistes : pour moi, ce sont toutes les pratiques - bains froids, yoga, méditation, jeûne, etc. - qui permettent d'améliorer sa santé, c'est-à-dire renforcer son système immunitaire, donner le bon carburant à son corps et le stimuler. »

Des mathématiques à l'aventure hygiéniste

« J'ai quitté mon métier de professeur de mathématiques il y a environ dix ans parce que j'avais soif d'aventures - ça me prenait aux tripes, je pensais enquiller les expéditions à la Mike Horn jusqu'à la fin de ma vie. Mais maintenant, ce qui m'anime au quotidien, c'est de communiquer autour de ce que j'appelle les lois du vivant pour montrer aux personnes qui le souhaitent qu'il est possible de vivre d'une autre manière. J'ai créé la société Free Your Life avec ma compagne pour les aider à changer leur vie et se libérer de toutes les croyances et conditionnements : on organise des stages, du coaching, des consultations et des événements. À côté de ça, j'ai quand même l'envie de peut-être faire d'autres expéditions. En fin d'année, j'ai prévu de traverser le désert de sel en Bolivie à pieds et sans manger, comme lors de « La marche sans faim » où j'avais traversé les monts Mackenzie au Canada en jeûnant. J'envisage aussi, dans le futur, de traverser les États-Unis comme j'ai traversé l'Europe. »

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