Foot - ALL - Fribourg - Baptiste Santamaria avant Fribourg-Bayern : « Je ne regrette pas mon choix »

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Alors qu'il s'apprête à défier le Bayern Munich ce samedi, Baptiste Santamaria raconte sa première saison à l'étranger, à Fribourg. Après en avoir un peu bavé au départ, l'ancien Angevin s'est familiarisé avec l'intensité du Championnat allemand. Et il adore ça.

Ce samedi (15 30), dans le cadre de la 33e journée de Bundesliga, Fribourg accueille le Bayern, sacré champion d'Allemagne. Depuis son hôtel où il est en quarantaine, et ce, jusqu'à la fin de la saison, Baptiste Santamaria (26 ans) raconte son premier exercice loin de la France, huit mois après son départ d'Angers. Il est notamment question de son adaptation, de ses impressions sur ce Championnat qui ne laisse pas de place aux temps morts, et de son utilisation, alors qu'il a été repositionné relayeur cette saison.

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« Que retenez-vous de cette première saison en Bundesliga ?
Le titre du Bayern ne souffre d'aucune contestation, c'est l'une des meilleures équipes au monde. On le voit quand un joueur est blessé, il est remplacé c'est par un joueur aussi fort, c'est impressionnant. Pouvoir les affronter, c'est ce qu'on aime. Pour nous c'est comme un match de Ligue des champions. Sinon, pour être honnête, toutes les équipes proposaient du jeu. Même Schalke, le dernier. Le match référence pour nous a été face à Dortmund à domicile, on a été complets avec mes partenaires, avec une victoire à la clé (2-1). Après, je retiens aussi Leipzig. On a fait une bonne partie, mais ils nous ont mis 3-0, et on ne pouvait rien dire sur les 3 buts encaissés. Des fois, il faut juste dire : "bien joué" !

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Il y a des joueurs qui vous ont marqué ?
Les mêmes noms reviennent souvent, mais je vais commencer par (Marcel) Sabitzer de Leipzig. On joue au même poste, donc ça m'intéresse, et il est vraiment agressif sur le porteur, en plus de voir vite le jeu. Je pense aussi à Haaland, évidemment, et je vais expliquer pourquoi : on parle souvent des joueurs quand ils sont au top de leur forme. Mais c'est aussi quand ils sont un peu moins en forme qu'ils sont intéressants à observer. Au match retour, contre nous, il n'a pas existé. Mais il lui a suffi d'une accélération pour donner une passe décisive. Là, je me suis dit qu'il lui en fallait vraiment peu, que c'était une vraie machine.

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C'est quoi, la grosse différence entre la Bundesliga et la Ligue 1 ?
Je dirais que ça se joue sur l'intensité. C'est vraiment un jeu box to box, alors qu'en France c'est plus stratégique. En Ligue 1, si on excepte le PSG, on a deux blocs qui s'affrontent et il faut essayer de les déséquilibrer, alors qu'en Allemagne, les équipes viennent vous chercher dans vos 6 mètres sans vous laisser de temps.

C'est le fameux « gegenpressing » ?
Exactement, mais c'est valable pour toutes les équipes, pas seulement le Bayern. Mayence ou Schalke viennent vous chercher aussi. Forcément, cela met en avant les qualités techniques pour sortir le ballon proprement. Après, si ça sort convenablement, il y a des espaces, des boulevards.

En tant que milieu, vous allez presser jusqu'où sur le terrain ?
Déjà, par rapport à Angers, j'ai évolué, je joue un cran plus haut (il était sentinelle et évolue désormais relayeur). Donc cela m'arrive d'être dans les 16 mètres adverses pour aller presser. Le but, c'est que l'adversaire reste dos au jeu, le pousser à la faute ou faire en sorte qu'il ne joue pas comme il le veut.

Quelle est la fréquence d'exercice de ce pressing ?
Je dirais que les temps faibles sont rares. Après, cela dépend des équipes qu'on affronte : si on va chercher deux, trois fois le ballon dans les pieds de l'adversaire, et qu'on observe qu'il parvient quand même à sortir le ballon, on va l'attendre un peu plus. En tout cas, cela permet d'être plus souvent proche du but adverse. J'ai vraiment l'impression d'avoir davantage d'opportunités. Pour l'instant, j'ai mis un but, donné deux passes et touché pas mal de fois les montants, ce qui est assez frustrant. Mais je me sens plus fort et plus complet. Je sens que j'ai passé un palier cette saison.

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Il paraît qu'à votre arrivée, vous en avez un peu bavé physiquement. C'est surprenant, vous présentiez toujours les meilleurs résultats aux tests d'efforts à Angers.
Oui parce qu'à Fribourg, les charges d'entraînement sont plus importantes qu'en France. En arrivant, j'avais un bagage physique intéressant mais je n'étais pas habitué à faire des charges d'entraînement lourdes. Par exemple, faire 1 heure ou 1 h 30 de séance en veille de match, on le fait peu souvent en France. Donc au départ, cela m'est arrivé d'avoir les jambes lourdes. Il a fallu s'adapter, digérer, et que le corps s'habitue petit à petit.

Cela paraît quand même étonnant que vous ayez souffert car Angers est réputé pour avoir de bons résultats sur le plan de la performance physique.
En termes de qualité de travail, ça reste la même chose, avec la même intensité. Mais c'est en termes de durée qu'il y a une différence. On ne peut pas se préserver. Même en veille de match, on a le GPS et on ne peut pas tricher. C'est la rigueur. Donc il faut de la volonté. Heureusement, j'ai eu la chance que le corps suive.

Effectivement puisque vous tournez à une moyenne de 12,7 km par match !
Cela paraît énorme mais quand on joue les matches, on n'a pas l'impression de courir plus que cela. C'est tellement box to box que cela se fait de manière naturelle. Et puis l'autre différence, c'est qu'en France, on privilégie le 2 contre 1, alors qu'en Allemagne, le 1 contre 1 ne fait pas peur et on se doit de gagner nos duels. Du coup, j'ai pris un peu plus de cartons (il se marre).

Villarreal, qui vous courtisait l'été dernier, est en finale de la Ligue Europa. Est-ce que ça laisse des regrets ?
Non, je suis content pour eux et puis ça met en valeur mon travail, cela veut dire qu'un grand club s'est intéressé à moi, c'est gratifiant. Mais sans doute que ça ne devait pas se faire (le club espagnol ne s'était pas aligné sur la proposition de Fribourg). Je ne regrette pas mon choix, je suis content de cette année à Fribourg. Ça s'est super bien passé, même si c'était un peu frustrant car je n'ai pas pu visiter plus que cela la région à cause du Covid.

Et l'allemand, ça va ?
Avec Jonathan Schmid je parle français, sinon je parle anglais et j'apprends l'allemand avec un professeur. J'essaye de faire des pas vers eux mais j'avoue que c'est compliqué (sourire). J'ai des petites fiches pour réviser. Maintenant, le langage foot, ça va, mais au début, on m'a dit un terme en plein match, je pensais que je pouvais me retourner tranquillement, et j'ai pris un gars qui arrivait à toute vitesse sur moi. En fait, cela voulait dire « ça vient ». On en a rigolé avec les gars.

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Cela se passe bien à Fribourg, mais se dit-on que ce n'est qu'une étape ?
L'ambition, pour être honnête, cela a toujours été de continuer ma progression et pourquoi pas de rejoindre un jour un top club pour jouer une Coupe d'Europe. C'est quelque chose qui me donne envie. Jouer l'Europe permet également d'être davantage observé et de se rapprocher de l'équipe de France...

Justement, pour finir, l'Euro arrive. Les listes sont élargies à 26 joueurs. Est-ce qu'on se dit qu'il pourrait y avoir une petite opportunité de reporter le maillot Bleu (il a porté à 2 reprises celui des U20 en 2015) ?
Le rêve de tout Français, c'est forcément d'intégrer un jour la sélection. En quittant ma zone de confort à Angers, pour aller à l'étranger, le but était de se montrer davantage. Si on continue à être performant, on se donne des chances pour un jour pouvoir être appelé. Donc, à moi de continuer. »

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