Foot - ANG - Coronavirus : la reprise de la Premier League s'éloigne encore

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Des réunions avec les capitaines et les entraîneurs de Premier League, tenues mercredi, ont montré que les réticences quant aux conditions d'une reprise de la compétition restaient nombreuses. Son redémarrage n'aura sans doute pas lieu avant le 19 juin. La possibilité de voir la Premier League redémarrer « dès » le vendredi 12 juin, comme le souhaitaient ses responsables, tenants du fameux « Restart Project », semble s'être définitivement éloignée. Il ne faut sans doute pas l'espérer avant le vendredi 19 juin, au plus tôt. Et même ainsi, cela reste très loin d'être acquis au vu de la réticence exprimée par les joueurs et entraîneurs ce mercredi.

Certes, le Premier ministre britannique, Boris Johnson, avait entrouvert une porte, dimanche dernier. Il avait alors annoncé la possibilité d'organiser, à partir du 1er juin, des « événements culturels et sportifs à huis clos pour diffusion (télé, radio, Internet), tout en évitant le risque de contacts sociaux à grande échelle ». En précisant bien sûr, avec prudence : « Si la situation sanitaire le permet. »

Angleterre : le projet « terrains neutres » ne prend pas

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Mais lundi, une assemblée générale des clubs a accouché du rejet par au moins six clubs de l'idée de terminer la saison sur des terrains neutres et un nombre de stades limités pour éviter de multiplier les déplacements. Il s'agit de Brighton, West Ham, Watford, Bournemouth, Aston Villa et Norwich, soit les six derniers du classement, qui pourraient rallier encore quelques suffrages. Or un seul autre suffirait pour faire capoter le projet définitif, puisqu'il faudra une majorité d'au moins 14 clubs sur 20 pour l'adopter. Puis mercredi, lors d'une réunion entre les responsables de la Premier League et les 20 entraîneurs, ces derniers se sont justement opposés à l'unanimité à cette idée du terrain neutre. Les organisateurs seraient désormais disposés à le laisser de côté. Les managers ont ensuite soulevé des questions quant à la viabilité de la préparation et à la marche à suivre si un joueur ou un membre du staff d'un club est testé positif au Covid-19 à l'entraînement, puis plus tard, à l'approche d'un match : faudra-t-il l'isoler individuellement ou mettre en quarantaine tout l'effectif, comme cela a été le cas pour le Dynamo Dresde (D2 allemande) ?

Le président de Crystal Palace craint un échec de la reprise

Ce sujet très épineux n'a pas été clairement tranché. Concernant la reprise progressive des entraînements collectifs, le protocole définitif devrait être adopté lundi 18 mai, ce qui permettrait à ceux-ci d'avoir lieu à partir du 19 mai. Mais la progressivité de cette reprise apparaissant très lente (avec sans doute aucune séance collective se rapprochant de la normale avant le 1er juin, voire plus tard), les coaches estiment que leurs joueurs ne pourront pas être prêts physiquement pour reprendre la compétition avant le 19 juin. Au plus tôt.

Pas de reprise de l'entraînement avant le 25 mai en D2, D3 et D4 anglaises

Les joueurs, justement, étaient représentés par leurs 20 capitaines, lors d'une autre réunion (dans la foulée de celle des entraîneurs et, comme celle-ci, dirigée par le médecin chef Mark Gillett) avec les responsables du Championnat. Et les joueurs sont apparus bien plus concernés par leur sécurité sanitaire que sur la manière dont ils pourraient retrouver vite la forme physique nécessaire pour disputer des matches. Surtout les capitaines des équipes les plus modestes, ceux des formations du Top 6 se montrant moins angoissés par rapport aux mesures d'hygiène et de distanciation sociale. Les responsables ont reconnu que, même très strictes, celles-ci ne garantiraient jamais à 100 % de ne pas contracter le Covid-19 et donc de potentiellement mettre en danger son entourage. La signature du document d'acceptation du « protocole coronavirus » en vue de la reprise de l'entraînement, que doivent signer tous les joueurs, pose aussi un gros problème à nombre d'entre eux. Car ils craignent que cela ressemble à une décharge de responsabilités pour les organisateurs, voire les clubs, ce qui rognerait leurs droits en cas de souci. Ainsi, beaucoup de joueurs estiment qu'ils devraient avoir une sorte de « droit de retrait », de pouvoir refuser de reprendre l'entraînement s'ils estiment que c'est « trop dangereux ».

Danny Rose (Newcastle) est opposé à la reprise de la Premier League

Même si un arrêt définitif de la saison de Premier League causerait aux clubs une perte d'environ 870 M€ de droits TV, cette hypothèse « à la française » peut de moins en moins être exclue. En attendant, la volonté d'une majorité des acteurs du plus lucratif Championnat du monde reste de pouvoir l'achever malgré tout.

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