Foot - ANG (F) - Les clubs féminins anglais séduisent les sponsors

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La couverture média inédite de la Super League féminine anglaise (WSL), de retour ce week-end, donne un sérieux coup de pouce à l'économie des clubs anglais. Dans le sillage de droits TV records, ils attirent les sponsors. « Tous les yeux sont rivés sur la« monstrueuse »Super League féminine » (The Times). « La Super League féminine revient avec l'objectif de réussir une grande percée » (The Guardian). « Que de raisons de vivre la saison la plus excitante de l'histoire en Super League féminine ! » (BBC)... La Women's Super League (WSL), qui a repris vendredi par un succès de Manchester United sur Reading (2-0), pourrait en effet ne ressembler à aucune autre. Kelly Simmons, directrice du football professionnel féminin à la Fédération anglaise « Les marques voient de plus en plus le sport féminin et ses audiences comme des leviers pour les aider à atteindre leurs objectifs commerciaux » Si la presse britannique s'enflamme, c'est que jamais ce Championnat, professionnel depuis 2011 et réformé en profondeur en 2016, n'avait obtenu une telle couverture TV. La promesse d'audiences en forte hausse - un spécialiste évoque un bond de 300 % ! - a déjà convaincu nombre de sponsors. Un intérêt rehaussé par l'Euro anglais (6-31 juillet 2022), prévu à l'origine dès cet été mais décalé d'un an pour caser l'Euro masculin, lui-même repoussé de 2020 à 2021 par la pandémie de Covid-19. « Il ne fait aucun doute que nous voyons l'intérêt commercial augmenter pour le football féminin, tant au niveau des clubs que dans le football féminin en général », a expliqué cette semaine à l'agence Reuters Kelly Simmons, directrice du football professionnel féminin à la Fédération anglaise (FA). « Les marques voient de plus en plus le sport féminin et ses audiences comme des leviers pour les aider à atteindre leurs objectifs commerciaux », a-t-elle ajouté. Revenus records en droits TV et « naming » des compétitions La WSL est entrée dans une nouvelle ère en mars dernier lorsque la FA a annoncé l'acquisition par la BBC et Sky Sports de ses droits de diffusion pour trois saisons contre 24 M£ (environ 28 M€), soit 9,3 M€ par saison. Le niveau de l'investissement, largement supérieur à ce qui se pratique ailleurs en Europe (Canal + paie actuellement 1,2 M€ par exercice pour la diffusion de la D1 Arkema française), s'accompagne d'une exposition inédite des clubs - et de leurs partenaires - puisque la BBC, chaîne publique, diffuse un match gratuit par journée, à commencer par Everton-Manchester City ce samedi (0-4). Sky Sports en propose deux autres sur abonnement et le reste trouve sa place en clair sur le site dédié The FA Player. Cette évolution marque une nouvelle étape du « cercle vertueux » décrit par l'ancienne internationale anglaise Karen Carney dans les colonnes du Guardian. Outre le resserrement de l'élite (12 équipes), un fonctionnement proche d'une ligue fermée (une seule relégation), et le coup de pouce donné aux grandes marques du football anglais (Manchester United a rejoint la WSL en deux ans seulement), le football féminin anglais a profité de l'argent de ses « namers », la banque Barclays en WSL dès 2019 contre près de 4 M€ par an, et l'assureur Vitality pour la Cup féminine jusqu'en 2023 pour un montant non révélé, mais « le plus lucratif de son histoire » selon la presse. Cet été, les droits versés par les télévisions et les « namers » ont donc été abondés par les versements des sponsors, grâce à de nouveaux contrats, non plus négociés par les clubs avec les marques en complément de ceux de l'équipe masculine, mais spécifiques aux seules équipes féminines, comme c'est aussi le cas pour les clubs français. Le plus spectaculaire de ces deals, signé avec la chaîne américaine de restaurants Fridays, concerne le dos de maillot de pas moins de cinq équipes, dont Tottenham et Birmingham en WSL. Cette semaine, Herbalife est aussi devenu le « partenaire nutritionnel » officiel de l'équipe de Tottenham et Everton a annoncé un partenariat avec le jeu vidéo Football Manager. Les études mettent en avant l'intérêt du foot féminin pour les marques afin de cibler un public familial. Les affluences au stade, dernier point faible de la WSL La manne financière de la WSL va de pair avec un nouveau saut qualitatif, déjà sensible depuis l'été dernier lorsque la crise sanitaire a chassé de nombreuses stars américaines de leur Championnat domestique arrêté. Si les championnes du monde 2019 (Alex Morgan à Tottenham, Sam Mewis et Rose Lavelle à City, Christen Press à United) sont reparties depuis, des salaires en hausse, malgré un salary cap fixé à 40 % du budget des clubs, aimantent plus que jamais de très bonnes joueuses. Au point que le Championnat anglais dénombre un record de 44 joueuses présentes cet été aux Jeux olympiques de Tokyo - 37 dans le Championnat US (National Women's Soccer League, NWSL).

Le dernier marché estival des joueuses, encore très actif, a vu notamment la jeune (18 ans) milieu suédoise Hanna Bennison, médaille d'argent au Japon, rejoindre à Everton les internationales françaises Kenza Dali et Valérie Gauvin, ou encore Vicky Losada, championne d'Europe avec le Barça la saison passée, débarquer à Manchester City (elle a ouvert le score contre Everton). Chelsea, double tenant du titre (et vice-champion d'Europe), reste le favori des bookmakers, devant les Citizens et Arsenal, les trois clubs qui se partagent les titres depuis la réforme de 2016. Le premier choc est attendu ce dimanche à l'Emirates Stadium où les ladies d'Arsenal reçoivent les Blues (13h30). Reste à savoir si les affluences au stade suivront. Cela reste le point faible de la « monstrueuse » WSL anglaise.

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