Foot - ANG - La Premier League pourrait emprunter au moins 1 milliard de livres pour aider les clubs à se financer

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Selon le « Financial Times », mardi, les clubs anglais poussent la Premier League à emprunter à leur place pour se financer à des taux plus intéressants. La Ligue 1 y avait déjà songé au début de la crise sanitaire, en 2020. Plus forts à plusieurs ? Selon le Financial Times, mardi, l'élite du football anglais milite discrètement depuis plusieurs semaines pour que la Premier League crée une réserve d'au moins un milliard de livres (1,17 Md€) pour financer les clubs en difficulté à de meilleurs taux que ceux exigés lorsqu'ils doivent se débrouiller seuls pour trouver de l'argent. Une idée proche de celle que les clubs français avaient imaginée en 2020 sur fond de crise sanitaire. Une telle réserve centralisée remplacerait les emprunts classiques contractés individuellement par les clubs auprès de banques ou de fonds d'investissement, ainsi que leurs accords dits d'affacturage avec des financeurs. L'affacturage permet aux clubs de vendre leurs créances à un tiers qui se fait lui-même payer par le débiteur. Par exemple, si un club B doit régler une traite à un club A sur le transfert d'un joueur dans un an, le club A vend cette créance à un spécialiste de l'affacturage (un « factor » en anglais), celui-ci lui verse tout de suite cette somme (moins sa commission) et se fait rembourser par le club B à l'échéance prévue. Argent trop cher Comme l'emprunt, l'affacturage permet de résoudre les difficultés de trésorerie d'un club qui peut ainsi payer ses charges immédiates comme les salaires des joueurs, ou investir dans son effectif ou ses structures pérennes. Dans la période récente, marquée par les difficultés des clubs dans le contexte de crise sanitaire, de grands noms du football européen comme la Juventus ou Benfica ont eu recours à l'affacturage, souligne le quotidien économique britannique. Cette technique, plus fréquente encore parmi les clubs moins huppés, est courante également en France. Bordeaux par exemple l'avait utilisée lors de la vente de Malcom au Barça en 2018 pour toucher plus vite les différentes traites (40 M€ au total). Problème : l'argent coûte cher aux clubs, surtout dans le cas d'emprunts classiques, également garantis sur des créances (droits TV et transferts), mais à des taux d'autant plus élevés que les clubs sont modestes et leurs garanties limitées (droits TV, valeur de transfert de l'effectif, chances de maintien...). Le « FT » cite un exemple d'affacturage à un taux supérieur à 7 % en Premier League et supérieur à 9 % dans le cas d'un emprunt classique contracté par le club de Southampton. Un financier français assure que les clubs hexagonaux trouvent des solutions d'affacturage à moins de 7 % et ont peu recours à l'emprunt, toujours plus cher, surtout dans un contexte « pas très sécure » sur les droits TV en France. En France, un accord pas si avantageux avec un fonds Dans l'esprit de ses promoteurs, le fonds centralisé par la Premier League permettrait d'obtenir des taux bien plus intéressants puisque les emprunts au nom de la Premier League (la société commerciale dont les 20 clubs détiennent chacun une part) seraient gagés sur les revenus colossaux du Championnat le plus puissant du monde. Sur la période 2019-2022, il génère des droits TV de 9 milliards de livres environ (10,5 Md€). L'idée de présenter un tel front uni auprès des financiers avait émergé en France quelques semaines après l'arrêt des Championnats en mars 2020. Pour compenser la chute brutale de leurs revenus, les clubs avaient tenté de trouver une solution groupée de financement des créances de transferts. Ce mécanisme aurait consisté à ce qu'un organisme financier (banque ou fonds) rachète les différentes créances sur les transferts des clubs favorables à ce montage afin de rentrer de l'argent frais. Selon nos informations, un tel accord a bien été trouvé avec un fonds d'investissement américain, mais les conditions n'étaient pas si avantageuses, voire plus contraignantes, qu'un deal simple de club à banque, et peu voire aucun club de L1 et de L2 n'aurait souscrit à cette solution. Un acteur familier des opérations de crédit note que ces accords collectifs sont souvent difficiles à nouer, les clubs les plus sûrs n'ayant aucune envie de courir de risque de payer pour les autres en cas de défaillance. La LFP avait finalement emprunté une autre voie en contractant un prêt garanti par l'état de 224,5 M€. Selon le Financial Times, le scénario d'un pot commun ne serait pas près de se réaliser non plus en Premier League. Même au plus fort de la crise du Covid, elle avait refusé d'emprunter cette voie alors que l'élite anglaise perdait quelque 2 milliards de livres en billetterie et droits TV. Les financiers qui prennent le risque - compensé par des taux élevés - de prêter aux clubs anglais - et aux autres - ont encore de beaux jours devant eux.

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