Foot - Quand Annie Cordy chantait le PSG

L'Equipe.fr
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Décédée vendredi à Vallauris, à l'âge de 92 ans, Annie Cordy avait participé à la création de ce qui allait devenir le Paris Saint-Germain. Elle a même chanté le premier hymne du club parisien. Décédée à 92 ans vendredi, à Vallauris, Annie Cordy a mené une carrière des plus éclectiques, tour à tour meneuse de revue, chanteuse ou actrice. L'artiste belge, si populaire en France tout au long de sa vie, aimait beaucoup le sport et avait participé à sa manière à la naissance du Paris Saint-Germain il y a cinquante ans. Vendredi soir, le club parisien a d'ailleurs tenu à présenter ses condoléances aux proches d'Annie Cordy : « À toi Annie, l'interprète du tout premier hymne du Club ».

Tout remonte au dimanche 1er février 1970. Sur Europe 1, Pierre Bellemare lance un appel pour trouver un club résident au vieux Parc des Princes qui doit être détruit. Paris n'a quasiment plus une équipe de football de haut niveau et le but est de trouver des « supporters associés » sur le modèle des socios des clubs espagnols. Annie Cordy, comme d'autres stars de l'époque (Eddy Mitchell, Enrico Macias...) est donc sollicitée pour aller dans les cafés et sur les marchés d'Île-de-France afin de convaincre les Parisiens de devenir associé du Paris Football Club (qui fusionnera avec l'équipe de Saint-Germain pour former le PSG). Montant du droit d'inscription : 25 francs ! Extrait de « Allez Paris », chanson d'Annie Cordy « Mais ici, réunis, on crie, de Saint-Germain à Bercy : Allez FC Paris ! Droit au but va notre espoir Celle qui joue la même année au cinéma dans le Passager de la pluie de René Clément, avec Charles Bronson et Marlène Jobert, s'engage encore plus. Le 12 août 1970 naît le Paris Saint-Germain Football Club (il sera enregistré au Journal Officiel le 27 août suivant) et la future interprète de la Bonne du curé devient la marraine du club. Fin 1970, la voilà qui sort le premier hymne du club, Allez Paris, paroles et musique, René Dez et Séverin Marc. Premier couplet : « À Belleville/Ils sont mille/Qui s'appellent Mimille./À Pantin,/Y en a plein/Qu'on appelle Tintin./À Versailles,/Y a des ouailles/Qui s'appellent Noailles/À Vincennes,/À Suresnes,/Faut chercher Gégène./Mais ici, Réunis,/On crie/De Saint-Germain à Bercy... » Le refrain, qui fait référence au premier nom du club, a même des accents marseillais : « Allez F.C. Paris/Droit au but va notre espoir ». Annie Cordy au « Parisien », en 1998. « Avec mon mari, nous avons suivi les matches des Canaris de Nantes, des Vers de Saint-Étienne et de Nîmes. Mais depuis qu'il n'est plus là, je ne suis plus une acharnée. Je regarde une demi-heure, pas plus » De toute façon, Paris ou Marseille, la native de Laeken, un quartier de Bruxelles, versait plus dans l'oecuménisme que dans le supportérisme. En 1963, elle était déjà la marraine d'Anderlecht Sports, le magazine du célèbre club bruxellois. En 1998, avant la Coupe du monde, elle s'était confiée au Parisien sur son amour du football : « Avec mon mari (François-Henri Bruno), qui était un passionné, nous avons suivi les matches des Canaris de Nantes, des Verts de Saint-Étienne et de Nîmes. Mais depuis qu'il n'est plus là (il est mort en 1989), je ne suis plus une acharnée. Je regarde une demi-heure, pas plus. Je préfère voir les résumés. Si j'ai une place pour un match, je la donnerai au fils de ma gouvernante. Lui, c'est un fou furieux. »