Foot - Bleues - Corinne Diacre (équipe de France) : « Arrêter de regarder derrière »

L'Equipe.fr
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Corinne Diacre, la sélectionneuse des Bleues, a annoncé une liste élargie à 27 joueuses pour le Tournoi de France. Sans Amandine Henry blessée et avec beaucoup de jeunes joueuses, elle souhaite tourner la page des tensions ayant émaillé le dernier rassemblement. « Pourquoi avez-vous convoqué une liste élargie à 27 joueuses ?
On a fait une liste élargie pour prévenir des cas éventuels de Covid, ce qui nous aurait obligés à rappeler des joueuses en dernière minute. J'espère que le groupe sera toujours à 27 samedi pour l'arrivée des joueuses à Clairefontaine et que l'on pourra fonctionner à 27 sur tout le Tournoi. Vous n'avez pas sélectionné Sarah Bouhaddi. Avez-vous échangé avec elle depuis le dernier rassemblement ?
Je ne l'ai pas eue dernièrement. J'ai entendu son souhait de ne plus venir. Donc pour le moment elle ne vient plus et je fais confiance aux quatre joueuses qui sont présentes. Que s'est-il passé depuis le dernier rassemblement ?
J'ai continué à observer les joueuses en Championnat. J'en ai eu quelques-unes au téléphone ou par messages. Je suis surtout en contact avec leurs entraîneurs, avec les clubs. Mon staff est en contact avec les différentes personnes de chaque club. On suit les joueuses et on a analysé nos futurs adversaires pour préparer ce Tournoi de France. Il y a eu une réunion avec les joueuses lors du dernier rassemblement. Que vous êtes-vous dit et estimez-vous que les choses ont été mises à plat ?
La réunion a été faite. Je tiens à ce que cela reste en interne. C'était important de le faire, cela a été fait. Maintenant je suis tournée vers l'avenir, vers ce groupe élargi. Ce stage doit marquer un nouvel objectif. On a cette fin de saison pour nous préparer pour la suite, donner du temps de jeu à de nouvelles joueuses, peut-être essayer d'autres choses au niveau des systèmes de jeu. Il faut regarder devant et arrêter de regarder derrière. Aujourd'hui, on se doit d'être très humbles. Nous sommes des privilégiées. La situation est grave et je pense que l'on n'a pas besoin d'envenimer les choses et de revenir sur le passé. J'ai envie d'avancer et j'ai bon espoir que mes joueuses entendront ce message et qu'elles auront envie d'avancer. On se doit de faire honneur non seulement au maillot bleu, mais aussi à la Fédération, à notre pays. À propos du conflit avec Amandine Henry « C'est du passé. On s'est dit ce qu'on avait à se dire lors du dernier rassemblement » Amandine Henry est forfait. Est-ce qu'elle reste votre capitaine pour 2021 ?
Je suis focalisée sur le Tournoi de France pour l'instant. Quand la capitaine n'est pas là, ce sont les vice-capitaines qui prennent le relais. Sur ce stage, j'ai Eugénie Le Sommer et Marion Torrent. L'absence d'Amandine Henry vous permet-elle d'instaurer un climat plus léger ?
C'est du passé. On s'est dit ce qu'on avait à se dire lors du dernier rassemblement. L'important, c'est l'équipe de France. Il faut qu'elle continue à gagner. L'équipe de France est qualifiée pour le Championnat d'Europe, c'était notre objectif, on l'a atteint. Après, dans la vie d'un groupe, tout n'est jamais parfait. Trouvez moins un entraîneur qui n'a pas de problème avec ses joueurs ou ses joueuses... Ça n'existe pas. Ce qui est important ce sont les résultats sur le terrain. À côté, charge à nous d'être conscients de ce qui ne va pas, d'être humbles, de trouver des solutions pour que tout le monde y trouve son compte, vive un peu mieux. Mais, vous savez, on n'est pas malheureux en équipe nationale. Il faut que l'on se refocalise sur l'essentiel, à savoir, le jeu, le terrain. Tout le monde ensemble. Est-ce qu'elle aurait été là si elle n'avait pas été blessée ?
On peut faire plein de suppositions sur la liste. On pourrait parler aussi d'autres absentes comme Kenza Dali ou Maéva Clemaron. Il est important de se focaliser sur les 27 noms retenus ce matin. Pourquoi avez-vous choisi d'appeler Constance Picaud et Ella Palis ?
Ce sont deux jeunes joueuses. Constance a plus de temps de jeu dans son club (Le Havre). On voulait renouveler le groupe. Elles font partie d'un groupe élargi. Mais c'est aussi une façon de leur montrer qu'on les suit, qu'on est présents sur les terrains. Elles ont des bonnes performances individuelles dans leurs clubs. Ella joue un peu moins parce qu'il y a une grosse concurrence à Bordeaux mais ce sont des jeunes, comme Julie Dufour ou Sandy Baltimore qui performent aujourd'hui. À partir du moment où la Coupe du monde des U20 a été annulée, je peux voir ces jeunes-là. Sur le retour de Toletti chez les Bleues « Ses performances à Levante sont bonnes. La première fois que je l'ai prise, c'était peut-être un peu tôt » Vous avez rappelé Sandie Toletti qui n'est plus venue en équipe de France depuis 2017. Pourquoi ?
Ses performances à Levante sont bonnes. La première fois que je l'ai prise, c'était peut-être un peu tôt. Elle a fait le choix de quitter Montpellier cet été. Elle est performante à Levante. On a un peu moins de pression avec des matches amicaux. Elle a deux ans de plus aussi, plus de maturité... Je pense que c'est le bon moment pour la revoir. La Norvège a annoncé son forfait. Est-ce que vous savez s'il y a des cas Covid dans l'équipe et est-ce que vous craignez l'annulation du Tournoi ?
Je n'ai pas beaucoup d'information. La Norvège renonce pour des raisons sanitaires. On a bon espoir de trouver une troisième équipe même si le timing est très serré et que cela va être compliqué. Mais le Tournoi est cher à notre président. Si ce n'est pas le cas, j'espère que l'on trouvera une solution et que nous pourrons jouer nos matches contre l'Islande et la Suisse. Il y a des élections présidentielles à la Fédération. Pensez-vous que Noël Le Graët est le meilleur candidat ?
Noël La Graët est candidat à sa succession. Je lui souhaite beaucoup de courage. Il m'a manifesté son soutien dans les moments difficiles, je fais preuve de loyauté à son égard pour les prochaines élections. »