Foot - Bleues - Pour Corinne Diacre, sélectionneuse des Bleues, « il va falloir se méfier de tout » face aux États-Unis

L'Equipe.fr
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Malgré la belle victoire des Bleues contre l'Angleterre (3-1) vendredi, la sélectionneuse Corinne Diacre reste méfiante à la veille de retrouver les Championnes du monde américaines, en amical au Havre (21 h 10). Comment se portent vos joueuses à la veille de ce match de prestige contre les États-Unis ?
On avait mis Estelle Cascarino au repos (contre l'Angleterre) et on avait fait l'impasse sur le premier match. C'était nécessaire. Estelle a repris les entraînements samedi avec les filles qui n'ont pas joué vendredi soir (contre l'Angleterre, victoire 3-1). Elle a tenu sa place tout l'entraînement, hier (dimanche) pareil. Elle est apte pour demain. J'ai 25 joueuses à ma disposition. Est-ce qu'il y aura des changements dans votre onze de départ par rapport à l'Angleterre ?
Oui, il y aura quelques changements. Je me pose encore quelques questions sur le système que je vais utiliser. De ce système vont découler les joueuses. Je suis encore en réflexion, j'attends de voir le dernier entraînement, même si veille de match, ce n'est pas là où j'apprends le plus de choses. On est suspendu aussi aux résultats des tests Covid. Je n'ai pas envie de me porter la poisse donc j'attends un peu (rires). Corinne Diacre, sélectionneuse de l'équipe de France à propos de la victoire des Bleues contre l'Angleterre (3-1) « Les filles avaient envie de faire quelque chose ensemble » Votre homologue des États-Unis s'est montré assez méfiant vis-à-vis de votre équipe. Avec le recul, qu'est-ce qui vous a apporté le plus de satisfaction, au-delà du résultat, face aux Anglaises ?
Beaucoup de choses mais principalement l'esprit collectif. Ce qui valide notre travail de la semaine, c'est le match. Quand il y a un résultat au bout, c'est tout bénéfice pour nous. Ce que j'ai aimé c'est cette solidarité et les efforts qu'elles ont fait les unes pour les autres. C'était difficile à certains moments. Nous avons commis des erreurs qui auraient pu profiter à cette équipe anglaise. Malgré tout, on a vu cette équipe française qui arrivait à contrer les tirs adverses. C'est cette force collective. On est allé chercher quelque chose qu'on avait déjà et qui s'est accentué vendredi dernier. Vous sentez que votre groupe s'est libéré ?
Oui, il y a eu une forme de libération de la part de certaines. Mais tout le monde a apporté sa pierre à l'édifice. Certaines par la parole, notamment la capitaine (Marion Torrent), les vice-capitaines, d'autre part des déplacements, d'autre part des courses. On a vu (la gardienne) Pauline Peyraud-Magnin parler beaucoup même si je pense qu'elle peut le faire davantage. On a même entendu des gens qu'on entend très peu à l'extérieur. J'ai entendu Marie-Antoinette (Katoto) communiquer. J'ai l'impression que les filles ont pris ce match à bras-le-corps. Elles avaient envie de faire quelque chose ensemble. Ça, c'est positif pour moi. À quel type d'opposition vous attendez-vous contre les États-Unis ?
On va jouer les championnes du monde en titre. Le match nul contre la Suède (1-1) est peut-être un mauvais résultat pour elles, dans leur préparation aux Jeux, mais je sais aussi que pour elles jouer la France et pour nous jouer les États-Unis, ce sont toujours des matches très importants. Il va falloir se méfier de tout. C'est une équipe complète, très expérimentée. A contrario de la mienne. On a réussi à créer autre chose : quand on n'a pas l'expérience, il faut s'appuyer sur autre chose. Là, vendredi, on s'est appuyé sur nos forces collectives, nos forces de combattantes. C'est passé sur un match, est-ce que cela suffira sur un deuxième match ? Je l'espère. On va tout faire pour. Corinne Diacre, sélectionneuse de l'équipe de France à propos de nouvelles joueuses à sa disposition « L'idée est de savoir si elles ont le niveau international » Vous refusez de parler de revanche, mais ça reste un match très spécial contre les doubles championnes du monde en titre. Vous êtes aussi la dernière équipe à les avoir battues en janvier 2019 (3-1). Cela peut-il instiller le doute dans le camp d'en face ?
Aujourd'hui, je ne suis pas dans un état d'esprit de mettre le doute dans l'équipe adverse. Je suis dans un état d'esprit de construction par rapport à mon équipe. On a un objectif qui est juillet 2022. Il ne faut pas qu'on se trompe d'objectif. On vient de se qualifier pour l'Euro 2022, les qualifications pour le Mondial 2023 vont arriver. J'ai de nouvelles joueuses à ma disposition. L'idée sera de voir si elles ont le niveau international. Contre les États-Unis, on va être vite fixé. Là, on a deux équipes de haut niveau à quatre jours d'intervalle. Ce sera à nous de trouver les ressources pour faire un bon match. Trouvez-vous que cette équipe américaine a beaucoup changé depuis votre dernier affrontement lors de la Coupe du monde ?
Au niveau du onze de départ c'est quasiment identique. On connaît très bien ces joueuses-là qui sont très expérimentées. La façon de jouer n'a pas évolué malgré le changement d'entraîneur (Vlatko Andonovski a remplacé Jill Ellis). C'est une équipe qui a des principes bien rodés autant sur le plan défensif qu'offensif. Après, il y a le talent individuel qui fait la différence. lire aussi Kadidiatou Diani : « On finira par décrocher un trophée »