Foot - Bleues - Sandie Toletti (équipe de France) : « J'ai changé, j'ai grandi, j'ai évolué »

L'Equipe.fr
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Éloignée de l'équipe de France depuis plus de trois ans notamment à cause de blessures, Sandie Toletti, qui assure avoir beaucoup appris des moments difficiles traversés, savoure son retour en sélection et espère s'y installer durablement. Sa dernière sélection remontait au 15 septembre 2017, contre le Chili, à Caen (1-0), au début de l'ère Corinne Diacre. Sandie Toletti, alors âgée de 22 ans, avait fêté sa 13e sélection. Depuis, la native de Bagnols-sur-Cèze (Gard) n'avait plus joué avec les Bleues, trop souvent handicapée par les blessures. L'ancienne milieu Montpellier, qui a quitté l'Hérault l'été dernier, a fait son retour sur les terrains avec l'équipe de France samedi soir, à Metz, lors de la victoire contre la Suisse (2-0) remplaçant Charlotte Bilbault et disputant un peu plus de 20 minutes. A Levante, l'aventure a bien commencé pour Toletti qui a déjà gagné sa place de titulaire (3 buts en 12 matches), persuadant Diacre de la rappeler. Après une période compliquée, la capitaine de l'équipe de France U17 championne du monde en 2012 veut rattraper le temps perdu.
« Qu'avez-vous ressenti quand vous avez appris que vous étiez de nouveau convoquée ?
J'étais à l'entraînement quand la liste est sortie. Les blessées et le staff sont venus me dire que j'étais en sélection. J'étais vraiment très contente, mes coéquipières aussi. Elles m'ont félicitée, fait des câlins. Je suis partie récemment en Espagne mais j'ai toujours continué à travailler, à grandir, à progresser, à m'améliorer dans certains domaines. J'ai connu des blessures, cela a été difficile. Mais cette période difficile m'a changée, m'a fait grandir mentalement et physiquement. Ces moments de doutes m'ont fait progresser. Philippe Bergeroo vous avait appelée pour la première fois en A en 2013, à 18 ans. Vous étiez finalement très jeune...
Je ne suis plus la jeune Sandie d'avant qui était en sélection. J'ai changé, j'ai grandi, j'ai évolué. J'ai pris en maturité aussi. Je viens de revenir avec l'équipe (de France), c'est tout nouveau pour moi. Elles ont leur groupe, je vais essayer de m'intégrer. C'est bien d'être appelée, le plus dur est de s'imposer et de rester dans l'équipe. Beaucoup de joueuses au milieu peuvent être convoquées, mais je travaille bien avec mon club. Là, j'ai cette chance d'être rappelée, d'avoir cette opportunité. À moi de bien travailler. lire aussi Une liste élargie sans Amandine Henry mais avec Sandie Toletti Sandie Toletti « Je savais aussi que si je faisais de bonnes performances, peut-être que je reviendrais en équipe de France » Vous êtes-vous dit que votre départ pour l'Espagne pouvait vous éloigner de la sélection ?
Je n'y pensais pas forcément. J'ai vraiment écouté mon instinct. Je n'étais pas spécialement focalisée sur le fait d'aller dans un club pour revenir en équipe de France. Je ne fermais pas la porte à l'équipe de France, mais je savais qu'elle (Corinne Diacre) avait son groupe et que ce serait difficile d'être dans l'équipe. Je savais aussi que si je faisais de bonnes performances, peut-être que je reviendrais en équipe de France. Qu'est-ce qui a motivé votre choix de quitter le MHSC dont vous étiez une joueuse emblématique ?
J'étais bien à Montpellier mais cela faisait dix ans que j'étais là-bas. J'avais vraiment envie de sortir de ma zone de confort, de voir autre chose. J'avais envie de vivre une expérience à l'étranger. J'ai eu cette opportunité. J'écoute vraiment mon instinct, je me suis dit que c'était le bon moment pour moi de changer, de voir autre chose.
Avez-vous discuté avec d'autres joueuses évoluant à l'étranger avant de prendre votre décision ?
Je connaissais des filles qui étaient déjà en Espagne. Il y avait notamment Virginia Torrecilla (elle a joué à Montpellier de 2015 à 2019), qui est espagnole, avec qui j'ai beaucoup parlé. Elle me connaissait au quotidien, elle connaissait mon jeu et elle m'a dit que j'allais me régaler là-bas. Sandie Toletti, à propos de sa décision de rejoindre Levante « Je ne regrette pas mon choix, je suis vraiment bien là-bas »

Comment s'est mis en place votre transfert à Levante ?
J'avais dit à mon agent que j'aimerais voir ce qui se passe à l'étranger. Il s'est renseigné et m'a dit que Levante était intéressé. À Montpellier, j'étais vraiment bien. J'avais tout. J'étais intégrée au club. Quand l'entraîneure (Maria Pry) et la directrice sportive de Levante m'ont présenté le projet, je me suis dit pourquoi pas aller là-bas. Je ne regrette pas mon choix, je suis vraiment bien là-bas. Quelles sont les ambitions du club ?
C'est la Ligue des champions. En commençant la saison, on sait que c'est difficile de pouvoir être dans les trois premiers qui, cette saison, sont qualifiés pour la Ligue des champions. Pour le moment on est bien (Levante est deuxième derrière le Barça, en ayant disputé trois matches de plus que les Catalanes et un de plus que le Real, troisième). Il reste 15 matches, on sait que ça va être difficile. Derrière Barcelone, entre le Real Madrid (3e), l'Atlético de Madrid (4e) et nous, c'est vraiment serré. Chaque match est une finale. Toutes les équipes jouent au ballon et veulent gagner, même celles qui jouent les dernières places. Sandie Toletti à propos de son retour en équipe de France « Quand je suis arrivée, ça s'est bien passé, on est bien. Je suis vraiment heureuse d'être ici » Comment s'est passée votre intégration ?
Je parlais un peu espagnol. Quand je suis arrivée, j'ai pris des cours. Au bout d'un mois et demi, deux mois, je comprenais tout, je parlais vraiment bien. Les filles ont vraiment été géniales pour mon intégration, cela m'a aidé à me sentir vraiment bien dans l'équipe et dans le club. Et vous avez déjà marqué trois buts...
(Rires)
Ce n'est pas mes qualités premières... moi aussi j'ai été surprise. J'étais vraiment contente d'aider l'équipe sur ces matches importants. Ça m'a fait rire car c'est rare (qu'elle marque) mais c'est bien. Vous avez sans doute suivi la fin d'année houleuse de l'équipe de France. Avez-vous eu une appréhension à revenir ?
Non. Je n'étais pas là quand ça s'est passé. Je n'ai pas d'opinion sur ça. Quand je suis arrivée, ça s'est bien passé, on est bien. Je suis vraiment heureuse d'être ici. J'ai envie de bien jouer, d'être bien. Il y a plusieurs filles que je connais de Montpellier, des filles des sélections jeunes, ça m'a fait plaisir de les retrouver. »