Foot - Bleus - André-Pierre Gignac, attaquant de l'équipe de France olympique : « L'envie de tout casser »

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Arrivé à Clairefontaine mardi pour préparer les Jeux (22 juillet-8 août), l'attaquant des Bleus André-Pierre Gignac confie son envie de disputer le tournoi olympique et sa volonté de remporter une médaille. « Comment s'est déroulée votre intégration dans la liste olympique ?
Ça remonte à janvier-février, le coach (Sylvain Ripoll) m'a appelé et m'a fait part de son envie que je sois dans la liste élargie, il voulait connaître mes attentes. Quand on sait que la France n'est pas aux Jeux depuis 1996, qu'on a 35 ans, qu'on n'est pas retourné en équipe de France depuis 2016, on est comme un fou, avec beaucoup d'envie. Mais tant que ce n'était pas officiel, je ne me prenais pas trop la tête avec ça. lire aussi La liste de l'équipe de France pour les Jeux Vous étiez très motivé tout de suite, mais il a été très difficile de construire la liste. Comment avez-vous vécu ce feuilleton et la position des clubs qui ont refusé de céder leurs joueurs ?
Je l'ai vu à distance. Maintenant, ça ne sert pas à grand-chose de polémiquer, mais c'est dommage. Après, il y a beaucoup d'envie dans le groupe, des jeunes de grande qualité, j'ai pu le voir sur les trois premiers entraînements, et on doit créer un groupe. Parfois, un groupe, c'est plus fort que d'avoir les meilleurs joueurs. Avec tous les jeunes talents qu'on a en France, on avait un statut de favoris, mais la position de challenger me va aussi. « J'ai été affecté pendant des mois après le poteau » Rejoindre l'équipe de France olympique, est-ce une façon d'oublier la frappe sur le poteau en finale de l'Euro 2016 (0-1, contre le Portugal) ?
L'image restera gravée à vie, malheureusement. La dernière seconde de l'Euro à la maison, à quelques centimètres près on peut gagner le trophée. On prend finalement un but en prolongation, ça fait partie du football. Mais cette défaite a aussi forgé l'état d'esprit de ce groupe qui a ensuite gagné la Coupe du monde. Personnellement, j'ai été affecté pendant des mois après le poteau, mais quand on est footballeur, il faut vite se remettre dans le bain et j'ai envie de laisser l'équipe de France avec une médaille en plus. La médaille, c'est vraiment l'objectif ?
Je ne suis pas venu ici pour faire de la figuration. Et quand je parle avec d'autres joueurs à table, on voit que tout le monde est dans le même état d'esprit. Il y a pas mal d'expérience, et des jeunes qui m'ont déjà bluffé. Il faut que ce petit groupe soit ensemble, avec l'envie de tout casser. On veut faire les choses bien, et donc aller chercher une médaille. Est-ce que votre club, les Tigres de Monterrey, vous a libéré facilement ?
Je leur ai bien fait comprendre que c'était un rêve et un objectif, ils l'ont bien compris. J'ai beaucoup donné pour ce club, et on va dire que je ne leur ai pas trop laissé le choix... Mais ils ont été compréhensifs. Pour eux, c'est intéressant en matière d'image, car il y a un nouveau transfert avec Flo (Thauvin, également aux Jeux) qui venait d'arriver. Je les remercie car le début de saison est important au Mexique. Vous êtes le joueur le plus expérimenté du groupe, comment voyez-vous votre rôle ?
J'ai de l'expérience et l'envie d'encadrer tout ce beau monde. Il faut être un exemple pour des jeunes qui commencent leurs carrières, je peux leur donner des petits trucs, sur la mentalité, ils vont voir au jour le jour. Ils ont déjà entendu ma voix pas mal de fois et ça va continuer. C'est un rôle qui me tient à coeur car j'ai un peu le même aux Tigres et j'ai envie d'aider au maximum mes coéquipiers. « Même si j'ai 35 ans, attention, je n'ai pas perdu » Comment vous sentez-vous physiquement ?
J'ai commencé la préparation il y a trois semaines, donc je vole un peu par rapport aux autres... Même si j'ai 35 ans, attention, je n'ai pas perdu, je fais très attention, j'ai un double entraînement pendant la saison avec un préparateur physique personnel. Là, je dois gérer les premiers entraînements avec le jet lag mais je me sens bien. La vie au Mexique vous convient toujours ?
Elle a totalement changé mes perspectives, j'ai envie de m'ancrer là-bas. La vie est incroyable, je vis un truc au quotidien qui est sensationnel. En tant que joueur, j'ai la chance de marquer pas mal de buts, jamais moins de 20 par saison, et je veux continuer. J'ai prolongé de trois ans et je ne suis pas fini. Le club s'en est rendu compte car sinon, ils ne m'auraient pas proposé un contrat aussi long. J'ai envie de faire ma vie là-bas. Mes enfants parlent trois langues, français, anglais et espagnol. C'est assez magique, c'est un passeport pour la vie. Vous parlez comme un leader. Avez-vous envie d'entraîner ?
Je vais commencer les diplômes l'année prochaine au Mexique, et je verrai en France ce qu'il faut faire à Clairefontaine. Ça me plaît et je pense que j'ai ça dans le sang, je vais être un entraîneur très exigeant. Je veux jouer dix ans aux Tigres, arrêter à 39 ans et si possible enchaîner au club. »

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