Fabien Barthez sur Hugo Lloris : "Je le jalouse un peu"

L'Equipe.fr
Fabien Barthez et Hugo Lloris

« Hugo Lloris égale votre record de sélection, il est aussi fort que vous ?


Ça veut dire qu'il est aussi bon que moi et s'il en a plus, c'est qu'il aura été meilleur sur la longévité. Joël Bats était arrivé à 50 sélections, moi à 87, et lui j'espère qu'il va finir à 120 et quelque. Ce qui me plaît, c'est qu'on est trois gauchers, on partage la même philosophie du rôle de gardien avec de la sobriété, du travail, des gardiens qui sortent beaucoup. On a la même façon de voir le sport, je l'adore humainement et c'est pour tout cela que ça me fait plaisir que ce soit un mec comme Hugo qui me dégage.

Vous vous souvenez de votre première rencontre ?


Je jouais à Nantes, lui à Nice (13 janvier 2007, 1-0), je lui avais donné mon maillot il me semble. Je l'ai trouvé tout de suite sympathique, il le porte sur la figure, c'est pas un petit merdeux au premier abord et cela se voyait que ça allait être un grand, à sa vitesse, à la façon dont il se déplaçait. Il était vivant dans le but.

Vous êtes ensuite intervenu auprès des gardiens en équipe de France, sous l'ère Laurent Blanc.


C'est là où j'ai appris à le connaître. On a beaucoup échangé et on aurait dit qu'on se connaissait déjà. C'était naturel. Un drôle de sentiment. On se comprenait du regard. À l'époque, il manquait de volume de jeu, il était un peu trop discret et il lui manquait deux mètres, en avant sur le terrain. Mais il a progressé dans tous ces domaines, et c'est là où je le jalouse un peu : il a eu la chance de travailler avec mon modèle, Joël Bats. C'est mon grand regret, j'aurais aimé passer des journées avec Joël Bats.

Qu'est-ce qu'il lui manque pour rejoindre un club de top niveau ?


Rien. Il pourrait jouer dans n'importe quel club du top 5 européen. Ce qui a freiné... il y a tellement de monde autour de ces transferts... Mais le petit passage délicat qu'il a connu en arrivant en Angleterre l'a renforcé. Et là, il a fait ce qu'il avait à faire, il a fermé sa gueule et il a bossé.

Quelle est son influence sur l'équipe de France ?


Il ne parle pas pour ne rien dire et a compris que l'essentiel se passe sur le rectangle vert, pas devant la presse. C'est sa force. Les jeunes qui arrivent, les Mbappé, il faut qu'ils l'écoutent, qu'ils voient son comportement.

S'il fallait retenir un match de Lloris chez les Bleus ?


Le premier match du dernier Euro contre la Roumanie. D'entrée, il fait ce qu'il faut pour mettre tout le monde en confiance. Ça c'est un capitaine. Ça c'est un leader.

Vous le voyez longtemps en équipe de France ?


Il est bon. Il n'y en pas un autre qui lui arrive à la cheville. Hugo a trente ans, j'espère qu'il y est encore pour six ans. Il est en pleine fleur de l'âge. Il est au top de sa carrière. Qu'il en profite !»

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