Foot - Bleus Jallet : «Je viens de nulle part»

Christophe Jallet, le latéral droit du PSG, raconte ses dix jours avec les Bleus. Et le plaisir du chemin parcouru depuis ses débuts.« Christophe Jallet, qu'est-ce qu'il se passe sur le but que vous marquez contre la Biélorussie (3-1) ?
Je vois Karim au second poteau, je veux lui mettre et puis, idéalement, le ballon n'arrive pas dans ses pieds mais sous la barre du gardien (Il sourit).

C'est donc un geste raté ?

Oui, totalement ! Il y a des soirs où le ballon file dans les tribunes, et on se fait siffler, et des soirs, où il va au fond...

Avez-vous ressenti un peu d'appréhension pour ce qui était votre première titularisation ?
Pas vraiment. Je me suis lancé, sans me poser de questions. On avait un avantage, celui d'avoir assez souvent le ballon. C'est plus facile d'assurer ses premières passes dans le camp adverse.

Vous avez beaucoup centré et plutôt bien...

C'est pour cela que le sélectionneur a choisi de me titulariser, il m'avait demandé de jouer assez haut, de combiner avec Karim (Benzema) et de mettre le ballon le plus rapidement possible devant le but. C'est ce que j'ai essayé de faire. Parfois tu as des consignes, et tu n'arrives pas à les respecter.
En club, les choses vont changer avec l'arrivée du Néerlandais Grégory Van Der Wiel (24 ans) qui sera votre concurrent direct (il a signé pour 4 ans au PSG le 3 septembre)...
Je le vis bien. Pour l'instant, ça va. Ce ne sera pas la guerre mais chacun doit se battre pour avoir sa place en club et en équipe de France. Ce sera une pression supplémentaire. Il ne faut pas se relâcher. Je suis dans un grand club, et un grand club a beaucoup de joueurs.

Comment s'est passé ce premier long stage (les Bleus se sont retrouvés à Clairefontaine le 3 septembre) ?
Franchement, très bien. C'est un groupe dans lequel il est facile d'entrer. J'avais un peu d'appréhension, elle s'est vite dissipée. Ce groupe te met rapidement en confiance. Je pense ne pas être quelqu'un de compliqué. Tout le monde parle avec tout le monde.

Ce groupe n'a pourtant pas l'image d'un groupe facile ?
C'est une image erronée. Je l'avais aussi, c'est pour cela que j'avais un peu d'appréhension. J'ai été agréablement surpris.
Quand vous avez posé votre sac à Clairefontaine, avez-vous vu défiler votre carrière ?
Oui. Et ça va m'aider à conserver les pieds sur terre. On se revoit dix ans plus tôt, signer son contrat pro, jouer en L2, puis descendre en National (*). Je viens de nulle part. C'est la réalité.

Finalement, les mots de Carlo Ancelotti, votre entraîneur au PSG, qui avaient dit que vous méritiez votre place en sélection ont trouvé un écho.
(Il se marre). Oui, d'ailleurs, il m'a chambré en me disant que ses déclarations avaient finalement été entendues. On a souvent discuté de ça. Sous Laurent Blanc, l'entraîneur venait me voir pour me dire qu'il était désolé, que ses compliments ne servaient à rien. Je n'oublierai jamais. C'était élogieux.
Pour revenir à votre but contre les Biélorusses, qu'avez-vous ressenti après ?
C'était un peu la folie, la confusion des sentiments. De l'étonnement, une explosion de joie intérieure. C'est difficile à décrire. C'est une somme d'émotions qui nous tombent dessus, on a envie de tout casser, envie de pleurer, on est fier de soi, de rendre les gens heureux.

Vous avez été formé à Niort comme Etienne Capoue, qui a aussi marqué son premier but en sélection mardi soir. Vous souvenez-vous de l'avoir côtoyé ?
Si je m'en souviens ? Evidemment. Son père, Jacques, c'était mon entraîneur en moins de 15 ans, c'est lui qui m'a dit d'être plus méchant dans le foot. J'étais un jeune branleur, j'arrivais de ma campagne, je pensais tout savoir. Il m'a fait comprendre plein de choses. Etienne, c'était un gosse. J'ai beaucoup de souvenirs.»

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