Foot - C. Ligue - Vincent Créhin (Le Mans), avant de recevoir le PSG en Coupe de la Ligue : «Un match bonus»

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Vincent Créhin, attaquant du Mans, arrivé en 2015 en CFA2, aborde la réception du PSG comme une fête en pensant très fort au choc de bas de tableau de L2 samedi face au PFC. Jour de pluie ce lundi dans la Sarthe. Les sols sont gorgés d'eau. L'effectif manceau termine sa séance matinale à la Pincenardière, le centre d'entraînement non loin du MMArena. Buteur décisif face à Orléans (3-2, 13 décembre), Vincent Créhin, 30 ans, a permis à son équipe de raccrocher la 17e place de barragiste. Il nous reçoit trente minutes pour évoquer le long parcours du club sarthois qui venait de remonter de DH en CFA2 à son arrivée en 2015-16. L'attaquant apprécie de recevoir le PSG, ce soir (21h05), dans une enceinte qui pourrait battre son record d'affluence (la demande est montée à 75 000 billets selon le président). Mais il n'oublie pas son nouveau rendez-vous pour le maintien en L2, samedi sur le terrain du Paris FC (15h). « La victoire face à Orléans, contre qui vous étiez menés, résume-t-elle votre saison ? 
Déjà, j'espère que ce sera un déclic. On s'est remis dans le dur en perdant chez nous face à Châteauroux (1-2, 29 novembre) et au Havre (0-2, 3 décembre). Prendre deux buts et l'emporter, c'est assez top au niveau caractère. On a pris une bonne soufflante à la pause. J'espère que cela nous permettra de prendre de points face au PFC. Comment fait-on pour se maintenir après huit défaites lors des neuf premiers matches de L2?
On est compétiteurs. Ca peut aller très vite au classement. Si on se dit qu'on n'a pas le niveau, on fait un autre métier. On est monté en L2 grâce aux barrages (1-2, 2-0 face au Gazélec Ajaccio) mais on n'a rien volé. Depuis notre premier match face à Lens (1-2, 27 juillet), on n'est pas ridicule, on crée du jeu. En National, on arrivait à rattraper nos erreurs. Là, il faut payer cash.

Ne vous gargarisez-vous un peu trop pas avec la qualité du jeu?
Au début, on se disait peut-être : ''on est beau à jouer''. Et on oubliait de l'emporter. Mais le coach a toujours été comme ça. On ne va pas se mettre à balancer. C'est moche. On va s'en sortir par le jeu et le mental. C'est notre philosophie. Maintenant, tout le monde n'a pas cent matches de L2. L'idée serait vraiment de prendre moins de but. On n'en mettra pas trois tous les week-ends. La perspective de jouer le PSG vous a-t-elle fait perdre des points ?
Personne n'en avait parlé avant ce matin dans le vestiaire. On est resté dans notre bulle. On prend ça pour un match bonus. Le coach fera tourner comme il l'a fait contre Nice (3-2, 1/16e de finale). Je fais ce métier pour ce genre de match. Ca bouffe du jus. On fait une mise au vert. Mais on ne jouera pas avec le frein à main. On va les faire suer. Mais il faudra aussi être super bon samedi contre le PFC. 25 000 personnes pour nous encourager, c'est génial. On l'a vu en barrage. Et puis jouer une Ligue 1, c'est toujours mieux qu'une R1. PSG : Diallo forfait contre Le Mans en Coupe de la Ligue Ça ressemblait à quoi Le Mans FC à votre arrivée (2015-16)?
On jouait à la Pincenardière et pas au MMA. On ne pouvait pas réparer les locaux d'entraînement. C'était la galère même pour changer une ampoule. Le coach gérait la comptabilité comme les terrains avec M. Pasquier (ex-président). Il y avait juste Isa, notre secrétaire. C'était champêtre. Je me suis dit ''où je mets les pieds'' (il quittait Amiens en National). Le projet ne demandait qu'à éclore mais on avait déjà l'étiquette du Mans. Donc tous les adversaires voulaient nous taper. Et jouaient à 100%. On n'avait pas le droit d'être à 90%. On s'entraînait à 19h. Il fallait attendre la sortie du boulot des copains. Le plus impressionnant, c'était le public. Ici et ailleurs, ils venaient tous nous encourager. Le déclic a été le fait de recevoir au MMArena ?
D'un coup, on a évolué sur une galette. C'était plus impressionnant pour les adversaires. Après vingt minutes, ils tiraient la langue. On y a rarement perdu. On a su terminer deuxième meilleure équipe de CFA2. Quand M. Gomez (nouveau président, 2016) est arrivé, il a fait bouger les choses et amené des médecins, un staff. Le coach pouvait se concentrer sur son travail. Et le président s'est battu pour recruter des joueurs. Vous êtes le meilleur buteur de l'histoire du Mans. Ca représente quoi pour vous?
Déjà, je ne compte pas. J'aime bien marquer. Mais ça reste toujours secondaire. Le collectif passe avant. Si j'ai ce total, c'est grâce aux copains. Mais M. Gomez me donnera un deuxième contrat seulement si on se maintient en juin (il est en fin de contrat). Le calendrier du Mans Quel est l'engouement qui escorte en Sarthe la réception du PSG ?
Ce sera une super fête, une bonne récompense pour le club et la ville. Les gens se sont battus pour avoir des billets. J'espère que c'était pour venir nous voir. L'objectif reste le championnat. Paris, ils mettent des branlées à tout le monde. J'ai entendu qu'ils en ont mis quatre aux Stéphanois. C'était pas le périph de Sainté, hein ! Quatre à Galatasaray (5-0). L'idée n'est pas non plus de mettre deux gardiens et le bus devant le but. On ne veut pas avoir de regrets. Même si on en prend beaucoup. Vous pouvez les battre ?
Si notre gardien se transforme en Jésus. Que l'on met des poteaux rentrants, eux sortants et qu'ils galvaudent le match. Mais je ne crois pas. Ils sont très pros. Nice est venu un peu en dilettante et finalement, on les a attrapés. Si les voyants sont au vert et qu'on est dans un très bon jour... On fera du plaisir organisé. On n'est pas stressés. Plutôt galvanisés. Les amis ont tenté de gratter des maillots, des places. Moi, ma famille est en Bretagne et elle bosse le lendemain. Et puis je ne suis pas trop foot. Le classement de la Ligue 2 Vous ne regardez pas les matches ?
Je n'ai pas les chaines. Je n'ai jamais regardé. Je n'apprécie pas. Sans doute parce que c'est mon métier. Le seul contexte où j'ai vu des rencontres, d'était l'Euro où j'ai suivi les rencontres dans un bar. En buvant des coups. Sinon, je passe à autre chose. Le foot a été une passion. Ca ne l'est plus. J'ai été trop déçu. Au début, je pensais qu'on pouvait y arriver avec des qualités. Il faut en avoir. Il y a aussi du piston. Combien de buts je dois mettre pour aller voir au-dessus ? A Avranches (avec Déziré), j'en avais mis 14. D'autres 6 et ils ont eu leur chance. Mon téléphone ne sonnait pas. J'ai inscrit 19 buts deux saisons avec le Mans. Certains en ont mis 6 en CFA (N2). Et ils jouent en L2. Il faut un profil adapté et sûrement un bon agent. C'est devenu mon métier. Tant que j'arriverai à en vivre et à mettre des sous de côté, je m'investirai. Après, je ferai autre chose. Et pas de foot à la maison. Peut-être du foot en salle avec les copains. C'est votre semaine la plus importante de l'année ?
Non. Mais elle est très importante car on rencontre un concurrent direct pour le maintien. Si on prend des points à Paris, on passera Noël au chaud. Face au PSG, ce sera une bonne prime. Mais ça ne vaudra pas de points. Et si on perd, en janvier on retournera au boulot face à Auxerre (le 10 à domicile, après un déplacement à Bordeaux en Coupe de France, le 3 janvier). Mais ce match bonus, on ne le disputera peut-être qu'une fois dans notre vie. »

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