Foot - ITA - Maurizio Sarri, le Maestro du Napoli

L'Equipe.fr
Maurizio Sarri a été élu meilleur entraîneur de Serie A devant Massimiliano Allegri.

À la tête du Napoli depuis 2015, Maurizio Sarri n'est pas le plus connu des entraîneurs italiens. Son parcours et ses méthodes atypiques le différencient de ses collègues. Portrait d'un converti, élu meilleur entraîneur de Serie A.Ancien cadre dans une banqueIssu d'un milieu modeste, Maurizio Sarri n'a pas connu une trajectoire classique avant de devenir l'homme public qu'il est aujourd'hui. Né à Naples où son père travaillait comme grutier et très tôt fan du Napoli, il n'a jamais été joueur professionnel et a découvert le métier d'entraîneur sur le tard. C'est à 42 ans qu'il a pris la décision de changer de voie. Alors cadre au sein de la très réputée banque Monte dei Paschi, il démissionne pour mieux assouvir sa passion.«J'ai compris que je ne pouvais passer le cap que si entraîner devenait mon activité principale. Surtout, je n'en pouvais plus d'aller au bureau et d'attendre qu'il soit 17 heures pour pouvoir me barrer et aller sur le terrain, se souvient celui qui a débuté en 6e division puis dirigé une douzaine de clubs, dont Empoli, qu'il a mené jusqu'en Serie A en 2014. Aujourd'hui, je fais un travail pour lequel on me paie, alors qu'avant je le faisais gratuitement.» Avoir réussi sa reconversion, c'est sa plus grande fierté.Un drone comme fidèle adjointÀ l'instar d'Unai Emery, l'entraîneur du Napoli est un dingue de vidéo. Capable de passer des heures à étudier le jeu d'un adversaire ou à élaborer de nouvelles combinaisons sur coups de pied arrêtés, il est méticuleux à l'extrême. Presque maladif. Au point d'utiliser parfois des méthodes révolutionnaires pour faire progresser ses joueurs. À l'entraînement, l'utilisation d'un drone est devenue courante. Méticuleux, il s'efforce aussi de mettre en application tout ce qu'il a appris de ses «grands modèles», Arrigo Sacchi, Zdenek Zeman ou encore Luigi Del Neri. Pour lui, comme pour ses aînés, la manière compte plus que le résultat et le collectif prime sur l'individualité. Son surnom, «El Maestro», résume sa personnalité.À mi-chemin entre Bielsa et LippiUne chose est sûre, Maurizio Sarri ne remportera jamais le titre d'entraîneur le plus chic de l'année. Au bord du terrain, comme Guy Roux ou Marcelo Bielsa avant lui, il apparaît toujours vêtu d'un survêtement. À ses débuts, il poussait même le bouchon jusqu'à toujours porter le même, par superstition, ainsi qu'à demander à ses joueurs de peindre leurs chaussures en noir, soi-disant pour multiplier les chances de victoire. Depuis qu'il dirige un club de Serie A, l'ancien coach de Pescara (2005-2006) notamment a perdu ses vieilles habitudes. Sauf une, celle de fumer comme un pompier. Jusqu'à quatre paquets par jour ! Avec ses petites lunettes et sa clope au bec, le quinquagénaire (58 ans) n'est pas sans rappeler un certain Marcelo Lippi, en beaucoup moins classe quand même...Des dérapages qui font tâcheL'un des travers dans lequel Sarri retombe régulièrement, c'est celui de l'insulte facile et gratuite. En janvier 2016 par exemple, lors du match contre l'Inter Milan, le technicien avait choqué en traitant son homologue Roberto Mancini de «pédale» et de «pédé». Ce qui lui avait valu d'être expulsé. Deux ans plus tôt, il s'était déjà laissé aller, en prononçant des propos douteux sur le même thème : «Le foot est devenu un sport de pédales. C'est un sport de contact, en Italie on siffle beaucoup plus qu'en Angleterre, c'est une interprétation d'homosexuel.» Cette fois, même si le caractère homophobe de ses déclarations n'avait pas été retenu, il avait été suspendu pour deux matches et avait écopé d'une amende, cet épisode renforçant au passage son image de macho italien de base.Maradona lui a fait ses excusesLe profil atypique de Sarri était loin de faire l'unanimité lorsqu'il a été choisi pour entraîner Naples. Diego Maradona en personne s'était exprimé à son sujet et avait émis quelques réserves sur la réussite de cet autodidacte à la tête de son ancienne équipe. «Sont-ils tombés sur la tête ? Nous n'allons rien gagné avec lui. C'est une bonne personne mais pas celle qu'il faut au Napoli. Le club a besoin de quelqu'un qui comprenne son prestige», avait affirmé l'ancienne star argentine, en septembre 2015, avant deux mois plus tard de se rétracter, face aux bons résultats obtenus. «J'ai eu tort et lui présente mes excuses», avait déclaré l'ex-numéro 10 au Corriere del Mezzogiorno, signe du gros travail accompli par Maurizio Sarri.

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