Foot - CAF - Cinq candidats se livrent une intense bataille pour la présidence de la CAF

L'Equipe.fr
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Cinq candidats se sont déclarés avant la date limite du dépôt des candidatures à la CAF, jeudi. Une concurrence rare, un président, Ahmad, en quête d'une réélection, dans le viseur de la FIFA : bienvenue dans l'univers impitoyable du foot africain... Dans les arcanes de la CAF, le pouvoir du football africain, les matches éliminatoires de la CAN 2021, disputés actuellement, masquent mal les combats en haut lieu qui secouent l'institution. Se joue en sous-main une bataille intense pour succéder le 12 mars 2021 à Ahmad Ahmad, le président malgache, élu le 17 mars 2017 de manière très inattendue face au Camerounais Issa Hayatou, quasi trente ans de règne sous le manteau. Le numéro un actuel a déjà annoncé son intention de briguer de nouveau le poste, soutenu par 46 présidents de Fédérations (sur 54) qui l'ont invité à poursuivre son travail. Fin du débat ? Pas vraiment... La date finale des dépôts de candidatures, jeudi, a laissé apparaître des larges fissures dans cette supposée unanimité. Une grosse concurrence Une concurrence inédite sur ces terres s'est invitée au banquet : Jacques Anouma, ancien président de la fédération ivoirienne, Patrice Motsepe, président du Mamelodi Sundowns, club sudafricain, l'un des hommes les plus riches du continent (grâce à ses sociétés de mines), Ahmed Yahya, président de la fédération mauritanienne, et Augustin Senghor, président de la Fédération sénégalaise, ont annoncé, eux aussi, officiellement être de la partie. Et officieusement ? La liste définitive, une fois les dossiers étudiés, ne pourrait être donnée qu'au début du mois de janvier... Ces ambitieux se sont déclarés dans l'ultime semaine comme s'ils sentaient pointer la fin d'un règne... Rien n'est surprenant dans ce timing. Ahmad apparaît, ces derniers temps, aussi solide qu'une feuille dans la tempête. France Football annonçait ainsi qu'il devait être suspendu par le comité d'éthique de la FIFA pour son rôle dans la gestion de la fourniture d'équipements à la CAF via la société Tactical Steel (*) : cette sanction tardait en raison des problèmes de santé de Ahmad (coronavirus), hospitalisé en Egypte mais sorti très récemment de la clinique. Ces informations ont, bien sûr, fragilisé le Malgache dont on sait les relations avec Gianni Infantino, le président de la FIFA, grandement détériorées. Et Infantino, proche du comité d'éthique de la FIFA, n'est pas homme à s'embarrasser d'opposants... C'est lui qui ne voulait plus d'Hayatou, lui qui a actionné ses réseaux, ses moyens, pour aider Ahmad à s'imposer, il y a trois ans. Personne ne misait un centime à l'époque sur sa victoire sauf le Suisse qui avait parcouru le continent en multipliant les promesses... (*) Elle a fait l'objet d'une enquête de la police française qui avait interrogé Ahmad en juin 2019. Il avait été relâché sans poursuites.
Infantino pencherait pour Motsepe Infantino a bien compris qu'on ne se prive pas d'un grand nombre des 54 voix de la CAF comme ça... Mais ses méthodes ne plaisent pas à tous les dirigeants africains qui voient dans ses prises de position une forme de néocolonialisme. On ne compte plus les moments de tension avec certains, dont Ahmad, irrités par certaines leçons données. Mais Infantino a du poids et il se murmure que son choix se serait porté sur Motsepe. Les prochaines semaines seront déterminantes pour en savoir plus sur l'avenir du foot africain. Et en creux sur la réelle influence du boss de la FIFA au coeur d'un continent où les équilibres ont évolué. Une certitude : des blocs se dessinent avec l'apparition des Anglophones, qui attendent la première présidence de leur histoire, des Francophones et des Arabophones. Et si Ahmad était sorti du jeu, les cartes seraient rebattues. Le combat géostratégique s'annonce intense en coulisses pour un poste qui ressemble fort à celui d'un chef de l'État...