Foot - CAN - Ghana - 23 janvier 1992 - Le crève-coeur d'Abedi

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« L'Équipe » archive plus de 12 millions de photos. Chaque semaine, nous débusquons l'un de ces trésors cachés. Le 23 janvier 1992, Abedi Pelé qualifiait le Ghana pour la finale de la CAN. Une finale pour laquelle il sera suspendu. Il est en lévitation. Coeur qui saigne et regard dans le vide, perché sur les épaules de ses partenaires et de fans accourus. Les 30 000 spectateurs du stade de l'Amitié de Dakar chantent son éclat, les objectifs cherchent à capter son désespoir. Enroulé dans le drapeau du Ghana, Abedi Ayew Pelé sait. Lui, la star absolue de cette Coupe d'Afrique des nations, auteur de trois buts, ne jouera pas la finale trois jours plus tard. La faute à un carton jaune (son second du tournoi) brandi à la 40e minute par le Tunisien Neji Jouini qui a mal pris sa remarque un peu vive. « J'ai le droit de parler, je suis capitaine quand même ! » dira-t-il ensuite. Lors de cette demi-finale face au Nigeria, l'attaquant de l'OM (27 ans) a encore brillé. Un but pour égaliser avant la mi-temps, de la tête sur corner, lui le feu follet plus subtil que les colosses d'en face. Et, surtout, une farandole de crochets et de feintes, une magie de gaucher qui rend fou l'adversaire et transcende son camp, vainqueur 2-1. Dès le coup de sifflet final, les Ghanéens s'activent pour lever la suspension. « Tout le monde pense que cette punition est anormale », martèle le héros des Black Stars. Le recours n'aboutit pas. Écoeuré, le joueur songe à quitter le Sénégal. Finalement, le dimanche suivant, il entre sur le terrain en même temps que ses équipiers, en veste rouge pétant. Là encore, la foule hurle son nom. Il vit la partie, très serrée, d'abord sur le banc des délégués puis à l'écart, sur une chaise. Ses harangues ne suffisent pas. La Côte d'Ivoire s'impose à l'agonie (a.p. 0-0, 11 t.a.b. à 10) pour un premier sacre continental. Abedi Pelé ne remportera pas une deuxième Coupe d'Afrique des nations, dix ans après celle de 1982, quand il n'était encore qu'un remplaçant surdoué. En janvier 1993, il sera élu Ballon d'Or africain par France Football pour la troisième fois d'affilée et « Personnalité sportive africaine de l'année »par la BBC. Mieux encore, en 1993, il soulèvera la Ligue des champions avec Marseille.
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