Foot - Championship - Anthony Knockaert (Brighton) : «J'ai parfois des coups de mou, je pleure»

L'Equipe.fr
Le milieu offensif français Anthony Knockaert vient de valider la montée en Premier League avec Brighton et pourrait être sacré champion dès ce vendredi. Elu meilleur joueur de la saison, le gaucher (25 ans) puise sa motivation dans les drames familiaux qui ont jalonné sa vie.

Le milieu offensif français Anthony Knockaert vient de valider la montée en Premier League avec Brighton et pourrait être sacré champion dès ce vendredi. Elu meilleur joueur de la saison, le gaucher (25 ans) puise sa motivation dans les drames familiaux qui ont jalonné sa vie.«Vous aviez échoué en play-offs l'an dernier avec Brighton. Cette saison, vous venez de valider votre promotion directe en Premier League. C'était inespéré ?Cette saison s'achève vraiment de très belle manière pour nous. L'an dernier, on a eu beaucoup de mal à accepter de rater la monter de cette manière, en play-offs. On pensait vraiment aller au bout. Ç'a été un choc pour nous. Pendant l'été, on a su se remobiliser. On s'est dit qu'il fallait repartir, tout de suite. On a la chance d'avoir un coach (Chris Hughton) qui a beaucoup d'expérience à ce niveau-là et qui connaît par cœur la Championship. On a fait une réunion pendant la préparation et à ce moment-là j'ai dit que l'objectif était d'aller en Premier League. Mais directement, sans passer par les play-offs. L'été dernier, vous avez refusé les avances de Newcastle, un relégué très ambitieux qui visait la remontée immédiate. Vous êtes resté à Brighton et vous voilà élu meilleur joueur du Championnat...Newcastle voulait vraiment m'acheter, c'est vrai. Mais il était hors de question de partir. J'avais en tête de monter avec Brighton et d'écrire l'histoire avec ce club, qui n'a jamais été en Premier League. Donc aujourd'hui je sais que j'ai fait le bon choix en restant ici. On a fait une saison exceptionnelle. Depuis qu'on est sûr de monter, lundi, il y a une vraie euphorie dans le club. Tout le monde est hyper excité. Personnellement, je rêvais depuis tout petit de jouer en Angleterre, en Championship ou en Premier League. La Championship, les gens ne se rendent pas compte : c'est une Championnat extraordinaire. C'est comme une D1 dans un autre pays. Il suffit de voir les clubs qu'il y a, Newcastle, Aston Villa, etc... Des clubs avec des moyens énormes ! C'est exceptionnel chaque week-end, il y a 30000 personnes à chaque rencontre, les tribunes sont pleines, il y a 46 matches dans la saison... C'est très, très relevé. En début de saison, 90% des gens en Angleterre pensaient que Newcastle serait champion, et nous on est à trois points de le faire. J'ai fait le meilleur exercice de ma carrière (15 buts en Championship). C'est un rêve de gosse donc je suis vraiment content pour ma famille. Vous parlez de votre famille... Vous avez connu un drame en novembre avec le décès de votre père des suites d'une maladie, comment avez-vous pu le surmonter ?Je ne vais pas mentir. Le jour où c'est arrivé... (Il cherche ses mots) Je pensais que je ne me relèverai pas. Mon père, c'était avec lui que j'étais le plus proche dans ma famille. On partageait tout, ensemble. Ça m'a fait un choc énorme. Il est parti en deux semaines, on n'a rien vu venir. Ce qui a fait la différence, c'est le soutien que j'ai eu à Brighton. C'était un truc de fou. Joueurs, staffs, supporters... Tout le monde m'a aidé. Un matin, je me suis réveillé en me disant que mon père n'aurait pas voulu que je reste au fond du trou, dans ma tristesse. Alors j'ai décidé de me battre encore plus pour lui, de faire le maximum pour le rendre fier. Ça m'a donné une forme incroyable. Je lui dois tout. Il m'a toujours poussé pour que j'en sois là aujourd'hui. Vous aviez déjà perdu votre frère aîné, à 18 ans, une épreuve que vous aviez déjà réussi à surmonter... J'ai vécu des moments extrêmement difficiles dans ma vie, des moments dont certaines personnes ne se relèveraient pas et je le comprends. Mentalement, j'essaye de rester très fort, même si ce n'est pas facile. J'ai parfois des coups de mou et je pleure. Je pense à eux, aux choses de la vie. Mais tout ça me pousse à dépasser mes limites et à faire le maximum pour arriver au sommet. Le sommet passe maintenant par la Premier League. Un Championnat dans lequel vous ne vous étiez pas imposé avec Leicester il y a deux ans. Je connais très bien mes qualités et je sais que je peux le faire. Il me faut juste la chance qu'on ne m'a pas donnée à Leicester. Aujourd'hui, je suis trop déterminé. Croyez-moi, je vais jouer. L'envie est immense. Avec Leicester, vous aviez échoué en 2012-2013 en play-offs en ratant un pénalty important, puis vous étiez monté directement l'année d'après, en étant élu meilleur joueur de l'équipe. Et pourtant à la reprise l'entraîneur ne vous faisait pas jouer en Premier League... Je ne pense pas trop au passé et je relativise beaucoup. Je n'ai rien contre Nigel Pearson, mais il ne m'a pas donné ma chance, c'est tout. Vous étiez pourtant le chouchou des supporters de Leicester et la star de l'équipe, alors que des joueurs comme Harry Kane ou Jamie Vardy étaient sur le banc à Leicester... Je ne suis pas là pour avoir des regrets. Je n'en ai aucun. Jamie, c'est mon pote, on est proches, je suis hyper content de ce qu'il a réalisé. Et l'an dernier, j'étais à fond derrière Leicester, j'ai vibré avec eux. Harry, lui, a explosé avec Tottenham. Je ne suis pas envieux ni jaloux. J'étais heureux pour eux. Pearson s'est simplement peut-être trompé sur mon cas. Je n'ai commencé que trois matches. C'était trop peu pour montrer ce que je valais. Mais il y a aussi une part de chance dans le foot, qu'il faut saisir. Jamie, il ne jouait jamais en Championship et aujourd'hui, il est en équipe d'Angleterre.Les supporters vous avaient fait une chanson à Leicester : "Si vous vendez Knockaert, vous déclencherez une émeute". Aujourd'hui, les supporters de Brighton vous en ont fait une : "On a Anthony Knockaert, il n'a coûté que deux millions, mais il est meilleur que Özil". Ça vous touche ?Evidemment ! Les supporters m'aiment bien car je ne triche jamais, je donne tout, je cours partout, je ne renie jamais un effort. C'est important de donner du plaisir à ces gens. Ils font des sacrifices pour venir nous soutenir, pour nous suivre toute la saison. Ces deux chansons sont marrantes, c'est typiquement anglais cet humour. Vous êtes vraiment meilleur que Mesut Özil ?(Rires.) Pas du tout ! J'en suis encore très loin. Je dois encore beaucoup travailler mais à l'avenir, pourquoi pas ? Je ne me fixe pas de limite.Même pas celle de l'équipe de France ? Vous avez été international Espoirs, où vous étiez en balance avec un certain Antoine Griezmann...L'équipe de France est évidemment dans un coin de ma tête. Je suis quelqu'un de très ambitieux. C'était le rêve de mon père de me voir évoluer en bleu. Je ne vais rien lâcher. Si j'explose en Premier League, si je fais une saison extraordinaire, le sélectionneur va sûrement regarder mes matches. Ça serait un immense honneur pour moi de jouer en équipe de France, et encore plus pour mon père. Antoine a pris une belle avance sur moi (Rires.). Il ne me surprend pas du tout et il va encore montrer aux gens qu'il est un des meilleurs du monde à son poste, il peut marquer l'histoire du football. Je suis heureux de ce qu'il lui arrive.

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