Foot - Chronique de Lahm - Chronique de Philipp Lahm : Xavi de retour au Barça, le dilemme du stratège

  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
·5 min de lecture
Dans cet article:
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.
  • Oops !
    Une erreur est survenue.
    Veuillez réessayer plus tard.

Ancien capitaine du Bayern Munich et champion du monde en 2014 avec l'Allemagne, Philipp Lahm pose régulièrement son regard sur l'actualité internationale dans des chroniques dont « L'Équipe » est partenaire. Il s'intéresse ici à la tâche difficile qui attend Xavi au Barça : le stratège peut-il refaire des miracles dans un football qui a tant changé ?

« Xavi est de retour. Avec lui sur le banc, le FC Barcelone veut revivre l'ère dorée de Pep Guardiola. Grâce à sa technique et sa vision du jeu, Xavi était un joueur de classe mondiale. Il jouait en stratège et se mettait au service de l'équipe. Il aidait les autres en se proposant toujours pour la passe, trouvait des solutions. Et il semblait impossible de le séparer du ballon, même quand il était encerclé.

lire aussi
Chronique de Philipp Lahm : pourquoi une Coupe du monde tous les deux ans est une mauvaise idée

Au zénith de Xavi, l'équipe d'Espagne était pratiquement imbattable : elle est devenue championne d'Europe, championne du monde, puis de nouveau championne d'Europe. Lors des finales de l'Euro 2008 et 2012, il a été passeur décisif sur quatre buts. À cette même époque, il dominait la Ligue des champions avec le Barça, remportant deux fois le titre et atteignant deux fois les demi-finales. Le tiki-taka était à son sommet.

Xavi convenait parfaitement à la philosophie du Barça et de Guardiola. Sous sa direction, Xavi, Iniesta, Puyol et Messi représentaient une certaine idée du football total, selon laquelle tout le monde peut tout faire. Ensemble, ils ont hissé l'équilibre entre l'attaque et la défense à un nouveau niveau. La corpulence n'était pas décisive, pas même en attaque ou en défense. À cette époque, Barcelone était même un modèle pour d'autres aspects : le club avait l'Unicef pour sponsor maillot principal.

Mais les temps ont changé. Le Barça a gagné la Ligue des champions pour la dernière fois en 2015. Depuis, il n'a pas atteint la finale et il a même marqué les esprits par ses lourdes défaites : 2-8 contre le Bayern, 0-4 contre Liverpool, 0-3 contre l'AS Rome, 1-4 contre le PSG et plus récemment 0-3 contre Benfica. C'est le revers de ce football qui nécessite la meilleure technique et un haut niveau d'intelligence de chacun.

Les adversaires ont déchiffré le jeu du Barça depuis longtemps. En 2010, José Mourinho et l'Inter Milan étaient parvenus à empêcher Barcelone de marquer. En demi-finale de la Ligue des champions, il a barricadé la surface de réparation avec toute l'équipe. Le principe de « tout le monde derrière le ballon » est devenu socialement acceptable. Souvent, des buts simples survenus sur des coups de pied arrêtés, des contres et des solutions musclées, aidaient pour y parvenir.

lire aussi
De retour au Barça, Xavi annonce le programme

La possession dominante du Barça a été remise en question, le football est devenu plus physique et dynamique. Il y a désormais de nouveaux protagonistes sur le terrain : Trent Alexander-Arnold, Paul Pogba, Alphonso Davies ou Erling Haaland. Ce sont tous des athlètes qui se rapprochent plus d'Usain Bolt que de Xavi et de son 1,71m.

Messi joue aussi à Paris. Il y a, en fait, une nouvelle compétition économique. En 2011, le Barça et le Real étaient les clubs qui créaient le plus de richesses au monde, suivis à distance par Manchester United, le Bayern et Chelsea. Aujourd'hui, de lourds investissements sont faits un peu partout en Europe. On compte près d'une dizaine de clubs avec un chiffre d'affaires annuel d'un demi-milliard ou plus. De nombreux clubs se battent pour les mêmes joueurs. Le PSG et Manchester City apparaissent désormais sur la carte. La dynamique du marché a engendré des entrées et des sorties.

À une époque, Arsène Wenger, Alex Ferguson ou Johan Cruyff étaient des institutions dans leur club. Maintenant, c'est l'exception quand un entraîneur a du temps. Guardiola lutte contre les tendances en cours, mais lui aussi fait des compromis, il fait jouer son onze de manière plus défensive et donne parfois le ballon à l'adversaire.

La plupart des dix à quinze entraîneurs de très haut niveau, comme Mauricio Pochettino, Thomas Tuchel, Antonio Conte ou Carlo Ancelotti, tournent tous les deux ou trois ans dans les grands clubs. Pendant cette période, on ne peut pas développer grand-chose. Il est plus important pour eux de créer une bonne ambiance dans l'équipe et d'être accepté par les stars.

Ainsi, Zinédine Zidane, qui a remporté trois fois de suite la Ligue des champions avec le Real Madrid de 2016 à 2018, dit de lui : « Tactiquement, je ne suis pas le meilleur entraîneur ». Comme peu d'autres, il a mené son équipe par son rayonnement. C'est devenu le facteur décisif, et non la philosophie ou une idée de jeu ambitieuse.

On peut aussi faire confiance au charisme de Xavi, qui a longtemps marqué le football du Barça. Mais peut-il encore fonctionner ? L'école du Barça est-elle assez forte pour remporter des titres internationaux ? Bénéficiera-t-il de suffisamment de confiance et de patience alors que ses deux prédécesseurs n'ont pas tenu deux ans au total ? Des questions passionnantes accompagnent Xavi dans sa nouvelle grande mission. »

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles