Foot - Coronavirus - Maxime Tarasconi, de footballeur à infirmier : « On est formés pour être en première ligne »

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Maxime Tarasconi, ancien joueur professionnel aujourd'hui à Gémenos (N3), est aussi infirmier en réanimation à Marseille. Il est prêt à affronter la situation liée au coronavirus, conscient qu'elle risque de s'aggraver. Milieu de l'AS Gémenos en National 3, Maxime Tarasconi (29 ans) est mobilisé sur un autre terrain actuellement. L'ex-pro d'Istres (32 matches en L2) fait face au coronavirus comme infirmier en réanimation à l'hôpital de la Timone à Marseille. Il témoigne. La Ligue des médecins presque ordinaires « En réanimation, on a l'habitude de voir des situations graves. Mais, depuis quelques jours, nous sommes en train de passer en mode coronavirus. Il y a pas mal de cas qui commencent à s'intensifier. On est de plus en plus dans l'action. Nos patients sont essentiellement des Covid-19. À la Timone, il y a aussi des spécialités suivant les services, même en réanimation. Dans le mien, il y a encore de la capacité pour accueillir des personnes atteintes. Ce qui change par rapport à nos habitudes de travail, ce sont toutes ces nouvelles précautions à prendre. Ce virus est plus contraignant dans les procédures d'isolement. Il faut faire attention dans tout ce qui est transmission. Il y a des collègues, des médecins et autres personnes soignantes qui ont été infectés autour de moi ». « On peut toujours se dire qu'il y a pire, mais on vit quand même quelque chose de très particulier » « Personnellement, je suis célibataire. Je me confine seul chez moi en dehors du travail. On est une cinquantaine de personnes sur le front dans mon service pour 32 lits. Je suis de service de nuit de 19 heures à 7 heures. Je suis encore dans un rythme habituel. Mais on risque d'être de plus en plus appelés sur des jours de repos à l'avenir. On voit l'ampleur de la situation ailleurs. On se prépare à quelque chose de plus grave même si on espère que ça ne va pas arriver... On va faire face comme tout le personnel médical. C'est une situation inédite mais on est formés pour être en première ligne ». Toute l'actualité liée au coronavirus « On sent qu'il y a de la solidarité autour de nous. C'est touchant et rassurant. Des sociétés nous offrent des repas, des pizzerias nous livrent et des boulangers nous préparent des petits-déjeuners. Je suis en "réa" à la Timone depuis un an. J'avais repris mes études d'infirmier à 25 ans en parallèle du football. J'ai été formé à Istres avec José Pasqualetti comme coach en pro. J'étais avec Nassim Akrour, Éric Chelle ou Nicolas de Préville. Ensuite, j'ai été à Louhans-Cuiseaux, Granville, à Toulon, au Pontet et désormais je suis à Gémenos en N3. Là, on a stoppé le foot comme tous les autres joueurs. Je ne sais d'ailleurs pas si ça va reprendre. Mais il y a vraiment d'autres priorités en ce moment. On peut toujours se dire qu'il y a pire, mais on vit quand même quelque chose de très particulier. C'est pour ça que les gens doivent vraiment prendre la mesure de la situation. Et bien rester confinés. C'est vital. »

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