Foot - Coupe - Andrézieux-Bouthéon - François Clerc, président d'Andrézieux-Bouthéon, avant d'accueillir Montpellier : « Pas le petit poucet contre l'ogre »

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Tombeur de l'OM (2-0) il y a bientôt trois ans, Andrézieux-Bouthéon rêve d'un nouvel exploit contre Montpellier ce dimanche (16 heures), en 32es de finale de la Coupe de France. Ancien international français et président du club de National 2, François Clerc croit son équipe capable de « pourrir la vie » du MHSC.

« Vous venez d'éliminer Grenoble (3-0), un club de Ligue 2. Comment situez-vous vos chances face à Montpellier, 5e de Ligue 1 et demi-finaliste la saison dernière ?
Éliminer Grenoble, c'était déjà assez exceptionnel. Montpellier, c'est encore un voire deux niveaux au-dessus, parce que c'est une équipe qui joue le haut du tableau en Ligue 1, un club qui a beaucoup d'expérience dans les Coupes (vainqueur de la Coupe de France en 1990 et de la Coupe de la Ligue en 1992), qui a déjà été champion de France (en 2012). On a beaucoup parlé des départs de leurs deux attaquants vedettes (Delort et Laborde), mais ils se débrouillent très bien sans, le coach (Olivier) Dall'Oglio mène très bien sa barque depuis son arrivée. On sait que ce sera encore plus difficile, mais c'est le charme de la Coupe de France et du football : on n'a qu'une petite chance, mais elle existe. Il faudra essayer de la saisir.

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Comment sentez-vous vos joueurs depuis le tirage ?
En tant que président, ma priorité reste le Championnat (Andrézieux, qui reste sur trois victoires, est troisième de son groupe). On est très contents d'être en 32es, on félicite les joueurs et le staff, mais c'était très important de continuer à gagner pour rester dans le haut du classement. Il n'y a pas du tout eu de relâchement depuis le tirage au sort. Tout le monde est très concerné, très concentré. Il y a beaucoup d'envie, un peu d'excitation aussi, c'est normal.

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Olivier Dall'Oglio perçoit Andrézieux-Bouthéon comme une équipe "solide et athlétique, notamment devant, dangereuse sur coup de pied arrêté". Qu'en pensez-vous ?
On a une équipe cohérente, avec de la maturité, un bon mélange entre des jeunes et des joueurs plus expérimentés qui pour certains ont déjà été pros. Montpellier est largement favori, mais sur un match, je pense qu'on est capable de leur pourrir un peu la vie, surtout devant notre public et dans un stade (l'Envol Stadium, 5 000 places dont 3 000 assises) qui devrait faire le plein.

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À l'image de votre capitaine Clément Cabaton, passé par Saint-Étienne, nombre de vos joueurs ont côtoyé de plus ou moins près le monde professionnel...
À part peut-être un ou deux, tous sont passés par des centres de formation, notamment dans le coin à Lyon, Saint-Étienne ou Clermont. Notre gardien Matthieu Pichot a été pro à Bourg-en-Bresse et a fait une finale de Coupe de France avec les Herbiers (en 2018), Pierre Nouvel a été formé à Lyon avant de passer pro à Reims, Alexandre Durimel a joué en Ligue 2 avec Amiens, on a deux vainqueurs de la Gambardella avec Saint-Étienne, Seybou Koïta et Lemouya Goudiaby, qui ont fait quelques apparitions en Ligue 1 avec Amiens et Metz...

La N2 a changé depuis cinq ou dix ans, et c'est aussi pour ça que ce n'est pas l'euphorie. Ce sont pour la plupart des joueurs qui ont goûté au monde pro et qui ont envie d'y revenir. D'ailleurs, deux joueurs de notre effectif de la saison dernière, Yadaly Diaby et notre ancien capitaine Léo Petrot, jouent aujourd'hui en Ligue 1 avec Clermont et Lorient. Chez nous comme dans la plupart des clubs de N2, les joueurs vivent du foot, ils ne travaillent pas à côté. Ils ont de petits salaires, mais c'est leur boulot. Je ne pense pas qu'ils se laissent intimider par le fait d'affronter une équipe de Ligue 1. Forcément, ils sont contents de rencontrer Montpellier. Ils parlent de Sakho, de Savanier, de Germain, de Mavididi... mais ce n'est pas le petit poucet contre l'ogre.

À quel point l'exploit contre l'OM (2-0, déjà en 32es), il y a près de trois ans, est-il présent dans les têtes ?
De cette époque, il ne reste plus que (le milieu) Vincent Felder. Le club a pas mal bougé, le coach a changé (Arnaud Marcantei est en poste depuis le mois de mai). Mais je pense que les joueurs ressentent cette effervescence. Marseille, c'était la nouveauté. C'était la première fois qu'Andrézieux éliminait un club aussi prestigieux, ça avait vraiment marqué les esprits. On a aussi fait un huitième tour la saison dernière. Aujourd'hui, les gens se disent : "Andrézieux, c'est une vraie équipe de Coupe, ils sont capables de le faire". Ça crée un peu d'émulation. Mais ne pense pas que l'entraîneur ait besoin de le rappeler aux joueurs. Ils seront forcément à 200 %.

Vos objectifs, quand vous êtes devenu président d'Andrézieux-Bouthéon en avril 2019, étaient de "fédérer, pérenniser, professionnaliser et performer". Où en êtes-vous aujourd'hui ?
Le Covid nous a un peu freinés ces deux dernières saisons, mais on est en train de s'installer comme un club qui travaille bien, qui fait de bonnes choses. On a un super petit stade, on est dans une région qui aime le foot, et la Coupe de France nous permet d'attirer la lumière sur nous. On en profite. L'objectif, c'était de poursuivre le travail qui avait été bien fait et de progresser dans certains secteurs. Je pense que pour l'instant, on est sur la bonne voie. J'espère qu'on sera à la lutte au mois de mai pour pourquoi pas monter d'un niveau (en National). »

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