Foot - D1 (F) - Les clubs de D1 féminine réclament les cinq changements

L'Equipe.fr
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Frustrés de ne pas pouvoir utiliser la règle des cinq changements cette saison en D1, les clubs du Championnat de France aimeraient qu'elle soit introduite la saison prochaine dans l'élite. On l'a souvent répété, la D1 française est un championnat à plusieurs vitesses au sein duquel les intérêts des douze équipes convergent très rarement. Pourtant, cette saison, un sujet fait l'unanimité dans l'élite : la règle des cinq changements. Les clubs de D1 ne comprennent pas pourquoi elle n'a pas été introduite en début de saison comme c'est le cas en Ligue 1 et dans les Championnats majeurs féminins en Europe (Angleterre, Allemagne, Espagne,...) et les entraîneurs ne se gênent pas pour le souligner à chaque fois qu'ils en ont l'occasion. lire aussi Le classement de D1 féminine « Il y a une incohérence, peste Jean-Luc Vasseur, l'entraîneur de l'Olympique Lyonnais. Chez les garçons, c'est uniformisé, on aurait aimé que ce soit aussi le cas chez les filles. » Et pour cause : en Ligue des champions et en Coupe de France, l'OL a pu effectuer cinq remplacements par match, mais pas en D1. Le PSG, leader du Championnat de France et adversaire de Lyon en quarts de finale de la Ligue des champions (0-1 à l'aller, match retour reporté), se trouve dans la même situation. Olivier Échouafni, entraîneur du PSG. « La première idée, à la suite de cette crise sanitaire, était de protéger les joueuses et leur intégrité physique » « C'est une demande qui a été faite en début de saison, puis en cours de saison, puis à la fin de l'année (2020), puis en début d'année (2021), assure Olivier Échouafni, l'entraîneur parisien. L'UEFA a bien compris, qu'au vu du contexte sanitaire, on se devait d'avoir plus de profondeur de banc, car physiquement et psychologiquement, pour les filles, c'est difficile. La première idée à la suite de cette crise sanitaire était de protéger les joueuses et leur intégrité physique. » Mi-novembre, l'Unecatef (le syndicat des entraîneurs) remonte auprès de la Fédération française de football, organisatrice du Championnat, la demande des coaches de D1 de mettre en place les cinq changements. Un refus leur est opposé à la suite du Comex du 8 octobre. Pour quel motif ? La FFF redoute des contentieux de la part de clubs qui contesteraient le passage de 3 à 5 changements en cours de saison... alors que tous les clubs étaient d'accord pour adopter cette règle. « C'était l'occasion de faire passer l'humain avant l'administratif », regrette pour sa part l'Unecatef qui appelle aussi la Fédération à revoir sa position à la trêve hivernale. Ce ne sera pas le cas, au grand dam des coaches et des joueuses. « Quand vous avez passé un confinement de trois ou quatre mois sans vous entraîner, et que vous reprenez par une demi-finale puis finale de Coupe de France et ensuite Final 8, les cinq changements sont essentiels », argumente Échouafni. David Fanzel, entraîneur du FC Fleury « Les cinq changements permettent de garder le niveau physique et technique de l'équipe (tout au long du match) »
Pour son homologue Lyonnais, qui possède un effectif pléthorique (29 joueuses dans le groupe pro en comptant les blessées) et talentueux, la règle des cinq changements ne possède que des avantages. « On sollicite moins les filles qui jouent déjà beaucoup et on offre du temps de jeu à celles qui jouent peu, explique Jean-Luc Vasseur. Cela permet aussi de faire jouer des jeunes et par la force des choses de leur donner une chance s'imposer. » David Fanzel, l'entraîneur du FC Fleury (7e de D1), également favorable à une augmentation du nombre de remplacement en cours de match, assure qu'il n'a « jamais vu autant de blessées » et il complète le propos de Vasseur. « Les cinq changements permettent de garder le niveau physique et technique de l'équipe (tout au long du match) mais aussi de faire du coaching si une joueuse se blesse prématurément. On peut également faire entrer une joueuse U19 cinq minutes en fin de match et de l'encourager à travailler. Aujourd'hui, on prend des filles, elles restent sur le banc, et elles ne jouent jamais, ce n'est pas top. » Jean-Luc Vasseur, entraîneur de l'OL. « Donnons aux entraîneurs la possibilité d'utiliser un maximum de joueuses » Comme le souligne Jean-Luc Vasseur, les équipes peuvent inscrire jusqu'à 18 noms sur la feuille de match... mais pour faire jouer 14 filles en Championnat. Les coaches de D1 ne désespèrent pourtant pas de voir la règle évoluer la saison prochaine. « Cette avancée est liée à la pandémie mais peut-être qu'elle restera, souhaite Jean-Luc Vasseur. Donnons aux entraîneurs la possibilité d'utiliser un maximum de joueuses. » Reste à savoir si la FFF, qui n'a pas donné suite à nos sollicitations sur le sujet, les écoutera davantage la saison prochaine.