Foot - D1 (F) - D1 féminine : renvoi de l'entraîneur, boycott des joueuses, grogne des bénévoles... la semaine agitée du GPSO Issy

L'Equipe.fr
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Le renvoi de Yacine Guesmia, l'entraîneur qui a fait passer le GPSO Issy de la DH à l'élite en cinq ans, a suscité des tensions chez l'avant-dernier de la D1. C'est dans ce contexte délicat que le club affronte ce samedi (15 h 15) le PSG en Championnat. Récit d'une semaine mouvementée.

Le renvoi de Guesmia
Yacine Guesmia n'imaginait certainement pas terminer son aventure avec le GPSO 92 Issy aussi brutalement. Arrivé au club en 2016 alors que celui-ci s'appelait encore le FF Issy, le jeune entraîneur de 33 ans espérait profiter pleinement de sa première expérience dans l'élite alors que l'équipe est passée de la DH à la D1 en cinq ans sous ses ordres. Ses dirigeants en ont décidé autrement. Jeudi dernier, à la surprise générale, il lui a été signifié qu'il n'était plus l'entraîneur de la formation qui occupe actuellement la 11e et avant-dernière place du classement à égalité de points (10) avec le 10e, Soyaux, et avec un point de retard sur Reims, le 9e.

Après une semaine agitée, marquée notamment par le boycott de l'entraînement de lundi par les joueuses qui ne comprenaient pas la mise à l'écart de leur entraîneur et le maintien du directeur sportif, Alexandre Barbier, avec lequel le courant n'est jamais passé, Christine Aubère, la présidente du club a justifié cette décision. « Yacine a passé le relais à Camillo Vaz, le nouveau coach pour un projet sur les court, moyen et long termes, a expliqué la dirigeante. Ce n'est pas une question de compétences, mais d'expérience », a-t-elle ajouté, rappelant que Vaz (45 ans), ancien coach du PSG (2009-2012), avait notamment remporté le Challenge de France (ancien nom de la Coupe de France) avec le club parisien (en 2010) qu'il avait aussi qualifié pour la Ligue des champions.

Pourquoi ne pas attendre la fin de la saison pour mettre un terme à l'ère Guesmia alors que, selon nos informations, celui-ci envisageait de quitter le club à l'issue de cet exercice ? « On a mis un coach professionnel qui va renforcer l'existant et jouer à 200 % ce maintien, a argumenté Christine Aubère. Parfois, des changements peuvent arriver durant la saison. Quand on est dirigeant, on ne doit pas hésiter à prendre des décisions. »

Les joueuses n'ont plus confiance en Alexandre Barbier
Le renvoi de Guesmia a mis en lumière les scissions qui existent au sein du club. Arrivé en début de saison comme directeur sportif, Alexandre Barbier ne fait pas l'unanimité. Dans une lettre lue lundi par les joueuses - que L'Équipe s'est procurée - le départ de l'ancien défenseur de Reims (2003-2012) est demandé à plusieurs reprises. « Nous n'avons plus confiance en lui depuis quelque temps déjà et ses multiples tentatives de nous diviser, ont-elles notamment écrit. [...] Nous faisons aujourd'hui part de notre ferme refus de continuer l'aventure avec Alexandre Barbier. »

Les « Chouettes » (surnom des joueuses du GPSO) avaient notamment envisagé de ne pas disputer le match de ce samedi contre le PSG et avaient fait savoir à leur présidente qu'elles ne reprendraient pas l'entraînement tant que Barbier resterait au contact de la D1. Visiblement, elles ont été entendues. « J'ai fait une note d'organisation interne qui précise un peu les rôles de chacun », a expliqué Aubère.

Vaz va donc prendre l'entière responsabilité de l'équipe tandis que Barbier continuera « de s'occuper de sa tâche qui est celle de la professionnalisation, a détaillé la dirigeante qui n'a pas vraiment explicité le rôle de l'ancien défenseur. Il faut une académie, un centre de formation, que nos jeunes soient l'avenir du club. Nous devons construire tout ce projet sportif de manière cohérente pour répondre aux exigences du plus haut niveau. » Mais avec un minimum de contacts entre le directeur sportif et l'équipe première...

Les bénévoles également en colère
La veille de l'envoi de la lettre des joueuses, les bénévoles du club ont également fait parvenir une missive à la présidente. « Nous ne te cachons pas que la brutalité et la manière dont cette décision a été annoncée à Yacine nous interpellent, l'intéressé méritant plus de considération et de respect à notre avis », écrivent-ils à Aubère. Comme les joueuses, les bénévoles soulignent que malgré le revers contre Soyaux (0-1) début février, la formation francilienne se trouvait dans une bonne dynamique (deux victoires, un nul part ailleurs).

Ils s'interrogent aussi sur la pertinence du choix de se séparer de Guesmia. « Le nouveau directeur sportif, en place depuis cinq mois, juge son travail insuffisant, mais il nous semble que vous mettez en péril le travail de cinq années, exclusivement sur l'avis d'une seule personne, aussi compétente soit-elle. »

Les bénévoles demandent à Aubère de reprendre la main, considérant que le vice-président Zenyk Horbowy pilote trop de décisions importantes de la vie du club. À la fin de leur lettre, ils réclament la tenue « de nouvelles élections du comité directeur ». « On a une réunion à mettre en place pour les écouter, les entendre et avancer ensemble, sur les désagréments qu'il y aurait pu avoir, nous a répondu la présidente à propos de la grogne des bénévoles. Cela montre qu'ils sont impliqués. Ils ont des observations qui méritent qu'on les reçoive pour apporter une réponse constructive. »

La reprise avec Camillo Vaz
C'est dans ce contexte plus que délicat que Vaz, sollicité par Barbier - qui aurait au moins contacté deux autres coaches pour remplacer Guesmia - a donc été présenté lundi aux joueuses. « Ça s'est super bien passé, nous avons eu une discussion très agréable avec lui », nous a confié l'une d'elles.

« Dans l'inconfort, j'ai quand même la place la plus confortable, je ne me plains pas du tout », a ajouté celui travaillait avec les U20 garçons élite de La Garenne-Colombes avant l'arrêt des compétitions pour les amateurs. Vaz, qui reconnaît que la transition est « perturbante », a pu diriger trois séances d'entraînement (mardi, jeudi, vendredi) avant le match contre son ancien club (victoire 14-0 du PSG à l'aller). « Pour le groupe, le défi (du maintien) ne se joue pas contre Paris, même si c'est un match important, estime-t-il. Il faudra faire un maximum bonne figure. » Et faire oublier la tempête qui agité le club en coulisses depuis dix jours.

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