Foot - D1(F) - D1 féminine : comment Issy s'est remis de la correction (0-14) infligée par le PSG

L'Equipe.fr
·5 min de lecture

Sévèrement battu par le PSG (0-14) il y a une semaine, le GPSO 92 Issy reçoit ce samedi (14h30) Guingamp, concurrent direct dans la lutte pour le maintien. Les Altoséquanaises ont profité de cette semaine pour se tenter de se remettre sur de bons rails.

Le week-end dernier, un peu plus de vingt-quatre heures avant le séisme provoqué par l'interview d'Amandine Henry, le football féminin français a été secoué par une performance retentissante. Opposé au PSG pour la 8e journée de D1, le GPSO 92 Issy, promu cette saison, a été éparpillé façon puzzle sur la pelouse du stade Pierre-Pibarot de Clairefontaine : 14-0. Un record pour le Paris Saint-Germain qui avait déjà passé onze buts l'an dernier à l'OM au stade Jean-Bouin.

Un peu moins d'une semaine après cette gifle, Yacine Guesmia, l'entraîneur d'Issy, ne semble pas traumatisé. Sa voix, à l'autre bout du fil, est posée et ses mots sont pesés. Le coach, qui s'interroge encore sur l'ampleur de ce revers, cite Gérard Houllier, l'ancien sélectionneur des Bleus (1992-1993) et ex-coach de Liverpool (1998-2004).

« Il avait dit : ''Il faut faire jouer son équipe comme elle peut et pas comme elle veut.'' Est-ce que j'ai fait jouer l'équipe comme elle pouvait ? On aurait pu mettre en place un système de jeu plus défensif, gagner un peu plus de temps... » Après neuf minutes, sa gardienne, Solène Froger était déjà allée chercher le ballon au fond de ses filets à trois reprises. À la mi-temps, Paris avait marqué sept buts et la Danoise Nadia Nadim a finalement inscrit un septuplé.

Au coup de sifflet final, les filles d'Issy ont quitté le terrain déçues, tristes, mais pas en colère, selon leur attaquante Julie Rabanne (ex-Juvisy et Fleury). « J'ai discuté avec Bernard Mendy (l'entraîneur adjoint du PSG), il m'a fait remarquer que j'étais super calme, je lui ai répondu que je n'arrivais pas à être énervée, confie la trentenaire. Il y avait deux classes d'écart sur le terrain. On monte en D1, on n'a pas du tout les mêmes moyens, on a des filles qui travaillent toute la semaine, les préparations ne sont pas du tout les mêmes. » Selon leur entraîneur, les joueuses étaient en fait, dès le coup de sifflet final, tournées vers la rencontre de ce samedi face à Guingamp.

Le lendemain de la déroute, c'est jour de repos. Les filles d'Issy tentent de digérer chacune de leur côté. Certaines, comme la gardienne Solène Froger, doivent faire face aux moqueries venues des réseaux sociaux. De son côté, Yacine Guesmia tente d'échanger avec ses joueuses et surtout de dédramatiser la situation, en leur envoyant des messages.

Le groupe se retrouve donc lundi soir en ayant déjà commencé à tourner la page. « La présidente, Christine Aubère, très impliqué auprès du groupe, est passé apporter son soutien aux joueuses, indique l'entraîneur. Elles étaient assez conscientes de ce qu'il s'est passé. Et surtout focus sur ce qui allait arriver. »

Julie Rabanne prend aussi la parole devant le groupe. « J'ai dit que si on voulait passer un cap, il fallait rester solidaires, jouer les unes pour les autres, relate-t-elle. On connaît les qualités de l'équipe. Il ne faut pas qu'on panique quand on n'arrive pas à faire des choses. » Les joueuses s'accordent même pour se dire qu'elles doivent « garder les choses positives qu'elles ont faites contre Paris » pour les aider dans la lutte au maintien alors qu'elles sont à égalité de points (6) avec Soyaux, le premier relégable.

lire aussi
Le calendrier de la 9e journée

Guesmia a été est particulièrement attentif à sa gardienne avec laquelle il a eu une longue conversation. « Elle m'a dit qu'il y a deux ou trois ans, elle aurait peut-être abandonné ou même simuler une blessure », révèle le technicien. Mais la portière de 22 ans a « déconnecté » et n'a « rien voulu lâcher ». Habituellement revêche après les défaites, elle ne s'est même pas mise en colère quand sa mère l'a appelée après la rencontre pour la réconforter. « Elle a progressé, pris en maturité », se réjouit Guesmia convaincu que si son équipe avait évolué sur la pelouse de son stade Le Gallo de Boulogne-Billancourt, le score aurait été moins sévère. « Clairefontaine, c'était le cadre idéal pour le PSG », regrette-t-il.

C'est à Boulogne-Billancourt que l'équipe des Hauts-de-Seine recevra Guingamp, neuvième, avec un point de plus, ce samedi après-midi (14h30). « C'est une équipe à respecter et à prendre très au sérieux, prévient le technicien d'Issy. Si elles sont en bas de tableau, c'est parce qu'elles ont joué les gros en début de saison. Il faut s'en méfier. »

lire aussi
Le classement de la D1 féminine

Le coach voudra surtout voir si son équipe a appris de la défaite face au PSG. « Beaucoup de filles de mon groupe découvrent la D1, souligne-t-il. Le résultat, forcément, est parfois dur à digérer, mais le plus important est d'en ressortir grandi. Il faut retenir les leçons de ce qu'il vient de se passer mais aussi le prendre avec philosophie et se dire qu'il y a un apprentissage derrière chaque échec. » Julie Rabanne espère pour sa part que « chacune s'est remise en question ». « Vu la semaine qu'on a passée, je pense qu'elles ont compris que cette défaite nous servira », conclut l'attaquante qui sera fixée sur la capacité de rebond de son équipe après le match contre Guingamp.